
La presse française n'écartait pas samedi l'hypothèse d'une démission du Premier ministre Dominique de Villepin dans l'affaire Clearstream qualifiée par plusieurs quotidiens de "crise de régime", de "règlements de comptes" ou encore de "scandale." "Villepin doit se démettre pour éviter à la France le ridicule d'une République bananière", a ainsi estimé Libération car cela permettra à "Chirac d'installer un gouvernement de soins palliatifs qui accompagnera doucement sa fin de mandat". "Douze longs mois qui laisseront à Sarkozy le temps de mesurer la valeur d'une victoire qui achève de disqualifier son camp", affirmait le quotidien.
Même son de cloche pour Sud-Ouest puisque "s'il s'avère que Dominique de Villepin a bien demandé d'enquêter sur Nicolas Sarkozy (...) il devra alors démissionner, ce qu'il aurait peut-être déjà dû faire après avoir battu en retraite sur le CPE." L'Est Républicain a enfoncé également le clou car "Jacques Chirac doit se poser la question de savoir s'il lui est encore possible de garder ce chef du gouvernement impopulaire, affaibli, plombé par ce mélange de basses manoeuvres, de malveillance et de duplicité". "Politiquement, Dominique de Villepin est devenu un fardeau pour le président de la République", écrivait le journal.
"Combien de temps ?"
La question a été aussi posée par La République des Pyrénées qui se demandait "combien de temps Dominique de Villepin va pouvoir maintenant encore s'accrocher à son poste, sans entraîner tout son camp dans sa chute ?" Justement la chute du couple Chirac/Villepin interpellait La République du Centre pour qui "Dominique de Villepin entraîne une fois de plus Jacques Chirac dans la tourmente." "Ce qui nous vaut un inédit renversement des rôles sous la Ve : jusqu'à présent, le Premier ministre servait de fusible au Président. Désormais, c'est le Président qui sert de fusible au Premier ministre", notait le quotidien.
Le Figaro pour sa part a tenté de démêler l'affaire et s'est interrogé : "qui a introduit le nom de Nicolas Sarkozy et des autres personnalités dans la fameuse liste ?". "Il est possible que le 'vrai' scandale Clearstream procède d'un mensonge par omission : ceux qui avaient les preuves de son innocence n'auraient rien dit à Nicolas Sarkozy", a estimé le quotidien. "Mais le scandale peut relever aussi du mensonge par action : des adversaires politiques, avec la complicité de certains services, auraient sciemment 'mouillé' Sarkozy pour ruiner ses chances avant 2007. Il s'agirait alors d'un complot d'Etat digne de l'affaire Markovic dont les conséquences, s'il était mis au jour, pourraient être proprement cataclysmiques", affirmait Le Figaro.
Quant à L'Humanité, le quotidien communiste a relevé que "le pays attend que l'on s'attaque en urgence au chômage, à l'insécurité sociale, au mal-vivre". "Les deux principaux protagonistes gouvernementaux ne vivent qu'au rythme de leur guerre à outrance. Cette situation nourrit autant d'aspiration au changement que de dégoût, et les charognards de la politique sont en embuscade".
Le parquet répond aux rumeurs d'audition de Villepin Le parquet de Paris a indiqué samedi qu'il n'avait pas connaissance pour l'heure d'une éventuelle demande d'audition de Dominique de Villepin de la part des juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons, en charge de l'affaire du corbeau de Clearstream. Le parquet dément en outre "avoir déclaré quoique ce soit à la presse sur la possibilité d'une audition du Premier ministre ou bien celle d'une perquisition à Matignon".
Photo d'ouverture : Dominique de Villepin - archives
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