Les syndicats demandent l'abrogation avant Pâques

le 05 avril 2006 à 12h34 , mis à jour le 05 avril 2006 à 22h14

Intervenant en Conseil des ministres sur le thème du CPE, Jacques Chirac a appelé mercredi à des "discussions constructives" et à la reprise des cours. Les syndicats, en position de force, réclament le vote d'une loi abrogeant le dispositif avant le 17 avril, début des vacances parlementaires.

TF1/LCI Les leaders syndicaux, le 24 mars 2006Les leaders syndicaux, le 24 mars 2006 © TF1/LCI

A l'orée d'une après-midi censée marquer la reprise du dialogue sur le CPE, Jacques Chirac a demandé mercredi aux participants de "prendre leurs responsabilités" pour que les discussions soient "constructives". Un appel lancé mercredi lors du conseil des ministres, et relayé par le porte-parole du gouvernement Jean-François Copé. Le chef de l'Etat a souligné que l'article 8 sur le CPE n'était qu'un élément de la loi sur l'égalité des chances dont il a annoncé la promulgation vendredi dernier. Cette loi, conséquence de la crise des banlieues de novembre dernier, "contient toute une série de mesures très importantes comme la mise en place du service civil volontaire, le renforcement et l'extension des zones franches, la création du contrat de responsabilité parentale, les pouvoirs de sanction de la Haute autorité de lutte contre les discriminations".

Le chef de l'Etat a également invité les étudiants à "préparer leurs examens" et les lycéens à "reprendre leurs cours". A quoi le président de l'Unef, Bruno Julliard, a aussitôt répondu en appelant à "mettre tout en oeuvre" pour "intensifier la mobilisation" dans les jours qui viennent dans les universités et à poursuivre les grèves...

Nouvelle rencontre de l'intersyndicale le 10 avril au siège de la CGT

Les groupes parlementaires UMP sont chargés de rédiger une proposition de loi pour modifier le dispositif du CPE - et doivent pour cela s'entretenir avec les syndicats, discussions qui ont commencé mercredi et se poursuivront jeudi. Mais d'ores et déjà, les syndicats ont tous décidé d'exiger l'abrogation du CPE. Une décision commune arrêtée lors la réunion de l'intersyndicale (les "12") mercredi matin au siège de FO. Et pour marquer clairement ce refus avant même les premières rencontres avec les élus UMP, lors d'une conférence de presse commune mercredi vers 13 heures, les syndicats ont réclamé le vote d'une loi abrogeant le dispositif avant le 17 avril, début des vacances parlementaires. Une intransigeance relayée par les socialistes.

"Depuis trop longtemps, depuis même le début, nous n'avons pas été en mesure d'expliquer aux parlementaires pourquoi l'ensemble des organisations syndicales sont contre le CPE. Nous aurons peut-être l'occasion de le faire", a indiqué sur LCI René Valladon (FO), donnant la tonalité des discussions. Si à ce stade, les modalités d'une nouvelle journée d'action ne sont pas arrêtées, l'intersyndicale a convenu de se réunir à nouveau le 10 avril à 16H30, cette fois au siège de la CGT.

"Dans sa forme originelle, le CPE est mort"

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Aussi, du côté des parlementaires UMP, le ton est à la conciliation. "Il faut le dire, dans sa forme originelle, le CPE est mort" et "après la mort on procédera à l'enterrement", a déclaré avant les premières rencontres Jean-Paul Anciaux, proche de Jean-Louis Borloo et membre du groupe de travail de parlementaires sur le CPE, dans les couloirs du Palais-Bourbon. "Les mots auront une signification importante, le mot abrogation n'a pas encore été prononcé", a-t-il toutefois souligné. Pour lui, "il faut se mettre d'accord sur les mots et rechercher une méthodologie pour le dialogue. La feuille est blanche". Une disponibilité affichée au dialogue qui se double cependant d'une mise en garde : "Nous ne devons jamais perdre de vue l'objectif qui est d'obtenir plus de flexibilité pour permettre l'emploi des jeunes".

Les rencontres entre le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, le président du groupe UMP au Sénat, Josselin de Rohan - en présence des ministres Jean-Louis Borloo et Gérard Larcher - et les partenaires sociaux à propos du CPE ont débuté ce mercredi à 15 heures avec l'arrivée de la CFDT au Sénat. Trois autres confédérations syndicales - CGT, CFTC, FO - ont suivi, avant la CFE-CGC qui doit être reçue ce jeudi. L'UNL sera reçue également ce jeudi à 15H, puis la FSU à 19H.

Par ailleurs, le CNE (contrat nouvelles embauches), mis en place par le Premier ministre en août 2005, proche du CPE mais destiné aux seules petites entreprises (de 20 salariés ou moins), revient en force dans le débat politique. Le PS doit présenter ce mercredi à la presse une proposition de loi d'abrogation du CPE et du CNE, qui sera discutée le 16 mai à l'Assemblée nationale.

Photo d'ouverture : les principaux leaders syndicaux reçus à Matignon le 24 mars - archives

le 05 avril 2006 à 12:34
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