© INTERNELes gardiens de la paix, suspendus en juin 2004 à la suite d'une enquête de l'IGS, la police des polices, devront répondre des chefs d'"agressions sexuelles" et "vols" sur une dizaine de femmes d'origine asiatique et d'Europe de l'Est. Deux policiers comparaissent détenus, les autres agents ayant été remis en liberté sous contrôle judiciaire. Ils sont également accusés, ainsi qu'un sixième policier, d'avoir régulièrement dépouillé des vendeurs à la sauvette pour financer des soirées arrosées au commissariat. Ils avaient baptisé cette pratique le "singhomoneo", parce que les victimes interpellées étaient souvent d'origine indienne et surnommées Singh.
Abus de pouvoir et vols présumés
Le tribunal se penchera également sur des vols présumés de matériel informatique et vidéo perpétrés à l'occasion de contrôles menés dans des camps de roumains de la Plaine-Saint-Denis. Ces infractions et abus de pouvoir ont été dénoncés début 2004 par deux de leurs équipiers du commissariat de Saint-Denis, dont les confidences avaient poussé la direction départementale de la sécurité publique à saisir l'IGS, qui a pu recueillir les témoignages de prostituées et travestis.
Du chantage pour une fellation
Ainsi, il apparaît que deux des policiers appartenant aux UPP (unités de police de proximité) avaient pris l'habitude de se donner rendez-vous au "king", le parking de la Porte de la Chapelle, de la compétence territoriale du commissariat du XVIIIe arrondissement de Paris. Selon une source proche de l'enquête, ils préféraient aborder les filles les plus vulnérables, ne parlant pas français et sans papiers. Après avoir chassé le client, ils utilisaient l'infraction de racolage comme un moyen de chantage, menaçant la prostituée de garde à vue, pour obtenir -le plus souvent- une fellation, à l'écart dans les cages d'escalier.
L'un des gardiens de la paix aurait parfois menotté des filles, selon la même source. Seuls les deux agents qui comparaissent détenus auraient eu des relations sexuelles avec des prostituées mais soutiennent qu'elles étaient consenties. Les autres nient avoir participé à ce type d'expéditions, et pour certains, réfutent même en avoir eu connaissance.
Suspension d'un commissaire
Cette affaire a largement contribué, avec d'autres, à la suspension en septembre 2005 du commissaire Xavier Paldacci, à qui il a été reproché de n'avoir pas suffisamment contrôlé ses jeunes recrues. Frédéric Lagache, secrétaire national du syndicat Alliance (majoritaire chez les gardiens de la paix), avait souligné à l'époque le "défaut d'encadrement" au commissariat de Saint-Denis, composé de jeunes policiers dont un tiers sont en formation, alors que Saint-Denis est la ville la plus criminogène du département. Initialement prévu sur une journée, le procès devrait finalement se tenir mercredi et jeudi, selon le parquet de Bobigny.
Tribunal de Bobigny. DR.
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