© INTERNEPremière à s'approcher de la barre, Whaïba, 23 ans, s'assoit. Sur le banc des parties civiles, Kahina, 25 ans, est secouée de sanglots. "Comme Sohane n'est plus là, vous avez la parole pour elle", dit la présidente. Un long silence s'installe. "Je tenais juste à dire que ma soeur ne méritait pas de mourir, ne méritait pas d'être torturée", déclare Whaïba quand elle réussit enfin à parler. "Nous ne pouvons pas accepter le pardon" de l'accusé parce qu'il "ne dit pas la vérité", poursuit-elle.
"J'ai perdu ce que j'avais de plus cher au monde"
"Les problèmes entre hommes se règlent entre hommes, pas avec ma petite soeur", dit-elle, en allusion au fait que Jamal Derrar a, selon des témoignages, arrosé Sohane d'essence parce que le petit ami de cette dernière avait eu le dessus lors d'une bagarre. C'est "la goutte d'eau qui a fait déborder le vase", avaient affirmé la veille les amies de la jeune fille, selon qui Sohane était interdite de cité Balzac par l'accusé. "J'ai perdu ce que j'avais de plus cher au monde (...) Maintenant, ce qu'on demande, c'est que justice soit faite", dit Whaïba. Pour elle, à supposer qu'il n'ait pas voulu tuer cette "fille belle, simple, gentille", il a voulu à tout le moins "la brûler pour qu'elle marche avec un foulard sur la tête".
"Ils restaurent la barbarie"
Dans le box, Jamal Derrar, 22 ans, accusé d'actes de torture ou de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner, replié sur lui-même, fixe le sol. A ses côtés, Tony Rocca, 23 ans, qui répond de complicité, regarde devant lui. "Cette histoire me dépasse (...) Ils nous ont brûlées psychologiquement, ils nous ont torturées psychologiquement et la seule chose qu'ils veulent, c'est sauver leur peau", dit Kahina quand elle prend la parole à son tour. Ce sont des "barbares". "En France, on a supprimé la peine de mort pour les grands criminels et eux, ils restaurent la barbarie", reprend la jeune femme.
Excuses, regrets...
Face à elles, Tony Rocca reste quasiment muet : "c'est triste pour Sohane". Jamal Derrar, lui, renifle et demande pardon, présente "(ses) excuses, (ses) regrets", affirme qu'à "aucun moment, (il) n'a voulu causer un atome de souffrance à Sohane", qu'il présente depuis le début, envers et contre tout, comme son ex-petite amie, avec qui il voulait "tirer au clair" leur rupture. "Je crois que je pourrai te pardonner le jour où tu auras compris ce que tu as fait", lâche Kahina. Avant elles, la cour avait entendu trois copains des accusés, mis en examen pour complicité avant de bénéficier d'un non-lieu. Pour tous, il ne pouvait s'agir que d'un "accident".
(D'après AFP)
Image d'archives. DR. Hommage à Sohane en 2003.
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