Nuit de colère après l'annonce de la promulgation

Par D.S. d'après AFP, le 01 avril 2006 à 07h34 , mis à jour le 01 avril 2006 à 09h34

L'annonce télévisée de la promulgation du texte instaurant le CPE par le chef de l'Etat a entraîné une vague de manifestations sauvages, vendredi soir, dans les rues de la capitale et de nombreuses villes des province. Plusieurs milliers d'étudiants et lycéens, principalement, ont appelé Jacques Chirac à la démission. Des dégradations ont eu lieu en marge des défilés.

Manifestation d'anti-CPE à Paris (TF1/LCI)Manifestation d'anti-CPE à Paris (TF1/LCI) © TF1/LCI

L'allocution de Jacques Chirac a jeté dans la rue plusieurs milliers de manifestants, jeunes pour la plupart, vendredi jusque tard dans la nuit. A Paris, entre 4000 et 5000 personnes, selon une estimation de journalistes sur place, ont participé dans le calme à des manifestations sauvages pour protester contre la promulgation de la loi sur le CPE. Plusieurs centaines d'entre elles s'étaient rassemblées place de la Bastille dès 19 vendredi.

Quand M. Chirac a annoncé qu'il avait "décidé de promulguer" la loi sur l'égalité des chances, la foule s'est mise à siffler, certains manifestants criant "Chirac en prison, Villepin démission". Un défilé constitué en majorité par de jeunes étudiants ou lycéens, certains portant des drapeaux de la LCR ou de la CNT (anarchiste), ont alors défilé entre Bastille, Opéra, Concorde et l'Assemblée nationale avant de revenir vers la Sorbonne dans le quartier latin. Entre-temps, les manifestants avaient été repoussés par les CRS aux abords de l'Elysée.

De nombreuses villes

Malgré les appels au calme fusant du cortège, des individus, parfois masqués, ont dégradé des vitrines, des poubelles, des voitures et des scooters sur les boulevards Raspail et St Germain, puis Sébastopol et Magenta ainsi que sur la butte Montmartre. La permanence du député UMP Pierre Lellouche a été vandalisée. Cent personnes ont été interpellées.

La colère s'est également exprimée à Bordeaux où plus d'un millier d'étudiants et de lycéens principalement ont manifesté vendredi soir aux cris de "Chirac démission". Derrière une banderole "Jeune, prends ton avenir en main, deviens vieux", les manifestants, rejoints par des membres de syndicats de salariés et des familles parfois avec leurs enfants, ont "Grève générale jusqu'à satisfaction" et "Chirac, Villepin, Sarkozy, votre période d'essai est finie". Des manifestations sauvages ont également eu lieu au Mans (500 pers.), à Lyon (350 pers.), Strasbourg (300 pers.), à Nantes (400), Rennes (150 pers.), à Lille (100 pers.) et Poitiers (100-150). Quelques incidents ont été signalés.

(Image TF1/LCI : vendredi soir, le défilé franchi
la place de la Concorde en direction de l'Assemblée nationale à Paris )

Par D.S. d'après AFP le 01 avril 2006 à 07:34
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11 Commentaires

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  • Helios, le 02/04/2006 à 07h09

    Le spectacle des manifestations est vraiment pathétique, tous ces gens qui se battent contre le gouvernement et qui demain devront se battre entre eux pour obtenir ou préserver des privilèges! C'est difficile de renoncer à la retraite quand on a 20 ans! L'exception française est vraiment exceptionnelle, la France seul pays au monde où la sécurité d'emploi est une véritable religion: beaucoup d'appelés mais peu d'élus! Sécurité sécurité quand tu nous tiens, on peut bien dire adieu richesse! Pendant que les français se donnent en spectacle, le monde regarde et ricane. Les américains eux sont morts de rire, Monsieur de Villepin qui pour une fois cherche à les imiter (mais de loin!) se retrouve aussi populaire en France que Georges W. Bush! Et dire qu'il a tellement fait honneur à la France un certain hiver 2003 au conseil de sécurité de l'ONU. Ah! les français ces ingrats!

  • Schmitt, le 02/04/2006 à 02h33

    Je suis écoeuré par cette gauche et ces syndicalistes qui depuis le début ne visent que leurs intérêts et n'ont jamais fait, et en sont incapables, de faire des proposition concrètes pour l'avenir des jeunes.

  • Stéphane, le 02/04/2006 à 00h06

    Mais quand sera-t-on enfin dans un pays démocratique où les élus légitimes seront respectés ? Quand l'armée sera-t-elle enfin utilisée pour le maintien de l'ordre et la vie normale des citoyens ?

