En 1997, à Sixt-sur-Aff, à côté de la première plaque posée en France au nom de son grand-père © crédit AFP Valéry Hache "Ca va être un très grand moment, certainement le plus important de ma vie, celui de ma famille aussi, car c'est l'aboutissement de 83 ans de lutte. C'est important aussi pour la justice". Denis Seznec n'a pas dissimulé sa joie, quand LCI.fr lui a annoncé que la cour de révision examinerait le 5 octobre prochain le dossier de son grand-père, Guillaume Seznec, qui reste, plus de 80 ans après sa condamnation aux travaux forcés, l'une des plus grandes énigmes criminelles du 20ème siècle.
Une première étape historique avait été franchie le 11 avril 2005 quand la commission de révision des condamnations pénales avait décidé de transmettre le dossier Seznec à la Cour de révision, ouvrant la voie à une éventuelle annulation de la condamnation prononcée en 1924 à l'encontre de Guillaume Seznec.
20 ans à Cayenne
A l'issue de l'audience du 5 octobre, la Cour de révision, composée uniquement de magistrats de la chambre criminelle de la Cour de cassation et seule instance habilitée à réviser une condamnation, pourra soit rejeter la demande, soit annuler le verdict visant Seznec.
Il avait été condamné aux travaux forcés à perpétuité par la cour d'assises du Finistère pour le meurtre de son ami Pierre Quemeneur. Grâcié en 1947 pour bonne conduite, après 20 ans passés à Cayenne, Guillaume Seznec est décédé en 1954.
La requête en révision, qui avait été présentée le 31 mars 2001 par la Chancellerie, s'appuyait sur le rôle joué par un certain Gherdi, susceptible de jeter un doute sur la culpabilité de Seznec, et sur ses relations au moment des faits avec l'inspecteur de police Pierre Bonny, cheville ouvrière de l'enquête criminelle.
Une invention de l'accusé
Lors du verdict de 1924, Gherdi n'avait pas été retrouvé et la cour d'assises avait estimé qu'il s'agissait d'une invention de l'accusé. Pour justifier de la transmission du dossier à la Cour, la commission a estimé qu'il convenait de "s'interroger sur le rôle que l'existence de Boudjema Gherdi aurait pu jouer auprès des jurés, s'ils l'avaient connue lorsqu'ils ont apprécié la culpabilité de Guillaume Seznec".
Son existence ainsi que "les soupçons portant sur les relations que cet homme a pu avoir avec l'inspecteur de police Pierre Bonny (...) constituent des éléments nouveaux dont l'appréciation ne saurait relever de la seule commission de révision", avait en outre expliqué celle-ci, dans son arrêt.
Photo : Denis Seznec, en 1997, à Sixt-sur-Aff, à côté de la première plaque posée en France au nom de son grand-père (crédit AFP/ Valéry Hache)
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