© AFPCinq anciens policiers de Saint-Denis ont été condamnés lundi par le tribunal correctionnel de Bobigny à des peines allant de 18 mois à 4 ans de prison ferme, deux d'entre eux pour avoir volé et abusé sexuellement de prostituées en 2003, les trois autres pour avoir laissé faire.
Le tribunal a cependant atténué les responsabilités des gardiens de la paix, qui avaient tous été écroués pour "viols" en juin 2004, en relaxant totalement un sixième policier, en réduisant le nombre de prostituées identifiées comme victimes, et en prononçant des relaxes partielles, notamment pour des vols présumés dans des camps de Roumains.
Dans son jugement, le tribunal a reproché à trois policiers d'avoir participé aux contrôles illégaux à la suite desquels ont été commises les agressions reconnues sur deux prostituées, dont l'une a obtenu 3.000 euros de dommages et intérêts. Il les a condamné à 18 mois et 2 ans pour "complicité d'agressions sexuelles".
Des relations "consenties"
Contrairement à deux policiers repentis, cités comme témoins au procès et dont les récits avaient déclenché une enquête de l'IGS (la police des polices), ces trois policiers, eux aussi assidus aux rendez-vous au "king", le parking de la porte de La Chapelle, n'ont rien dit.
Les policiers y surprenaient les prostituées et leurs clients, "pour décompresser et se détendre", ont-ils expliqué. Ce procès montre "les gros problèmes d'encadrement et de hiérarchie au sein de la police nationale", a estimé Jérôme Hanarte, du syndicat Alliance, sans excuser totalement les policiers.
A la suite de cette affaire, suivie d'autres, le commissaire de Saint-Denis, Xavier Paldacci, avait été suspendu, en septembre 2005. Le procureur avait qualifié les policiers d'"électrons libres" vivant "dans le délit quasi-permanent", et demandé contre eux des peines de 12 mois à 6 ans de prison.
Sébastien Courant et David Berouty, âgés de 28 et 30 ans, les seuls à avoir avoué des relations sexuelles, "consenties" selon eux, avec des prostituées, ont écopé des peines les plus lourdes (4 et 3 ans). Le tribunal a estimé dans son délibéré que ces relations sexuelles avaient eu lieu sous la "contrainte", du fait des contrôles en uniforme et des menaces de garde à vue rapportées par des témoins. Ces deux policiers, ainsi qu'un troisième, ne pourront définitivement plus exercer dans la fonction publique. Ils seront inscrits au fichier des agresseurs sexuels, le "fichier des pervers" sur lequel ils menaçaient d'inscrire les clients qu'ils surprenaient avec des prostituées.
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