  • Alyssa, le 01/04/2006 à 23h06

    Normales les réactions des jeunes ! Ils se rendent compte que la société, n'a pas besoin d'eux ! Qu'ils sont un fardeau pour tous ! Les plus entreprenants, courageux émigrent, les autres râlent espérant, défilent avec un Julliard (futur planqué dans la FP) Bref, ils espèrent un "assistanat à vie" faute de mieux ! (76% rêvent d'entrer dans la fonction publique - pas très audacieux ni courageux les jeunots de nos jours !) Déjà ma génération a eu bcp de mal il y a 25 ans à trouver sa place dans le monde du travail... mais nous nous sommes accrochés, cela a payé par moment et puis nous avons intégré que dans la vie tout n'est pas dû, rien ne dure ! Depuis 25 ans, la société, l'Etat incitent les femmes à procréer... ce qu'elles ont trop faits... et continue à faire croyant bien faire... quel leurre ! Ce monde surpeuplé n'a pas besoin de tous ces jeunes... d'où le malaise des nôtres aujourd'hui ! Il n'y a pas de place pour tous et les diplômes ou le CPE ne changeront pas cet état de fait. Fillon a réformé les retraites, les quadras travailleront plus longtemps.. donc des postes qui se libéreront encore plus tardivement que prévus... Personnellement, quand je vois tout ce que je donne aux impôts pour ma soi-disante retraite (j'ai la malchance de ne pas être mariée et d'avoir choisi de ne pas procréer !) ... , on devra tous bosser jusqu'à 80 ans pour maintenir un niveau de vie et surtout continuer à perfuser cette société d'assistés !

  • Joel-yves, le 01/04/2006 à 22h10

    Et oui Chirac n'a rien compris si ce n'est ,ce qu'àvait déjà dit Villepin.On recommence sauf que là les patrons seront contre le CPE aussi car leur avantages prévu par celui-ci ,dont un concernant le motif de licenciement justifié prouve bien qu'ils comptaient l'utilisé .Les dirigeants faisaient croirent que le CPE aboutirait obligatoirement sur un CDI (Alors qu'ils affirmaient le CPE est un CDI).

  • Moreau, le 01/04/2006 à 21h29

    Les Francais n'ont-ils donc pas envie de travailler ds un climat liberal ou chacun peut partir quand il le desire? cette recherche de securite ds le travail est totalement anachronique et imbecile de la part de jeunes qui n'ont jamais travaille une heure de leur vie. C'est ridicule...

  • Marie, le 01/04/2006 à 19h17

    A vous tous les contestataires, retournez maintenant au travail au lieu d'obstruer l'économie de ce pays. Et surtout cessez d'empêcher vos concitoyens d'aller au travail, c'est honteux et lamentable vos comportements. Vous les étudiants et lycéens, finissez déjà vos études avant de parler de la manière dont vous serez embauchés... Avant d'y être, vous n'avez aucune idée du fonctionnement d'une société/entreprise. Vous les fonctionnaires, retournez à vos postes et travaillez, vous ne savez pas ce qu'est le sens d'un travail précaire, faites tourner la machine et au travail puisque vous avez la stabilité de l'emploi (28h de travail: 35h maxi ... !!! )et montrez l'exemple ... Retournez au travail !!! Marie-Levallois

  • Bassompierre, le 01/04/2006 à 18h40

    Quant a la lecture de cet article je constate que des manifestants ont defile en famille avecDES ENFANTS je dis aux fous qui accusera-t-on s'il y a des debordements et que des enfants soient blesses les parents feraient bien de reflechir ,la betise etl'inconscience n'ont plus de limites.Merci a tf1 de me publier

  • Tartenpion, le 01/04/2006 à 18h24

    J'ai regardé un reportage d'Envoyé spécial sur ces étudiants qui manifestent. Quand je les ai vu en train de faire les manifs, ils étaient plus là pour foutre la merde que pour défendre quoique ce soit. C'était vraiment du n'importe quoi. En 1968, les étudiants avaient une idéologie, une envie de changer le monde... Même s'ils avaient plus ou moins tort, ils avaiant quand même une volonté de changer les choses. En 2006, c'est : on manifeste pour ne rien changer. C'est triste, mais ces grévistes n'ont aucune perspective, ni vision, et encore moins de propositions. En regardant les manifs, j'avais l'impression d'assister à un nouveau jeu télévisé, où le gagnant sera celui qui mobilisera le plus de personnes et rassemblera le plus de signatures sur une pétition qui ne servira strictement à rien. Je constate avec une certaine amertume une régression intellectuelle qui ne cesse de s'amplifier. A force de rejeter toute réforme et de s'ouvrir à de nouvelles idées, on se referme sur un système social dépassé et nos mentalités n'évoluent guère. Même culturellement, la France est considéré comme rétrograde. Paris n'est plus la capitale de l'art. Il ne nous reste plus qu'un passé glorieux où Paris était le phare de la littérature et de l'art au début du XXe siècle. Mais, quand un pays en arrive à ne parler que de son passé, j'appelle ça de la décadence. Oui, la France est en déclin... Beaucoup de cerveaux quittent déjà la France. Il ne restera bientôt plus que les râleurs et les paresseux. Je ne dis pas qu'il faut renoncer à tous les avantages sociaux. Mais, il faut trouver un juste milieu entre défense des acquis sociaux et libéralisme. Sinon, l'État français court à la faillite. Il faut abandonner le mythe de l'État-providence. On a vu ce que ça donne aujourd'hui et ce que ça a donné en URSS. Alors, cessons cette lutte de classe ridicule et grotesque de nos jours. Finissons-en avec le même clivage droite-gauche et bossons pour trouver de nouvelles idées..

  • Julien, le 01/04/2006 à 18h03

    Non aux casseurs de l'extrême gauche qui ne se sentent pas concernés par le CPE mais veulent semer le trouble et empêcher les gens sérieux de travailler ou de préparer leur avenir,un contrat de travaail même précaire c'est mieux que l'ANPE

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