Villepin mènera "jusqu'au bout la bataille pour l'emploi"

le 06 avril 2006 à 11h21 , mis à jour le 06 avril 2006 à 16h07

Lors de sa conférence de presse mensuelle, le Premier ministre a demandé aux partenaires sociaux de "reconnaître que la flexibilité est un moyen nécessaire pour donner un emploi à tous". Il a reconnu avoir "voulu aller vite" sur le CPE pour obtenir des résultats. Il annonce son intention d'ouvrir "trois chantiers" pour lutter contre la précarité des jeunes.

TF1/LCI : Conférence de presse de Dominique de Villepin sur le CPEConférence de presse de Dominique de Villepin sur le CPE

Confronté à une crise sociale importante et une popularité au plus bas, le Premier ministre a voulu montrer jeudi matin qu'il tenait encore la barre du navire. En préambule de sa conférence de presse mensuelle, Dominique de Villepin est revenu de manière claire sur son propos énigmatique prononcé la veille à l'Assemblée : "Laissons les discussions se poursuivre. A l'issue de ce temps de concertation, nous tirerons ensemble les conclusions et nous ferons, sous l'autorité du président de la République, les choix nécessaires pour lutter contre le chômage", a déclaré le Premier ministre. Un peu plus tard, questionné sur une éventuelle démission, il a affirmé qu'il "mènerait jusqu'au bout la bataille de l'emploi" .

Interrogé sur les leçons qu'il tire de cette crise, Dominique de Villepin a de nouveau reconnu avoir "voulu aller vite, simplement parce que je veux des résultats pour les Français et surtout pour les jeunes". Mais la première leçon, selon lui, est que "nous nous sommes attaqués au noeud des difficultés françaises : le chômage des jeunes". "Ce problème a été enfin ouvert, il ne pourra plus être refermé", a-t-il affirmé.

"Priorité à l'apaisement"

Pour lui, aujourd'hui, "la priorité immédiate, nous le savons tous, c'est bien sûr l'apaisement". "Il est temps de sortir de la crise pour retrouver la sérénité et l'unité du pays", a-t-il ajouté. "Je souhaite en particulier que chacun exerce ses responsabilités pour permettre aux étudiants de retrouver leur université, comme aux lycéens de retourner à leurs cours", a-t-il dit. "Tout le monde doit pouvoir préparer et passer ses examens normalement".

Dominique de Villepin a voulu s'adresser à la jeunese : "Je veux dire à tous les jeunes qui expriment aujourd'hui leur inquiétude, qui se demandent si notre pays peut encore leur offrir des perspectives d'avenir. Oui, ils peuvent croire dans notre pays", a souligné le Premier ministre.

Défense du CPE

Si le ton était à l'apaisement, Dominique de Villepin a de nouveau défendu le CPE et s'est refusé à préjuger de son abrogation. "Je dis et je redis que le contrat première embauche est un outil qui a un objectif : c'est d'apporter plus d'embauches et plus d'emplois", a-t-il déclaré. "Qu'il y ait des inquiétudes et qu'il y ait des peurs, il est quand même normal qu'un chef de gouvernement les entende et les prenne en compte", a-t-il dit. "A partir de là, voyons comment nous pouvons faire mieux", a résumé le Premier ministre, en référence aux discussions entamées mercredi au Sénat entre parlementaires UMP et partenaires sociaux.

Trois "chantiers ouverts" contre l'exclusion

Evoquant les semaines à venir, le locataire de Matignon a annoncé l'ouverture de trois chantiers pour lutter contre la précarité des jeunes. Le premier chantier sera la "sécurisation des parcours professionnels", a expliqué le Premier ministre. "Nous devons permettre à tous les salariés d'avoir une vie professionnelle stable et de disposer de filets de sécurité efficaces en cas de difficulté", a-t-il dit. "

Le deuxième chantier est la "lutte contre la pauvreté et l'exclusion". Dominique de Villepin a notamment dit vouloir améliorer les conditions d'insertion des bénéficiaires des minima sociaux dans le monde du travail. Des dispositifs permettant de "valoriser le retour à l'emploi dès la première heure de travail" seront expérimentés dans des départements sur une base volontaire, a-t-il précisé.

Le troisième chantier sera le "renforcement des liens entre l'université et l'emploi". "Le gouvernement ouvrira dans les prochains jours avec (les ministres de l'Education et de l'Enseignement supérieur) Gilles de Robien et François Goulard un grand débat sur les liens entre université et emploi", a-t-il déclaré. 

"Le temps de la campagne viendra"

Interrogé sur l'attitude de Nicolas Sarkozy, absent de cette conférence de presse, le Premier ministre a expliqué que "l'une des fiertés, l'une des satisfactions qu' (il) a tout au long de ces longs mois, et à travers des crises difficiles (...), c'est que chacun à sa place donne le meilleur de lui-même". Dominique de Villepin a réitéré son refus des "jeux politiciens" à douze mois de la présidentielle, soulignant que "le temps de la campagne viendra".

Photo d'ouverture : Dominique de Villepin pendant sa conférence de presse mensuelle, axée sur le CPE - DR

le 06 avril 2006 à 11:21
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32 Commentaires

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  • Noe, le 06/04/2006 à 18h09

    Tenez bon Mr Villepin ne vous laissez pas abattre par ces glandeurs de syndicalists Marcelle de Haguenau

  • Dumas, le 06/04/2006 à 18h07

    Dans l'état de crise où se trouve la France, il n'y a qu'une façon d'en sortir : DÉMISSION DE L'EXÉCUTIF + DISSOLUTION DU LÉGISLATIF + ÉLECTIONS GÉNÉRALES ET VITE !

  • Cindi, le 06/04/2006 à 17h06

    En réponse à Pascal un peu de respect et un peu plus de réflexion. quel niveau intellectuel!!!j'en suis baba

  • HELENE, le 06/04/2006 à 16h54

    En fait ce sont nous les employeurs qui sommes en précarité ....de salariés, car l'instabilité notoire fait que le personnel ne reste pas ....plus de six mois,.Vous avez dit C.P.E ???

  • Ilena, le 06/04/2006 à 15h46

    Méchants anti-C.P.E qui bloquent Pedro de Paris, il ne va pas aux cours et résultat il fait plein de fautes.

  • Laure, le 06/04/2006 à 15h00

    Tiens bon Dominique on est avec toi ! Les sondages sont bidons et ceux qui sont dans la rue ne sont pas représentatifs de la vraie France qui travaille et qui n'a pas peur d'affronter la réalité.

  • Bob Linghen, le 06/04/2006 à 14h59

    Sa devise : "Je touche le fond mais je creuse encore".... c'est beau.

  • Lecomte, le 06/04/2006 à 14h27

    Villepin est le seul à proposer un plan pour les jeunes ! il fait preuve d'un certain courage

  • David, le 06/04/2006 à 14h08

    Villepin peut être fier de lui : avoir mis au grand jour un vrai problème et y apporter des solutions, un courage unique, rarement vu. Peut être que la manière n'était pas la meilleure mais rien n'est jamais parfait. Vive l'action et le franc parler.

  • Christian, le 06/04/2006 à 13h55

    La dernière bataille qu'il a mené c'est terminé par Waterloo, deux crises majeurs en six mois, ça suffit, qu'il reste dans l'ombre de Chirac jusqu'en 2007.

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