Dominique Strauss-Kahn lors d'une réunion publique à L'Hay-les-Roses Depuis quatre mois qu'elle est la préférée des sondages pour porter les couleurs de la gauche en 2007, Ségolène Royal fait un malheur, et notamment celui des éléphants socialistes. Jusque là, ils semblaient immobiles et impuissants. Mais depuis quelques jours, c'est l'heure de la contre-attaque pour Laurent Fabius, Dominique Strauss-Kahn ou encore JacK Lang. Chacun avec son style mais avec un objectif : tenter de démontrer que les sondages ne font pas une élection et qu'un candidat sans programme court à l'échec. Même Lionel Jospin y serait allé de sa petite phrase, selon le Canard Enchaîné :"si vous ne vous organisez pas mieux, Ségolène va finir par s'imposer", un propos démenti par un proche de l'ancien Premier ministre.
Pour Laurent Fabius, le raisonnement se veut implacable :"il y a une seule règle avec les sondages qui sont faits un an à l'avance, c'est qu'ils se trompent toujours", a déclaré l'ancien Premier ministre sur France Inter. "Un an avant les élections de 1981, Mitterrand était dans les choux mais il a été élu. Un an avant les élections de 1995, on ne donnait pas trois francs pour la candidature de Jospin et c'est lui qui a été candidat", a-t-il rappelé.
Chez les amis de Dominique Strauss-Kahn, on mise sur l'élaboration d'une stratégie programmatique. Les idées d'abord. Fin mai ou début juin devrait sortir un nouveau livre-projet de l'ancien patron de Bercy. Plutôt silencieux, il laisse ses proches mener la charge . Ainsi, dans une " lettre ouverte à François Mitterrand ", Jean-Christophe Cambadélis estime que "le battage autour d'une victoire annoncée" de la gauche et de Ségolène Royal en 2007 est "une formidable illusion qui prépare bien des désillusions". Selon lui, la gauche ne peut pas "aller à la bataille avec un simple " dites moi ce que vous voulez, je verrai ce que je peux faire ! ", allusion à des déclarations de la députée des Deux-Sèvres. "Si la gauche n'est pas suffisamment solide, si elle n'est pas armée d'un projet, si elle n'est pas unie, elle sera balayée comme en 2002", met-il en garde.
"L'heure n'est pas à la critiquer"
Face à ce branle-bas de combat général, les royalistes sortent de leur silence. Le numéro deux du PS, François Rebsamen, a pris mardi soir la défense de la madone des sondages, affirmant que "l'heure n'était pas à la critiquer". "J'apprécie Ségolène Royal, la femme politique, femme publique, les idées qu'elle défend, je l'estime (...)", a déclaré le maire de Dijon. Il avait affirmé dès le mois de décembre qu'elle n'était "ni une bulle médiatique, ni un leurre" et qu' "une rencontre était en train de se produire" avec l'opinion publique.
Plus ouvertement, trois députés PS ont mis en garde contre la formation "d'un front anti-Ségolène Royal" qui, affirment-ils, "ne pourrait qu'affaiblir collectivement" le PS. Cette prise de position émane des animateurs de Nouvelle Voix, un groupe du courant majoritaire prêchant "la rénovation" du PS, Gaëtan Gorce, député de la Nièvre, Jean-Louis Bianco (Alpes-de-Haute-Provence) et Christophe Caresche (Paris). "Sans porter de jugement sur la candidature de Ségolène Royal, force est de constater que le soutien dont elle bénéficie dans l'opinion exprime un très profond besoin de renouvellement auquel notre parti devrait se fixer comme priorité de répondre. La constitution d'un front anti-Ségolène Royal ne pourrait en l'état actuel que nous affaiblir collectivement", indique le communiqué.
Pour Elisabeth Guigou, Lionel Jospin est "au-dessus du lot" |
La députée PS de Seine-Saint-Denis Elisabeth Guigou a estimé mercredi que, parmi les possibles candidats du PS pour la présidentielle de 2007, Lionel Jospin était "au-dessus du lot" et le mieux à même de "restaurer le prestige de la présidence de la République". Selon elle "pour la présidence de la République, il faut quelqu'un qui ait une vision d'homme d'Etat, qui ait suffisamment de carrure, d'envergure, d'expérience politique au sens large". "Ce n'est pas une question de compétence, mais d'avoir connu des succès et des échecs, de montrer qu'on sait conduire un pays", a-t-elle ajouté. (AFP) |
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