
Les blocages durent, et à l'approche des examens, les inquiétudes croissent dans le monde étudiant. Le premier vice-président de la Conférence des présidents d'université (CPU) Yannick Vallée estime ainsi dans Les Echos que "les étudiants ont gagné" dans leur mobilisation contre le CPE et les exhorte à reprendre les cours. "Les blocages ne se justifient plus : le CPE n'existe plus, même si ces mots n'ont pas été officiellement prononcés", a déclaré Yannick Vallée au quotidien. "A présent, ils doivent se montrer responsables et retourner en cours, ne serait-ce que pour montrer l'importance qu'ils accordent à leurs diplômes".
Message entendu à l'université Lyon II, où le déblocage a été approuvé en assemblée générale. "Nous devons sauver l'année universitaire, nous devons garantir la crédibilité du semestre et des diplômes qui seront délivrés cette année à l'Université Lumière Lyon 2", a écrit la direction dans un communiqué. Les enseignements reprendront jeudi matin sur le campus des Berges du Rhône alors que sur le site de Bron, les dégradations occasionnées lors de l'occupation par les anti-CPE rendent nécessaire des travaux.
A Gagny, c'est un lycée qui a été débloqué mercredi par la force, une première en Seine-Saint-Denis. Jusqu'alors, les interventions de police, nombreuses ces trois dernières semaines, n'avaient pas directement visé à rouvrir l'entrée d'un établissement bloqué par des lycéens. Reste que, selon les chiffres du ministère de l'Education nationale, 43 universités sur 84 ont été perturbées mercredi, 10 autres fermées ou bloquées, et 296 lycées affectés. Les dix universités fermées ou bloquées mercredi étaient : Aix-Marseille I, Bordeaux III, Grenoble II et III, Lille III, Montpellier III, Perpignan, Rennes II, Toulouse II et Strasbourg II. 95 lycées ont également été bloqués (contre 155 mardi lors de la journée de mobilisation) soit 2,1%, et 201 autres ont été perturbés.
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D'autre part, plusieurs actions ont été menées mercredi à l'extérieur des universités, telles que des blocages de routes ou d'accès à des bâtiments. Ainsi, à Poitiers, des jeunes ont bloqué les principales routes d'accès à la ville, installant huit barrages et empêchant de pénétrer en centre-ville. Des routes ont également été bloquées comme celle de Rennes à Lorient. A Vienne en Isère, des étudiants de Saint-Etienne ont occupé le péage et laissé passé gratuitement les automobilistes. A Chambéry, une quarantaine de lycéens, étudiants, cheminots ont occupé la gare et bloqué les voies. A Lille une centaine d'opposants au CPE ont également bloqué brièvement la gare de Lille-Flandres. A Nantes, le Marché d'intérêt national (Min) a été bloqué trois heures de rang. Il en a été de même de la technopole de Lannion, dans les Côtes d'Armor où les accès routiers à la technopole Pégase ont été brièvement bloqués.
A Toulouse, étudiants, enseignants, intermittents... ont bloqué les accès à deux centres de tri de la poste pendant quatre heures. A Paris, en revanche, une quarantaine de militants pro-CPE du collectif "Halte au blocage" ont bloqué l'accès au siège du Parti socialiste, rue de Solferino, pour "démontrer que l'occupation par la force est un délit". Ils sont restés une demi-heure et ont été évacués sans incident par la police.
| Les Australiens privés de France ? |
L'Australie a conseillé à ses ressortissants d'éviter les voyages en France dans des régions touchées par les heurts survenus en marge des manifestations contre le CPE. "Certaines de ces manifestations sont devenues violentes, avec des heurts entre la police et les manifestants", estime la mise en garde du gouvernement australien, évoquant des "actes de vandalisme, de pillage et des voitures incendiées". Conseillant aux Australiens de rester "attentifs quant à leur propre sécurité", la recommandation souligne un "taux élevé de petite délinquance, en particulier des vols à l'arraché et par des pickpockets, à travers l'ensemble de la France, notamment dans les rues des grandes villes comme Paris, Marseille et Nice". Il s'agit du deuxième avertissement de ce genre émis en quelques mois par l'Australie. Une recommandation semblable avait été diffusée en novembre après les émeutes dans les banlieues parisiennes. L'avertissement admet cependant que, depuis cette époque, "les violences se sont dorénavant apaisées et que, début janvier 2006, le gouvernement français a levé les mesures d'urgence spéciales qui avaient été mises en place depuis novembre 2005".
Image d'ouverture: manifestation de mardi à Nantes. Image LCI.
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