La Ségomania réveille ses challengers

Par Par Renaud PILA, le 26 avril 2006 à 17h44 , mis à jour le 27 avril 2006 à 10h20

L'installation confirmée de Ségolène Royal comme favorite du PS pour 2007 provoque des tirs nourris des autres présidentiables. La rue de Solférino appelle à cesser les attaques contre la présidente de Poitou-Charentes.

dsk_lhay_rosesDominique Strauss-Kahn lors d'une réunion publique à L'Hay-les-Roses

Depuis quatre mois qu'elle est la préférée des sondages pour porter les couleurs de la gauche en 2007, Ségolène Royal fait un malheur, et notamment celui des éléphants socialistes. Jusque là, ils semblaient immobiles et impuissants. Mais depuis quelques jours, c'est l'heure de la contre-attaque pour Laurent Fabius, Dominique Strauss-Kahn  ou encore JacK Lang. Chacun avec son style mais avec un objectif : tenter de démontrer que les sondages ne font pas une élection et qu'un candidat sans programme court à l'échec. Même Lionel Jospin y serait allé de sa petite phrase, selon le Canard Enchaîné :"si vous ne vous organisez pas mieux, Ségolène va finir par s'imposer", un propos démenti par un proche de l'ancien Premier ministre. 

Pour Laurent Fabius, le raisonnement se veut implacable :"il y a une seule règle avec les sondages qui sont faits un an à l'avance, c'est qu'ils se trompent toujours", a déclaré l'ancien Premier ministre sur France Inter. "Un an avant les élections de 1981, Mitterrand était dans les choux mais il a été élu. Un an avant les élections de 1995, on ne donnait pas trois francs pour la candidature de Jospin et c'est lui qui a été candidat", a-t-il rappelé.

Chez les amis de Dominique Strauss-Kahn, on mise sur l'élaboration d'une stratégie programmatique. Les idées d'abord. Fin mai ou début juin devrait sortir un nouveau livre-projet de l'ancien patron de Bercy. Plutôt silencieux, il laisse ses proches mener la charge . Ainsi, dans une " lettre ouverte à François Mitterrand ", Jean-Christophe Cambadélis estime que "le battage autour d'une victoire annoncée" de la gauche et de Ségolène Royal en 2007 est "une formidable illusion qui prépare bien des désillusions". Selon lui, la gauche ne peut pas "aller à la bataille avec un simple " dites moi ce que vous voulez, je verrai ce que je peux faire ! ", allusion à des déclarations de la députée des Deux-Sèvres. "Si la gauche n'est pas suffisamment solide, si elle n'est pas armée d'un projet, si elle n'est pas unie, elle sera balayée comme en 2002", met-il en garde.

"L'heure n'est pas à la critiquer"

Face à ce branle-bas de combat général, les royalistes sortent de leur silence. Le numéro deux du PS, François Rebsamen, a pris mardi soir la défense de la madone des sondages, affirmant que "l'heure n'était pas à la critiquer". "J'apprécie Ségolène Royal, la femme politique, femme publique, les idées qu'elle défend, je l'estime (...)", a déclaré le maire de Dijon. Il avait affirmé dès le mois de décembre qu'elle n'était "ni une bulle médiatique, ni un leurre" et qu' "une rencontre était en train de se produire" avec l'opinion publique.

Plus ouvertement, trois députés PS ont mis en garde contre la formation "d'un front anti-Ségolène Royal" qui, affirment-ils, "ne pourrait qu'affaiblir collectivement" le PS. Cette prise de position émane des animateurs de Nouvelle Voix, un groupe du courant majoritaire prêchant "la rénovation" du PS, Gaëtan Gorce, député de la Nièvre, Jean-Louis Bianco (Alpes-de-Haute-Provence) et Christophe Caresche (Paris). "Sans porter de jugement sur la candidature de Ségolène Royal, force est de constater que le soutien dont elle bénéficie dans l'opinion exprime un très profond besoin de renouvellement auquel notre parti devrait se fixer comme priorité de répondre. La constitution d'un front anti-Ségolène Royal ne pourrait en l'état actuel que nous affaiblir collectivement", indique le communiqué.

Pour Elisabeth Guigou, Lionel Jospin est "au-dessus du lot"

La députée PS de Seine-Saint-Denis Elisabeth Guigou a estimé mercredi que, parmi les possibles candidats du PS pour la présidentielle de 2007, Lionel Jospin était "au-dessus du lot" et le mieux à même de "restaurer le prestige de la présidence de la République". Selon elle "pour la présidence de la République, il faut quelqu'un qui ait une vision d'homme d'Etat, qui ait suffisamment de carrure, d'envergure, d'expérience politique au sens large". "Ce n'est pas une question de compétence, mais d'avoir connu des succès et des échecs, de montrer qu'on sait conduire un pays", a-t-elle ajouté. (AFP)

Par Par Renaud PILA le 26 avril 2006 à 17:44
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25 Commentaires

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  • Marcot, le 27/04/2006 à 10h51

    Au secours Ségolène arrive.... Les marquis socialistes sont aux abois,la bourgeoise Buffet est inquiète,Bayrou se fait du souci

  • Vastre, le 27/04/2006 à 03h24

    Qu'il est difficile, pour un socialiste, d'être "royaliste" !

  • Jacques, le 27/04/2006 à 00h00

    Ce sont tous des copains mais quand il y a un désir à satisfaire c'est le premier arrivé...

  • OTTEN, le 26/04/2006 à 23h12

    Et dire que je pensais voter pour la première fois à gauche pour Ségoléne Royal. Face à de telle réaction, mon vote penche de nouveau vers la droite.

  • Mat, le 26/04/2006 à 22h06

    Comment voulez vous leur confier le pays ?... je ne leur préterai même pas ma voiture

  • René, le 26/04/2006 à 20h28

    Manque Jospin,vite revenez,nous sommes sur de gagner!!!

  • Martin, le 26/04/2006 à 19h58

    En tant que sympatisant de l'UMP, je réclame moi aussi avec insistance le retour de Monsieur Jospin en 2007, car, comme en 2002 il permettra la victoire de la droite. Donc, au nom de la droite, revenez Monsieur Jospin !

  • Olivier, le 26/04/2006 à 19h51

    Le plus drôle dans cet article comme dans les réactions qui le suivent, c'est que cette situation de combat fraternel n'est le fruit que d'une surmédiatisation qui tente par tous les moyens de transformer la plus importante élection politique de notre pays en "ersatz" de Star academy. Vous citez par exemple Laurent Fabius à propos de son sentiment quand aux sondages. Il se trouve que j'ai écouté l'émission de France-Inter en question. Il s'est refusé à critiquer les autres responsables du PS, quelqu'ils soient, et ce malgré les tentatives desespérées de son interviewer et de certinas auditeurs qui n'étaient visiblement interessés que par cet affrontement et pas du tout par les questions de fond qu'il avait amplement évoquées. Décidemment, les médias n'ont rien compris au 21 avril 2002 ni au 29 mai 2005. Alors, de grâce, laissez les socialistes élaborer leur projet sereinement et ensuite décider de celui ou celle qui le représentera le mieux. Olivier

  • Raphael, le 26/04/2006 à 19h49

    Il semble que la gauche française parvienne presque à toucher le fond du fond, affaire à suivre…

  • Anne, le 26/04/2006 à 19h28

    Toujours ces sempiternelles "chamailleries" à la gauloise ... décidément en France on ne peut pas s'en passer. Les egos personnels passent avant les intérêts du pays. Nos hommes politiques sont bouchés à l'émeri ...Misère de misère !!

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