© INTERNEIl avait créé une méthode controversée de réhabilitation par le luxe des jeunes défavorisés. Robert Mégel, 58 ans, est incarcéré depuis le 9 décembre 2004, date de sa condamnation par la cour d'Assises de Seine-et-Marne, à 11 ans de réclusion pour viols et agressions sexuelles sur deux pensionnaires. Contestant sa culpabilité, il a fait appel. Son second procès s'ouvre aujourd'hui devant la cour d'Assises de Paris.
Abus d'autorité
Les faits remontent aux années 1994-1996, quand Robert Mégel, menant grand train, tentait d'instiller "le goût et le respect du beau" à des garçons de 7 à 18 ans souffrant de problèmes de comportement, une thérapie dispensée dans le bucolique et somptueux château des Tournelles, non loin de Paris, ou lors de voyages au Maroc. Se flattant du soutien de la pédopsychiatre Françoise Dolto, recevant de nombreuses personnalités aux Tournelles, cet homme flamboyant à la carrière fulgurante malgré son peu de diplômes est accusé d'avoir abusé de son autorité pour imposer des relations sexuelles à de jeunes pensionnaires.
Face à lui, se tiendra surtout Jérôme, 25 ans aujourd'hui, qui avait raconté en première instance les "masturbations" puis les viols de Robert Mégel alors qu'il avait 14-15 ans et qu'il montait les plateaux-repas du directeur dans son appartement de fonction. Outre Heddy, autre jeune garçon qui accuse Robert Mégel de faits similaires, de nombreux anciens pensionnaires s'étaient succédé à la barre pour raconter les agressions sexuelles qu'ils disaient avoir subies, des faits aujourd'hui prescrits. Des mémoires d'ordinateurs nettoyées, des dossiers disparus ou des attestations antidatées avaient aussi pesé lourd dans le verdict de culpabilité.
Défense "plus offensive" en appel
Pourtant, le défenseur de Robert Mégel avait cité 37 témoins de moralité - journalistes, magistrats, un conseiller d'Etat...- affirmant à l'unisson son innocence, un défilé qui devrait être très réduit en appel, a indiqué son nouvel avocat Jean-Marc Florand. La défense avait aussi mis en doute la sincérité de Jérôme, qui avait lancé ses accusations après avoir été exclu des Tournelles pour vol, le présentant comme un mythomane qui aurait fait collusion avec Heddy pour discréditer Robert Mégel.
En appel, celui-ci va être "plus offensif. Il va s'exprimer davantage", a assuré Me Florand, qui s'indigne de l'incarcération de son client, "alors qu'il n'a pas de casier, qu'il a comparu libre à son procès et qu'il est malade, ayant besoin de soins réguliers". La défense de Robert Mégel, qui reproche aussi aux enquêteurs d'avoir travaillé "totalement à charge", promet "de nombreux témoins importants, curieusement absents en première instance". Le procès doit durer jusqu'au 12 mai.
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