
Après six heures de délibération, les jurés de la cour d'assises de Saint-Omer sont revenus avec le sourire, vendredi après-midi, dans la salle d'audience où attendaient les accusés. Ils ont aussitôt rendu leur verdict : acquittement pour la grand-mère et condamnation des six parents à deux ans de prison pour corruption de mineurs entre 1994 et 2001 -délit normalement jugé en correctionnelle. Fernande V., une des accusées, a en outre été condamnée pour violences sur l'un de ses enfants.
La cour a donc abandonné totalement les charges de viols et d'agressions sexuelles à l'encontre de tous les accusés. Les peine de prison prononcées étant inférieures aux périodes de détention provisoire effectuées par les six condamnés, qui avaient passé près de trois ans en prison, tous ont pu repartir libre du palais de justice. Lors de son réquisitoire, devant la faiblesse du dossier, l'avocat général avait demandé à la cour de reconnaître une seule agression sexuelle sur un seul enfant par les trois frères, et la corruption de neuf des dix enfants parties civiles par tous les accusés. Il avait réclamé des peines allant du sursis à huit ans d'emprisonnement. Jeudi, la défense avait plaidé un acquittement général.
"Décision inique"
Malgré des condamnations minimales, les avocats des six accusés condamnés n'ont pas caché leur colère à la sortie du palais. "C'est une décision totalement inique qui n'a aucun sens au regard de ce qui s'est déroulé en trois semaines d'audience. C'est un mode de vie qu'on condamne", s'est exclamé Me Hervé Corbanesi, avocat de Fabienne V., l'une des accusés. La cour d'assises s'est "repliée sur une qualification fourre-tout sur laquelle rien n'était fondé", a-t-il ajouté, précisant que les condamnations pour avoir sciemment exposé leurs enfants à des images sexuelles ou pornographiques n'étaient "pas circonstanciées dans le temps et dans l'espace".
"C'est tarif de groupe, une décision de raccroc pour soulager l'institution judiciaire", s'est emporté Me Frank Berton, avocat de Madeleine V. L'avocat des enfants parties civiles, Me Marc Pantaloni a lui estimé que le verdict était "assez peu justifiable, assez peu compréhensible. C'est un ovni judiciaire".
"C'est une opération de sauvetage : il fallait sauver la maison justice à n'importe quelle condition", a pour sa part dénoncé Me Jérôme Crépin, avocat de Sylvain D., compagnon de Fabienne. Les avocats ont annoncé leur intention de faire appel. Les six condamnés en ont fait de même .
(D'après AFP)
Image LCI. Maître Franck Berton, avocat de la Défense.
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