Les trois niveaux de l'affaire Clearstream

le 28 avril 2006 à 16h19 , mis à jour le 28 avril 2006 à 20h58

"Clearstream" est une affaire à trois étages. Les accusations de malversations dans la finance internationale, via cette société luxembourgeoise, ont donné à un mystérieux corbeau l'idée d'une manipulation en 2004. Manipulation qui rejaillit aujourd'hui en France au sommet de l'Etat.

[Expiré] [Expiré] Le siège de Clearstream au Luxembourg © AFP / JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN

- Clearstream accusée d'opérations financières illégales. 
En 2001 et 2002, le journaliste-écrivain Denis Robert publie deux livres ("Révélation$ et "La boîte noire") sur Clearstream, accusant cette chambre de compensation luxembourgeoise de dissimuler des flux financiers. La justice luxembourgeoise ouvre, après la publication de "Révélation$", une instruction en 2001 pour "blanchiment, escroquerie fiscale, infraction à la loi bancaire". L'enquête est enterrée par un non-lieu en novembre 2004. Parallèlement, en France, le juge Renaud van Ruymbeke instruit depuis 2001 l'affaire de la vente en 1991 de frégates françaises à Taïwan, accompagnée de commissions occultes présumées.

- La manipulation du corbeau. 
En mai et juin 2004, un mystérieux corbeau fait le lien entre Clearstream et les frégates en adressant au juge van Ruymbeke des lettres et des cédéroms. Ces envois anonymes détaillent des comptes bancaires ouverts chez Clearstream et évoquent des transferts de fonds occultes au bénéfice de personnalités du monde industriel et politique français. Parmi les noms révélés peu de temps après figurent Alain Gomez, ex-dirigeant de Thomson-CSF (devenu Thalès), l'un des fabricants des frégates, Andrew Wang, l'intermédiaire taïwanais dans cette affaire, Philippe Delmas, vice-président d'Airbus, et Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Economie. En septembre 2004, les juges du pôle financier de Paris Jean-Marie d'Huy et Henri Pons sont saisis d'une enquête pour "dénonciations calomnieuses" après une plainte de M. Delmas.

- Les remous au sommet de l'Etat.
Deux ans plus tard, les envois anonymes se sont révélés être une vaste manipulation. Depuis mars 2006, les deux magistrats ont lancé plusieurs perquisitions pour tenter d'identifier le corbeau : bureau d'un informaticien d'EADS, Imad Lahoud, bureau du général Philippe Rondot (ancien responsable du renseignement au ministère de la Défense), siège de la DGSE, d'EADS et bureau de la ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie. Entre-temps, le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, puis Dominique Strauss-Kahn et Alain Madelin également cités sur la liste du corbeau, se sont constitués partie civile.

Photo d'ouverture : le siège de Clearstream au Luxembourg - AFP / JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN

le 28 avril 2006 à 16:19
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1 Commentaires

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  • Lvs, le 29/04/2006 à 10h15

    On entend partout que cette histoire et ces envois anonymes ne seraient qu'une vaste manipulation. En est-on vraiment sûr ? Pourquoi ce ne serait pas en fait la réalité ?

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