Les leaders syndicaux, le 24 mars 2006 © TF1/LCIComment vont se dérouler les premières rencontres entre les syndicats et les députés UMP ? Après plus de deux mois de dialogue de sourds entre les anti-CPE et le gouvernement, le président du groupe UMP à l'Assemblée, désormais en charge du dossier avec son homologue au Sénat, a invité par courrier les partenaires sociaux à venir le rencontrer dès mercredi dans le cadre de rencontres séparées. " Nous souhaitons vous rencontrer pour entendre vos propositions et débattre avec vous sans préjugés du contenu" de la future proposition de loi, réclamée par Jacques Chirac, écrivent Bernard Accoyer et Josselin de Rohan dans leur lettre envoyée à toutes les organisations syndicales, étudiantes et lycéennes.
Les services de Bernard Accoyer ont passé la journée de mardi à caler les rendez-vous alors que les leaders syndicaux défilaient côte-à-côte à Paris avec les salariés et surtout les étudiants. Quatre organisations syndicales, la CFDT, la CGT, la CFTC et la CFE-CGC, ont indiqué à l'AFP qu'elles seraient reçues au Sénat, respectivement à 15 heures, 16h30, 18 heures, et jeudi à 10h30.
Si les syndicats ont donné dès mardi leur accord pour ces premières prises de contact, ils n'ont pris officiellement leur décision que mercredi midi. L'intersyndicale des anti-CPE (" les 12 ") s'est en effet réunie à 9h30 au siège de FO pour fixer son attitude face à des interlocuteurs auxquels elle demande de sortir de l' "ambigüité". Tous les acteurs du mouvement avaient réaffirmé mardi leur exigence commune et non négociable de voir le contrat première embauche abrogé et non amendé - et c'est l'attitude commune sur laquelle les "12" se sont mises d'accord lors de leur réunion de mercredi matin.
Quelle porte de sortie ?
Si à ce stade, les modalités d'une nouvelle journée d'action ne sont pas arrêtées, l'intersyndicale a décidé que chacun de ses membres se rendrait aux rencontres proposées par les parlementaires de l'UMP, pour réaffirmer l'exigence commune de voir abroger le contrat première embauche, et a convenu de se réunir à nouveau le 10 avril à 16H30, au siège de la CGT.
"La CFTC est invitée à rencontrer les deux présidents de groupes UMP. Nous avons l'intention d'y aller pour dire : on retire le CPE et on n'en parle plus !", a indiqué dès mardi le président de la CFTC, Jacques Voisin. "Nous voulons obtenir des parlementaires une abrogation rapide du CPE avant toute négociation sur tout autre sujet", a de son côté prévenu Bernard Thibault (CGT). Même son de cloche chez FO : " la lettre que nous avons reçue marque peut-être un tournant. " C'est Jean-Claude Mailly qui se rendra au Sénat pour écouter mais pas pour négocier ", a-t-on précisé à la confédération. " Nous allons voir ce qu'ils proposent. S'il s'agit de remettre en selle le CPE sous une autre forme, nous ne l'accepterons pas ".
La voie pour trouver une porte de sortie à cette crise s'annonce donc très étroite. En effet, à l'UMP, les députés ont martelé mardi vouloir un dialogue "sans tabou" sur le CPE, tout en se refusant à prononcer le mot "abrogation", au risque de bloquer l'ouverture du dialogue. Mais en coulisses, " il y a deux écoles, ceux qui veulent suivre la feuille de route du président de la République et qui considèrent que le CPE peut être aménagé et ceux qui ont vision plus large, celle du président de l'UMP", et qui "estiment que le CPE dans sa forme originelle est mort et qu'il faut renouer le dialogue", a résumé mardi Jean-Paul Anciaux, un proche de Jean-Louis Borloo.
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