
Plusieurs centaines de personnes étaient rassemblées dimanche en début d'après-midi place de la République à Paris à l'appel du Collectif "Uni-e-s contre l'immigration jetable" pour protester contre le projet de loi présenté mercredi dernier par Nicolas Sarkozy. Le rassemblement, qui doit accueillir plusieurs artistes comme les Têtes Raides ou Louise Attaque, s'insurge contre un projet qui "viole les droits fondamentaux, notamment en matière de vie privée et familiale", pouvait-on lire sur un tract des organisateurs.
Le collectif à l'origine de cette manifestation réunit 350 organisations, associations, et partis de gauche comme le PCF, les Verts et la LCR. De nombreux jeunes mêlés à des sans-papiers se pressaient dans une ambiance bon enfant pour écouter les artistes venus manifester leur solidarité.
Prenant la parole entre deux groupes musicaux, Catherine Theulé, vice-président de la Ligue des Droits de l'Homme, a dénoncé "la perspective utilitariste" du projet de Nicolas Sarkozy. "Ne sera acceptable que l'étranger perçu comme rentable pour l'économie", a-t-elle dit. Nathalie Ferré, du Gisti (Groupe d'intervention et de soutien aux travailleurs immigrés), a critiqué le "détricotage des libertés que nous refusons".
Le collectif dénonce plusieurs points du projet, notamment la suppression automatique du droit à la délivrance d'un titre de séjour pour les étrangers présents depuis au moins dix ans, et "le durcissement des conditions du regroupement familial". Il appelle à une manifestation nationale le 29 avril contre le projet du ministre de l'Intérieur.
Le projet qu'a présenté mercredi Nicolas Sarkozy entend privilégier une immigration "choisie" et se fonde sur l'idée que "l'immigration demeure aujourd'hui sans rapport avec les capacités d'accueil de la France et ses besoins économiques". Faisant valoir que l'immigration pour motif familial demeure dominante, le ministre de l'Intérieur veut encourager l'immigration "à des fins professionnelles" qui représente "à peine" 7% des flux, souligne l'exposé des motifs du projet de loi.
Des forces de police étaient positionnées autour de la place de la République, fermée à la circulation.
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