
La présidentielle
A Cécile, qui lui demandait de préciser ce qu'elle entendait lorsqu'elle disait qu'elle serait "probablement candidate" en 2007 "si ça continue comme en ce moment", Ségolène Royal a répondu : "D'abord, c'est candidate à la candidature, la route n'est pas simple, elle est semée d'embûches... Mais voila, c'est dit. Ce qui pourrait me faire renoncer, c'est si quelqu'un d'autre est mieux placé que moi pour faire gagner la gauche, et à ce moment là, je le soutiendrai... sans aucune réserve".
CPE
"Jacques Chirac aurait du intervenir plus tôt et demander à Villepin de revoir sa copie. La France a souffert d'une compétition politicienne entre Chirac et son premier ministre. D'une certain façon, c'est une crise de régime, lorsque l'intérêt national est à ce point bafoué ". Et les étudiants : "je crois qu'il faut être reconnaissant à ce mouvement, car si le CPE était passé, c'est la totalité des contrats de travail qui aurait basculé dans la précarité... le gouvernement ne s'en cachait pas d'ailleurs et le MEDEF non plus...Ce serait devenu le mode normal de recutement.. et donc, une profonde régression sociale... En stoppant le CPE, les jeunes ont sauvé une partie importante du modèle social français..."
La démocratie : dans les urnes ou dans la rue ?
"Il y a une liberté de manifester dans la constitution et il est salutaire que la rue s'exprime lorsque le pouvoir ne comprend pas. Chez ces jeunes, il y a eu une prise de conscience politique... et je crois qu'il faut être reconnaissant à ce mouvement, car si le CPE était passé, c'est la totalité des contrats de travail qui aurait basculé dans la précarité. Le gouvernement ne s'en cachait pas d'ailleurs et le MEDEF non plus. Ce serait devenu le mode normal de recrutement et donc, une profonde régression sociale. En stoppant le CPE, les jeunes ont sauvé une partie importante du modèle social français. "
CNE
"Le CNE est passé plus inaperçu, car il n'y avait pas ce critère discriminatoire de l'âge, mais la contestation doit être la même. Le principe de précarité est tout aussi condamnable. Des recrutements qui auraient dû avoir lieu en CDI, se sont transformés en CNE, contrats précaires. En en faisant le bilan, il faudra en tirer les conséquences. Les partenaires sociaux demandent aussi la suppression du CNE, il faudra que ça se fasse avec eux. "
La crise de la représentativité
"Nous souffrons de l'accumulation de lois, de l'empilement des textes et de l'insuffisante application des lois existantes. Une partie du manque de visibilité de la politique vient de là, et surtout la lenteur des réformes, alors que beaucoup de réformes sont possibles"
VI République
"Un débat démocratique autour du changement des institutions" est nécessaire mais qu'il faudrait d'abord "remettre à plat l'ensemble des comportements politiques. Aujourd'hui, il y a une fracture profonde entre les Français et leurs représentants politiques. Il y a un doute sur l'efficacité politique, sentiment que les souffrances vécues ne sont pas comprises".
Les femmes en politiques
"Les femmes mettent en avant des valeurs qui ont été considérées par les responsables politiques comme secondaires alors qu'elles sont essentielles... l'éducation, la famille, le travail..."
Romano Prodi et les élections italiennes
"Je félicite Romano Prodi, face au bulldozer qu'il avait en face, il n'a pas dévié de sa route et remporté la victoire, même si elle est courte. La campagne a été fracassante en Italie, une confrontation très rude. C'est ça aussi qui explique la participation très élevée des Italiens, ce qui est une bonne chose. Chaque fois que les enjeux sont bien clarifiés, que la confrontation des idées, des valeurs, des modèles et des perspectives est nette, alors, les citoyens viennent choisir. Si les Français veulent un vrai désir d'avenir et mettre la France à gauche, ils peuvent se mobiliser fortement".
Les réformes
"Il faut écouter et comprendre ce qui se passe, être attentif aux problèmes des gens et de la manière dont ils veulent que ces problèmes soient résolus. Il faut mettre fin au mépris, répondre à la demande de respect, de reconnaissance, regardez les banlieues : rien n'est résolu."
Les banlieues
"On a une belle cocotte minute qui, la prochaine fois, risque d'exploser de façon beaucoup lu forte. Aucune décision n'a été prise, y compris dans le domaine du logement. La droite a supprimé des quotas de logements sociaux obligatoires dans des communes. Il faut faire confiance aux maires et la politique de la Ville doit être complètement décentralisée au niveau des communes. Les solidarités de proximité ont été détruites et c'est ça qui explique une partie de l'explosion, c'est le retrait des solidarités nationales. On n'a peut-être pas essayé suffisamment les CV anonymes, la mobilisation des entreprises pour leur dire qu'il y a des talents formidables et qu'elles ont une obligation citoyenne de recruter ces jeunes. On a la possibilité de mieux aider les jeunes de ces quartiers qui créent leur entreprise. La sécurité du revenu, c'est l'aspiration de tous. Il faut sécuriser son revenu. "
Vote obligatoire
"J'y suis favorable. Je sais que ça ne correspond pas à la tradition historique et démocratique française, mais il ne faut jamais oublier que, dans le monde, des gens risquent leur vie pour avoir le droit de vote. C'est une chance extraordinaire. Mais si on fait le vote obligatoire, il faudra reconnaître la validité du vote blanc."
Le Pen
"Si des millions de Français se sentent abandonnés, incompris, avec un sentiment d'insécurité profond par rapport à l'avenir de leurs enfants, alors le vote protestataire, d'écoeurement, peut aller vers le front national. Or, aujourd'hui, il y a 30% des électeurs qui ont précédemment voté front national, qui se disent de gauche. Il faut un projet à gauche, une volonté profonde de changement. Je ne m'enferme pas dans les carcans, je fais la politique par la preuve, et ensuite il faut convaincre sur la capacité à faire ce que l'on dit. Ce n'est pas en s'autoproclamant de gauche qu'on attire la confiance..."
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