Le FN en ordre de marche pour 2007

le 01 mai 2006 à 07h00 , mis à jour le 01 mai 2006 à 22h36

Plusieurs milliers de personnes ont défilé ce lundi à Paris pour le traditionnel rassemblement du 1er mai du Front national, aux cris de "Le Pen président". Jean-Marie Le Pen a renouvelé lundi son appel à "une union patriotique" pour les élections présidentielle et législatives.

TF1/LCI : Jean-Marie Le Pen au défilé du Front National du 1er mai, aux côtés de Bruno GollnischJean-Marie Le Pen au défilé du Front National du 1er mai, aux côtés de Bruno Gollnisch

Trois grands ballons, bleu, blanc et rouge, ouvraient le cortège. Brin de muguet à la boutonnière, Jean-Marie Le Pen, accompagné de sa femme, de sa fille Marine et de sa petite-fille Marion, avait pris place au premier rang avec les membres du bureau du FN derrière une large banderole sur laquelle était inscrit: "Le Pen à l'Elysée, du travail pour les Français". Dans le cortège où s'élevaient des "Le Pen président", nombre de participants brandissaient des pancartes représentant la France sur lesquelles était écrit : "Aimez là ou quittez là !". Nicolas Sarkozy, qui défendra à partir de mardi devant les députés son projet de loi sur l'immigration, avait repris ce slogan de Jean-Marie Le Pen la semaine dernière... Ce 1er mai, le défilé, précédant un discours de Le Pen, a rassemblé environ 3.000 personnes selon la police, 12.000 selon le Front national, soit une affluence comparable à celle de l'année dernière.

Le Pen est clairement en campagne. Et ce nouveau défilé a été l'occasion pour le leader du FN de renouveler son appel à "une union patriotique" pour les élections présidentielle et législatives. "Je renouvelle mon appel à tous les patriotes et à la création d'une union patriotique dont naturellement je prendrai la tête, puisque je suis de l'avis de tous, y compris les sondeurs (...) le mieux placé pour l'emporter", parmi les candidats "qui se réclament de la droite nationale", a déclaré Jean-Marie Le Pen, installé sur une grande estrade tricolore sur le parvis de l'Opéra, entouré de jeunes du Front national de la jeunesse. Ceux qui refusent la coalition "porteront la responsabilité de leur choix devant l'histoire", a-t-il ajouté, en visant tout particulièrement Philippe de Villiers, le président du MPF. "Une majorité législative peut se faire par l'union des patriotes (...) il faut renvoyer ceux qui ont été complice du déclin".

Jean-Marie Le Pen, un homme "de centre droit"

A un an du scrutin, les dirigeants du FN jugent que Le Pen a de nouveau le vent en poupe, malgré les offensives croisées de Philippe de Villiers et de Nicolas Sarkozy sur son électorat. Le leader du FN est selon les sondages à 14% d'intentions de vote, un score considéré comme excellent : un an avant l'élection présidentielle de 2002, et son score historique de 16,8%, il était encore à 10% d'intentions de vote. Mais il n'empêche. Jean-Marie Le Pen dont certains proches répètent qu'il est au fond un homme "de centre droit", se paye même le luxe de glisser dans ses conférences de presse qu'il est en fait un "modéré", comparé à certains nouveaux extrêmes. Après la parution du brûlot anti-islamiste de Philippe de Villiers la semaine dernière, sa fille Marine a expliqué par exemple que le FN, même s'il est persuadé "des dangers de l'immigration", refuse d'utiliser dans le débat "une notion religieuse qui n'est pas la nôtre, ni celle de nos militants".

Pourtant, si les électeurs semblent rester fidèles à Jean-Marie Le Pen, les flon-flon du 1er mai ne pourront sans doute pas faire oublier les tensions qui traversent l'appareil du Front. Il y a quelques jours, Jean-Marie Le Pen a suspendu du bureau politique Christian Baeckeroot, un farouche opposant de sa fille Marine, sanctionné pour avoir diffusé à l'ensemble des membres du comité central une note récapitulant toutes ses critiques sur la stratégie suivie par le FN de 2002. Une partie de l'appareil du Front s'oppose à la personnalité de Marine Le Pen et à sa stratégie de "dédiabolisation", en estimant qu'elle risque de conduire le parti à abandonner ses "fondamentaux" comme l'opposition à la loi Veil sur l'avortement.

Les conflits entre partisans et opposants de Marine Le Pen ont également ressurgi dans un bras de fer autour de la nomination du secrétaire départemental du Pas-de-Calais, au coeur du fief de Carl Lang, figure de l'appareil du FN. Les partisans de Marine et Jean-Marie Le Pen ont été mis en minorité au bureau politique du FN sur la nomination de leur poulain, Steeve Briois, à laquelle s'opposait Carl Lang. Au final, Steeve Briois a finalement été nommé "chargé de mission", assumant les tâches de secrétaire départemental, mais sans avoir le droit au titre officiel.

Marine Le Pen critique vis-à-vis du projet Sarkozy

La vice-présidente du Front national, Marine Le Pen, a dénoncé lundi le projet de loi Sarkozy sur l'immigration "choisie" dans le Grand jury RTL-LCI-Le Figaro. "Il n'est pas admissible de faire croire aux Français que ces dispositions vont changer la situation" de l'immigration en France, a-t-elle déclaré. "On trompe les Français : l'immigration ne sera pas limitée, et l'immigration choisie va être une immigration supplémentaire" par rapport à celle qui existe déjà actuellement, a-t-elle ajouté, en réclamant "un moratoire pour arrêter toute immigration". Marine Le Pen a aussi fustigé la prise de position des églises chrétiennes dénonçant la sévérité du texte envers les immigrés.

Photo d'ouverture : Jean-Marie Le Pen au défilé du Front National du 1er mai, aux côtés de Bruno Gollnisch - DR

le 01 mai 2006 à 07:00
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4 Commentaires

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  • Nouredine, le 01/05/2006 à 10h00

    Revoila encore les Frontistes avec leurs slogans habituels, xénophobes, racistes, et puants, ambiance franchouillarde sous fond de haine et d'arrogance.... quelle honte, pauvre pays....

  • Ed, le 01/05/2006 à 09h53

    Le pire c'est quand même leurs idées économiques pour la France... Le FN au pouvoir, la France à la ruine. C'est triste tous ces gens qui croient qu'en fermant nos frontières au capital et à la main d'oeuvre nos entreprises grandiront, le chomage se résorbera etc... L'immigration incontrolée est peut etre "dangereuse" pour la France, mais les idées archaïques du FN le sont encore plus.

  • Mike, le 01/05/2006 à 09h45

    Je suis à 1000% avec toi J.M.

  • Melinda, le 01/05/2006 à 09h22

    Triste France que celle de la peur de l'autre et du refus de la différence…

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