
LCI.fr : Quel dispositif va être mis en place pour la rencontre OM/PSG au Stade de France ? En refusant de venir pour le match de dimanche au Parc des Princes, ils entendent ainsi protester contre les mesures de sécurité imposées par le ministère de l'Intérieur. 1.500 supporters marseillais étaient attendus.
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Michel Lepoix, coordinateur national football pour le ministère de l'Intérieur : Entre 2500 et 2700 policiers seront mobilisés pour la zone centrale du stade et ses alentours immédiats, toutes unités confondues : CRS, gendarmes mobiles, forces locales, civils, etc... Le Service national de protection ferroviaire (SNPF) protégera avec ses propres effectifs les lignes B et D du RER, la ligne 13 du métro, et les gares de Lyon, Austerlitz et peut-être même celle de Montparnasse.
A l'intérieur du stade, seront également déployés quelque 500 "stadiers", fournis pour moitié par l'OM et pour moitié par le PSG. Les organisateurs du Stade de France devraient en apporter environ 300 de plus. Mais tout ce dispositif est bien évidemment susceptible de modification d'ici le coup d'envoi du match (ndlr : l'interview a été réalisée jeudi soir).
LCI.fr : Vous avez eu cette semaine une réunion avec celui qui vous a nommé, le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy. Que vous a-t-il dit ?
M.L. : La première idée qu'il a exprimée, avec Jean-François Lamour, ministre de la Jeunesse et des Sports qui était aussi présent, est qu'il faut faire de cette rencontre une fête footballistique. Cette rencontre doit être un exemple pour un changement d'orientation du football en général. Et il faut donner une bonne image du Stade de France, en prévision notamment de la finale de la Ligue des Champions qui aura lieu au même endroit le 17 mai et en prévision également de la Coupe du Monde à laquelle la France participe.
L'autre idée qu'il a développée est que toutes les précautions seront prises et que si le risque zéro n'existe pas, la tolérance zéro, elle, serait appliquée de manière stricte à l'égard de ceux ou de celles qui auraient envie de se comporter en-dehors de ce que prévoit la loi.
LCI.fr : Justement, que risquent les casseurs ou auteurs de violence ?
M.L. : Ils risquent en cas de flagrant délit d'être pris immédiatement, d'être placés en garde à vue et d'avoir des procédures immédiates. Car il y aura sur place une cellule judiciaire. Le procureur de Seine-Saint-Denis et ses magistrats seront là. Celle cellule fonctionnera dès le milieu d'après-midi et jusqu'à la fin de l'événement.
Concernant les peines, ça dépend naturellement de l'infraction. Il y a la loi Alliot-Marie de 1993 sur le comportement dans les stades. Et puis il y a les peines classiques contre le racisme, la xénophobie, les agressions... Et depuis un mois, ceux qui auraient des comportements inacceptables pourront faire l'objet dans la foulée d'une interdiction de stade pour les matchs à venir.
LCI.fr : Y a-t-il beaucoup d'interdits de stade pour ce match ?
M.L. : Entre le PSG et OM, il y en a 34. Ils auront l'obligation de pointer le soir du match au commissariat le plus proche de leur domicile. S'ils ne procèdent pas à ce pointage ils feront l'objet de poursuites importantes. S'ils essaient de passer au travers du filet et qu'ils se font prendre, car nous avons leurs photos, ils encourront des peines lourdes.
LCI.fr : Et que risquent les clubs en cas de débordement ?
M.L. : Concernant les clubs, c'est l'affaire de la Fédération et de la Ligue professionnelle. Il peut y avoir des sanctions disciplinaires, des suspensions, des amendes parfois lourdes, des retraits de points.... On peut se poser la question de savoir si cela est efficace. Je pense que cela a quand même une incidence. La preuve en est que quand il y a des sanctions, les clubs font appel.
LCI.fr : N'est-ce pas un peu aberrant de devoir en arriver là pour l'organisation d'une simple rencontre sportive ?
M.L. : On trouve cela tellement anormal que depuis que Nicolas Sarkozy a pris ce dossier en charge de manière intensive en janvier dernier, on a essayé de mettre en place un dispositif législatif et réglementaire qui permette de ne plus en arriver là. Et puis il y a un travail qui a été effectué auprès des supporters eux-mêmes pour qu'ils comprennent que ça suffisait, que ces matchs sont faits pour faire la fête et pas la guerre. C'est un travail de fond, d'éducation, fait par la Ligue professionnelle auprès des clubs professionnels et par la Fédération auprès des clubs amateurs, et notamment des tous jeunes qui commencent le football.
Concernant le match de ce samedi, il y a eu plusieurs niveaux d'intervention. Les deux présidents de clubs se sont adressés directement à leurs entraîneurs, à leurs joueurs, à leurs supporters.... et nous aussi, d'une manière un peu indirecte, car prévenir et dissuader les supporters de faire les idiots, c'et aussi de la prévention. On peut penser que la peur du gendarme aura des effets positifs.
LCI.fr : Prévoyez-vous un dispositif analogue pour la rencontre Arsenal/Barcelone ?
M.L. : Oui. Enfin, il y aura quelques adaptations puisque les supporters viendront d'Angleterre et d'Espagne, donc plutôt par avion que par train. Pour l'instant, même si ce sont des clubs très puissants, avec des supporters également très puissants et nombreux, on n'est pas du tout inquiet. On n'a jamais eu de gros problèmes avec eux lors de précédentes rencontres sur notre territoire.
Une coordination entre les polices des trois pays sera faite à mon niveau, à Paris, à la Direction centrale de la sécurité publique. On a commencé les réunions avec les "spotters" barcelonais et anglais (ndlr : policiers qui suivent les supporters) pour la transmission d'informations.
Photo d'ouverture : Michel Lepoix, interviewé sur LCI - DR
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