Outreau 2: le jury délibère

le 13 avril 2006 à 19h53 , mis à jour le 14 avril 2006 à 10h11

Le jury de la cour d'assises de Saint-Omer s'est retiré ce matin pour délibérer dans le procès de sept adultes d'une même famille accusés de viols, agressions sexuelles et corruption de dix enfants à Outreau. Verdict dans l'après-midi.

outreau 2 cour d'assies saint omer

La cour d'assises du Pas-de-Calais s'est retirée peu avant 9H30 ce matin pour délibérer. Ils doivent répondre à 499 questions portant sur des viols, agressions sexuelles et corruption de mineurs et à six questions subsidiaires sur des violences sur un enfant par sa mère et sa grand-mère. HIer, à l'issue des débats, les accusés, trois frères, leurs concubines - trois  soeurs - et la mère de ces dernières ont pris la parole, clamant tous de façon  lapidaire leur innocence. "Je n'ai rien fait à aucun enfant, je suis innocent", a lancé aux jurés Patrick D, l'un des accusés. 

L'avocat, Jérôme Crépin, a affirmé dans sa plaidoirie : "j'ai le sentiment que c'est le procès d'une manière de vivre". "Si on les a mis en prison, c'est parce qu'ils habitent Outreau, parce qu'ils sont pauvres et que Patrick a fait deux enfants à Fabienne (sa belle-soeur, ndlr)", a fustigé l'avocat de Sylvain D, le compagnon de Fabienne.

Ils encourent 20 ans de réclusion

Habitant pour la plupart le quartier de la Tour du renard à Outreau, théâtre de l'affaire du même nom, les sept accusés, trois frères, leurs concubines - trois soeurs - et la mère de ces dernières vivotaient de leurs allocations chômage ou adulte handicapé en passant leurs journées devant la télévision. Tous sont intellectuellement limités voire à la limite de la débilité selon les expertises. Ils cumulent 35 charges de viols et 46 d'agressions sexuelles sur dix enfants de la famille.

Devant la faiblesse du  dossier, l'avocat général Jean-Marie Descamps n'a retenu dans son réquisitoire qu'une agression sexuelle sur une enfant par les trois frères et des corruptions de mineurs. Pour les avocats, aucune preuve n'étaie l'accusation. Restent quelques accusations d'enfants, floues et contradictoires pour la défense. "La corruption (de mineurs), c'est ce qui doit permettre de sauver la baraque au bout de deux semaines et demie d'audience et deux cents mois de détention (cumulés par six des sept accusés, ndlr)", a ironisé Me Crépin. Les accusés encourent 20 ans de réclusion en cas de condamnation pour viols.

(D'après AFP)

le 13 avril 2006 à 19:53
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2 Commentaires

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  • Vastre, le 14/04/2006 à 09h59

    Il faut se demander si l'affaire Outreau n'a pas ouvert une brèche : les gens mal intentionnés ne se sentiront-ils pas désormais couverts par la peur des magistrats de condamner des présumés innocents dont nul ne pourra établir la culpabilité ? De nombreux parents n'en profiteront-ils pas pour abuser de leurs enfants ? En fait, la permissivité avance ainsi depuis des siècles, au détriment des faibles. Le dernier exemple remontait à Simone Veil. Outreau aura fait faire un nouveau pas vers le progrès social.

  • Sikic, le 14/04/2006 à 09h26

    Cette fois ci, on dirait un procès sur la "misère" intellectuelle et financière...Pourquoi raconter ces détails personnels??? Qui les a raconté??? Faisons leur un procès en les respectant malgré ce qu'ils ont fait...

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