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Polémique après l'hospitalisation de Bouteflika


le 21 avril 2006 à 09h13
Temps de lecture
4min
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SociétéDes responsables politiques de droite et d'extrême-droite ont dénoncé l'hospitalisation du président algérien au Val-de-Grâce alors qu'il avait qualifié la colonisation française de "génocide". Le "silence" des autorités françaises est qualifié de "faiblesse", voire de "lâcheté".

L'hospitalisation jeudi en France du président algérien, Abdelaziz Bouteflika, au lendemain de ses propos sévères sur la colonisation française, suscite des réactions indignées à droite et à l'extrême-droite. "La colonisation a réalisé un génocide de notre identité, de notre histoire, de notre langue, de nos traditions (...) Nous ne savons plus si nous sommes des Amazighs (berbères), des Arabes, des Européens ou des Français", avait déclaré Abdelaziz Bouteflika lors d'un déplacement à Constantine.

Jean-Marie Le Pen a jugé "scandaleux que le président algérien [dont il a révélé le premier la présence en France] se permette de dire cela publiquement et le lendemain d'être chez nous pour se faire soigner". Le président du Front national a demandé à Paris "d'exiger" d'Abdelaziz Bouteflika "des "excuses officielles". Pour Guillaume Peltier, le numéro 2 du Mouvement pour la France (MPF), invité à i-Télé, c'est un également "véritable scandale" qu'un homme, "qui, dans un premier temps, nous crache dessus, vienne, dans un deuxième temps, se faire soigner en France aux frais des contribuables français". Philippe de Villiers, président du MPF, a quant à lui, stigmatisé la "lâcheté" du gouvernement français.

"Faiblesse" et "indécence"

Propos plus mesurés mais tout aussi fermes à droite. "Au moment où le besoin de réconciliation entre la France et l'Algérie est si nécessaire, l'attitude du Président Bouteflika, qui insulte la France le matin et vient s'y faire soigner l'après-midi, est indécente", a affirmé Nicolas Dupont-Aignan, député UMP et président du club Debout la République. "Quant au silence du gouvernement et du monde politique français, un seul mot vient à l'esprit : faiblesse!", a-t-il ajouté. Lionnel Luca, également député UMP, a estimé qu'"il est particulièrement indécent que celui qui est un multirécidiviste de l'insulte à l'égard de la France vienne une nouvelle fois se faire soigner chez l'ancien colonisateur responsable d'un ‘génocide identitaire'". Selon lui, "il n'est pas normal que la France accepte cette venue".

"Après nous avoir copieusement injuriés, [le président algérien] vient nous demander de l'aider. Il aurait pu éviter ses déclarations intempestives", a déclaré vendredi au Parisien Bernard Debré, député apparenté UMP et professeur de médecine, qui a "plus que des doutes" sur la santé d'Abdelaziz Bouteflika (lire l'encadré ci-dessous). Marielle de Sarnez, vice-présidente exécutive de l'UDF, a estimé pour sa part que la France aurait dû réagir aux propos du président algérien. "Je me demande si l'absence de réaction n'est pas liée à son hospitalisation", a-t-elle déclaré sur i-Télé. "Tout ça n'est pas très joli, tout ça n'est pas très démocratique, tout ça n'est pas très transparent", a-t-elle encore indiqué.

Le ministre français des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy a tenté de calmer le jeu. "Plutôt que de polémiquer, (...) il est important pour l'Algérie comme pour la France, de regarder devant, de construire ensemble, parce que par l'Histoire et par la géographie nous sommes liés à l'Algérie", a-t-il déclaré mercredi, appelant à construire "sur l'avenir, sur la vision, pas sur la rancoeur". Le traité d'amitié entre l'Algérie et la France, annoncé en mars 2003, est toujours dans l'impasse.

Doutes sur la maladie de Bouteflika

Selon Bernard Debré, interrogé vendredi par Le Parisien, "ce qu'on nous annonce [sur l'état de santé du président Bouteflika, NDLR] ne cadre pas avec ce qui se passe aujourd'hui. Si à l'origine, c'était un simple ulcère, les médecins algériens pouvaient parfaitement le traiter en dix jours. Or, il est venu à Paris et est resté hospitalisé pendant plus d'un mois. On ne doit pas nous prendre pour des naïfs".


Commenter cet article

  • DZ : La france doit pouvoir regarger son passé colonial avec objectivité, et admettre ses erreurs...

    Le 21/04/2006 à 10h35
  • Harry : Mais les francais qui s'indignent en ce moment croient-ils réellement que la france n'a rien à se reprocher? Aucun crime en Algérie, au Maroc, en Asie? aucune torture? aucune christianisation forcée (et ratée)? Aucun négation et brutalisation de la culture autochtone? Les déclarations de Boutefika sont une chance! LA chance pour la france de vomir son passé et d'aborder l'avenir ensemble avec les déscendants des victimes et marthyres de la france.

    Le 21/04/2006 à 10h35
  • Jeanlebon : La réaction courageuse de certains hommes politiques français face au comportement de Boutéflika est parfaitement justifiée. Le message du professeur Bernard Debré va peut-être éclairer les français encore trop naîfs.

    Le 21/04/2006 à 10h33
  • B.fatah : Bouteflika a la CMU?soigner au frais des contribuables??? arreter de dire n'importe koi!!! s'il serai parti ailleurs vous allez dire koi?l'algerie n'est plus comme avant,reflichissez 2 fois avant de parler?

    Le 21/04/2006 à 10h33
  • Marc : Y a qu'a augmenter la csg et crds pour pouvoir soigner ce provocateur.on tire sur la corde des francais et a force elle va casser devant toutes ces injustices et hypocrisies de nos gouvernants.au fait ils n'ont pas d'hopitaux en Algerie?????

    Le 21/04/2006 à 10h30
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