Seznec : nouvelle étape vers la révision

Par Par Alexandra GUILLET (avec AFP), le 27 avril 2006 à 18h39 , mis à jour le 27 avril 2006 à 20h46

La Cour de révision examinera le 5 octobre le dossier Guillaume Seznec, plus de 80 ans après sa condamnation aux travaux forcés. "Ca va être le moment le plus important de ma vie après une lutte de 83 ans", a déclaré son petit-fils, Denis, à LCI.fr qui lui a appris la nouvelle.

Seznec Denis AFP 1997En 1997, à Sixt-sur-Aff, à côté de la première plaque posée en France au nom de son grand-père © crédit AFP Valéry Hache

"Ca va être un très grand moment, certainement le plus important de ma vie, celui de ma famille aussi, car c'est l'aboutissement de 83 ans de lutte. C'est important aussi pour la justice". Denis Seznec n'a pas dissimulé sa joie, quand LCI.fr lui a annoncé que la cour de révision examinerait le 5 octobre prochain le dossier de son grand-père, Guillaume Seznec, qui reste, plus de 80 ans après sa condamnation aux travaux forcés, l'une des plus grandes énigmes criminelles du 20ème siècle. 

Une première étape historique avait été franchie le 11 avril 2005 quand la commission de révision des condamnations pénales avait décidé de transmettre le dossier Seznec à la Cour de révision, ouvrant la voie à une éventuelle annulation de la condamnation prononcée en 1924 à l'encontre de Guillaume Seznec.

20 ans à Cayenne

A l'issue de l'audience du 5 octobre, la Cour de révision, composée uniquement de magistrats de la chambre criminelle de la Cour de cassation et seule instance habilitée à réviser une condamnation, pourra soit rejeter la demande, soit annuler le verdict visant Seznec.

Il avait été condamné aux travaux forcés à perpétuité par la cour d'assises du Finistère pour le meurtre de son ami Pierre Quemeneur. Grâcié en 1947 pour bonne conduite, après 20 ans passés à Cayenne, Guillaume Seznec est décédé en 1954.

La requête en révision, qui avait été présentée le 31 mars 2001 par la Chancellerie, s'appuyait sur le rôle joué par un certain Gherdi, susceptible de jeter un doute sur la culpabilité de Seznec, et sur ses relations au moment des faits avec l'inspecteur de police Pierre Bonny, cheville ouvrière de l'enquête criminelle.

Une invention de l'accusé

Lors du verdict de 1924, Gherdi n'avait pas été retrouvé et la cour d'assises avait estimé qu'il s'agissait d'une invention de l'accusé. Pour justifier de la transmission du dossier à la Cour, la commission a estimé qu'il convenait de "s'interroger sur le rôle que l'existence de Boudjema Gherdi aurait pu jouer auprès des jurés, s'ils l'avaient connue lorsqu'ils ont apprécié la culpabilité de Guillaume Seznec".

Son existence ainsi que "les soupçons portant sur les relations que cet homme a pu avoir avec l'inspecteur de police Pierre Bonny (...) constituent des éléments nouveaux dont l'appréciation ne saurait relever de la seule commission de révision", avait en outre expliqué celle-ci, dans son arrêt.

Photo : Denis Seznec, en 1997, à Sixt-sur-Aff, à côté de la première plaque posée en France au nom de son grand-père (crédit AFP/ Valéry Hache)

Par Par Alexandra GUILLET (avec AFP) le 27 avril 2006 à 18:39
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6 Commentaires

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  • Françoise, le 27/04/2006 à 21h27

    Je souhaite de tout coeur pour Denis Seznec que son combat mené pour la révision de ce procés amméne un résultat positif. C'est un homme méritant et courageux

  • Margaux, le 27/04/2006 à 21h18

    Enfin une bonne information ! Denis SEZNEC mérite bien ce résultat après toutes ses années de lutte ! Bravo, Denis, ton grand-père doit être fier de toi !

  • L'esquimau, le 27/04/2006 à 20h45

    FELICITATIONS à Denis SEZNEC pour sa tenacité.De la haut,son grand père Guillaume est,très certainement, extrêmement fier de lui... Actuellement la France souffre cruellement de manquer de gens de votre valeur et de votre trempe. Je vous ai toujours soutenu et continuerai encore.

  • Visioline, le 27/04/2006 à 20h40

    Une histoire de plus de 80 ans elle est connue pour être rapide la justice française (Papon +50 ans plus tard) sur quoi vont t'ils se baser pour ce procès étant donné que les témoins et preuves de l'époque ont disparus ?

  • Andrée, le 27/04/2006 à 19h51

    Je pense qu'il est temps de réhabiliter cet homme. Bonne chance à son petit fils pour cette erreur historique.

  • Pierre marie vallez, le 27/04/2006 à 19h03

    Je doute que la justice, representée par des hommes dont on sait maintenant qu'ils refusent d'admettre qu'ils ne pocèdent pas la science infuse - voir le cirque "divers" d'outreau, revienne sur sa décision . en ce qui concerne outreau comment croyez-vous que les choses vont se passer?? eh bien la campagne électorale va faire oublier la commission d'enquête....., de toute façon, de tout temps, en démocratie le seul remède pour "enterrer" une affaire c'est la commisssion d'enquête - ça dure des mois et le bon "peuple" oublie!!!!!!

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