Nicolas Sarkozy s'exprimant samedi devant les nouveaux adhérents de l'UMPAlors que la crise du CPE a laissé un Dominique de Villepin exsangue et un gouvernement malmené, Ségolène Royal caracole dans les sondages et Jean-Marie Le Pen ne fait pas mystère de ses ambitions pour 2007. Le rituel du discours prononcé devant les nouveaux adhérents de l'UMP (près de 2.500 réunis à Paris) a donné samedi à Nicolas Sarkozy l'occasion d'affirmer sa position et d'en appeler aussi bien aux électeurs à droite de la droite... qu'aux électeurs à gauche de la gauche. Le patron de l'UMP, se définissant comme un "homme de droite, de la droite républicaine", mais "pas un conservateur", s'est ainsi dit prêt à aller chercher "un par un" les électeurs du Front national et de la "gauche populaire", Parti communiste en tête.
Message aux premiers : "On en a plus qu'assez d'avoir en permanence le sentiment de s'excuser d'être français. On ne peut pas changer ses lois, ses coutumes parce qu'elles ne plaisent pas à une infime minorité. Si certains n'aiment pas la France, qu'ils ne se gênent pas pour la quitter". Phrase qui rappelle le slogan de Philippe de Villiers, président du Mouvement pour la France : "La France, tu l'aimes ou tu la quittes". Mais cette tirade a été aussitôt doublée d'un appel "à la gauche populaire, à tous ceux qui ont cru au Parti communiste. J'ai plus de respect pour les anciens ouvriers qui ont travaillé toute leur vie en usine que pour les mondains qui n'ont pas vu les crimes de Staline".
"Ségolène Royal, elle a trouvé le raisonnement : j'ai vos idées !"
Après les appels aux électeurs, place aux messages personnels. Le numéro deux du gouvernement est ainsi revenu sur la crise du contrat première embauche, dispositif âprement défendu par Dominique de Villepin. "Avec le CPE, un jeune pouvait se faire licencier sans motif. Je ne veux pas faire cadeau de l'esprit de justice à la gauche et que la droite soit associée à la précarité". Il a d'ailleurs profité de cette douzième réunion de nouveaux adhérents de son parti pour continuer de s'en prendre à "une gauche qui n'a pas de leçons de morale" à lui donner, "une gauche responsable de la montée du Front national".
Quant à Ségolène Royal, la candidate à la candidature socialiste pour 2007 qui, selon deux sondages, le battrait à la présidentielle si le deuxième tour avait lieu maintenant, Nicolas Sarkozy lui a reproché son absence d'idées. "Ségolène Royal, elle a trouvé le raisonnement : j'ai vos idées, dit-elle. C'est : circulez, y'a rien à voir", a ironisé le président de l'UMP. Il a également lancé une pique envers Lionel Jospin, l'ancien Premier ministre socialiste qui avait procédé à la régularisation de sans-papiers quand il était au pouvoir. "S'il était candidat (en 2007), ce serait l'occasion de lui demander des explications". Pour sa part, le ministre de l'Intérieur, qui s'apprête à présenter son projet de loi sur l'immigration, a de nouveau proposé "qu'on supprime les régularisations au fil de l'eau", c'est-à-dire les régularisations quasiment automatiques au bout de dix ans de présence en France.
Photo d'ouverture : Nicolas Sarkozy s'exprimant samedi devant les nouveaux adhérents de l'UMP - DR
Retour MYTF1
Chargement en cours...



