Carte de la GuyaneLa mort de quatorze personnes dans une commune de l'Ouest de la Guyane pourrait avoir été provoquée par une intoxication au monoxyde de carbone, selon plusieurs indices relevés par les enquêteurs, a-t-on appris samedi auprès de la gendarmerie. Selon l'officier de communication de la gendarmerie de Guyane, le commandant Michel Pons, les gendarmes sur place ont été pris de nausées et de vomissements en progressant dans certaines pièces.
Près de 250 personnes intoxiquées au monoxyde de carbone
Dans le Bas-Rhin, 165 personnes ont été intoxiquées au monoxyde de carbone lors d'un bal. Et dans le Pas-de-Calais, ce sont 80 paroissiens d'une église qui ont été victimes de la même intoxication.
Publié le 08/11/2009
En outre, deux jeunes enfants présentaient des saignements de nez, un symptôme caractéristique en cas d'inhalation de ce gaz toxique et inodore. Un groupe électrogène était installé à l'intérieur de la case où les corps ont été découverts et pourrait être à l'origine de l'intoxication. Toutefois, selon le commandant Pons, la gendarmerie de Guyane n'a pas écarté d'autres hypothèses, comme une possible intoxication alimentaire. Les enquêteurs ont été en effet troublés par la présence d'une lampe-tempête qui serait restée allumée toute la nuit dans l'habitation, alors qu'elle aurait dû s'éteindre sous l'effet du gaz.
Quatorze personnes, dont douze enfants, avaient été retrouvées mortes vendredi dans la commune de Papaïchton, dans l'ouest de la Guyane. Les corps ont été découverts par un voisin vers 7h30 (13h30 en métropole), dans une case de plusieurs pièces au lieu-dit de Loka, sur le fleuve Maroni, a indiqué la gendarmerie nationale. Ce voisin a immédiatement alerté le centre de santé de Papaïchton qui a dépêché sur place un médecin. Mais celui-ci n'a pu que constater les décès.
Le témoignage d'un voisin
L'une des familles comprenait le père, André Naïsso, 34 ans, qui tenait une petite épicerie, et ses dix enfants. L'autre famille comprenait la mère, Suelen Anabi, et ses deux enfants. Suelen Anabi était la belle-soeur d'André Naïsso. Deux des douze enfants étaient âgés de 14 et 16 ans. La gendarmerie n'a pas pu fournir l'âge des autres. Selon un voisin, "il semblerait que les deux familles se soient réunies la veille pour un repas commun" en l'absence de la mère des dix enfants, hospitalisée depuis quelque temps à Cayenne, a rapporté l'officier de communication de la gendarmerie de Guyane, le commandant Michel Pons.
Le vice-procureur du TGI de Cayenne, Jean-Francis Créon, ainsi qu'une quinzaine de gendarmes, dont trois spécialistes en constatations criminelles, étaient en route vendredi pour Loka. Un habitant de Maripa-Soula, ville située à une heure et demie de pirogue de Loka, qui s'est rendu sur les lieux du drame avant la gendarmerie, a rapporté avoir vu un groupe électrogène dans l'habitation. "Il semble qu'il ait tourné toute la nuit et il n'y avait plus d'essence à l'intérieur", a-t-il expliqué. Il a également affirmé avoir vu le corps du père allongé au pied de son lit. Selon lui, deux enfants gisaient également au pied de la porte, ayant apparemment tenté de sortir de la case. Les voisins ont rapporté à ce témoin avoir vu pour la dernière fois André Naïsso rentrant chez lui jeudi vers 23 heures et que "tout allait bien".
Informé du drame, le président Jacques Chirac a demandé "à être informé régulièrement des avancées de l'enquête", a indiqué l'Elysée. Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy et le ministre à l'Outre-mer François Baroin étaient attendus à Cayenne, pour assister aux obsèques d'un gardien de la paix tué par balle lundi, lors d'une intervention dans un squat.
Illustration d'ouverture : carte de la Guyane
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Près de 250 personnes intoxiquées au monoxyde de carbone
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