© INTERNE"Il ne fallait pas s'entêter". Nicolas Sarkozy l'a répété sur Europe 1, mardi matin. "Il fallait faire preuve de lucidité. Il n'y avait pas d'autre solution que de remplacer le CPE". Mais, le ministre de l'Intérieur est aussi le président de l'UMP. Et il sait que la reculade n'a pas plu à son électorat. Seul rescapé de la crise à droite (1), le candidat à l'Elysée risque de voir son image de chantre de la rupture écornée. D'où son discours de reconquête, sur le thème : "oui, la réforme est possible".
Maintenir le CPE, selon lui, aurait surtout rendu service à "la gauche" et "à tous les conservateurs, parce qu'on associait l'idée de la réforme à l'idée de la précarité". "Je pense qu'on peut faire un système gagnant - gagnant, que ce qu'ont fait les autres, on peut le faire nous-mêmes, que le plein emploi chez les autres on peut l'avoir en France", a-t-il ajouté. "Je crois qu'il faut expliquer que la flexibilité peut être une chance". Et d'appeler, pour rassurer les chefs d'entreprise, à agir sur "la durée des périodes de licenciement", tout en suggérant dans le même temps d'"augmenter les indemnités de licenciement, les obligations de reclassement et les impératifs de formation".
Soutien sans faille
Qu'on se le dise, donc, la rupture reste à son programme. Mais pas celle avec le gouvernement. De ce point de vue, Nicolas Sarkozy affiche une solidarité sans faille. La position du Premier ministre est "parfaitement tenable", a-t-il assuré sur Europe 1. En démissionnant, Dominique de Villepin aurait ajouté "une crise politique à une crise sociale". "Ceux qui lui conseillaient de faire ça étaient tellement intéressés que ça se voyait", a-t-il ajouté.
Jusqu'à présent, la ligne de conduite paie. Selon un sondage CSA, 51% des Français font confiance à Sarkozy "pour mener les réformes", devant la socialiste Ségolène Royal (48%). Dimanche, une enquête du même institut de sondage indiquait que 53% des Français (+ 6 points en une semaine) pensent que Nicolas Sarkozy sort renforcé de la crise, alors que 86% (+11 points) jugent Dominique de Villepin affaibli.
(Image d'archive : Nicolas Sarkozy)
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