Amnesty International dénonce les brutalités policières impunies

le 23 mai 2006 à 17h37 , mis à jour le 23 mai 2006 à 19h47

L'ONG dénonce notamment dans le chapitre consacré à la France de son rapport 2006 "le racisme des policiers et d'autres agents de l'Etat" qui vise "les personnes de confession musulmane ou issues d'une minorité ethnique".

Policier contrôle Nice émeutes banlieues jeunes © lci

Dans son rapport mondial, dont la partie française a été présentée mardi matin à Paris par la présidente d'Amnesty France Geneviève Sévrin, l'organisation de défense des droits de l'Homme assure notamment que "les mauvais traitements et les homicides racistes imputables à la police depuis 10 ans ne sont pas des cas isolés". "Les auteurs présumés de tels actes ne sont toujours pas amenés à rendre des comptes de leurs actes devant la justice", déplore-t-elle.

  • En 2012, Amnesty milite pour un traité fort sur les ventes d'armes

    Dans son rapport annuel, l'ONG souligne que 2011 a montré que les peuples n'avaient plus peur de s'opposer à leurs dirigeants. Pour éviter que les armes soient encore utilisées comme instrument de répression, elle appelle à l'adoption d'un "traité fort" sur leur commerce en juillet à l'Onu.

    Publié le 24/05/2012 En 2012, Amnesty milite pour un traité fort sur les ventes d'armes
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Amnesty se base notamment sur une étude publiée en avril 2005 et portant sur les 10 dernières années dans laquelle sur 30 cas analysés, 18 sont des procès qui n'ont pas abouti ou ont donné lieu à des peines purement formelles. Amnesty précise que "le racisme des policiers et d'autres agents de l'Etat vise les personnes de confession musulmane ou issues d'une minorité ethnique". "Principalement originaires du Maghreb ou d'Afrique subsaharienne", précise Mme Sévrin.

"Terrain favorable à des risques de violences policières"

Patrick Delouvin, responsable du pôle action sur la France déplore que lorsque ce type d'alerte est envoyé au ministère de l'Interieur, "on nous dit, "vous vous trompez complètement, circulez, il n'y a rien à voir", et on met en avant les policiers blessés ou tués". "C'est justement parce que le travail de la police est indispensable qu'il doit s'effectuer sans bavure, sans discrimination et sans démarche raciste", renchérit Mme Sévrin.

Amnesty note à propos de l'Etat d'urgence décrété lors des émeutes de novembre et datant de la guerre d'Algérie qu'il a "créé un terrain favorable pour des risques de violences policières." "Ce n'est pas en faisant fi du droit et en étant dans des attitudes discriminantes que l'on résoudra des conflits dont les sources sont beaucoup plus profondes qu'une volonté de mettre le feu ou de tout casser", souligne la présidente de la section française.

L'impunité des agents de la force publique

L'organisation s'inquiète également, dans ce rapport portant sur l'année 2005, de la loi sur le terrorisme votée en décembre. Certaines des dispositions sont "liberticides", estime Mme Sévrin, citant notamment la prolongation de la garde à vue à 6 jours sans contrôle. Le rapport souligne que cette loi "supprime ainsi des garanties contre le recours à la torture et les mauvais traitements et renforce l'impunité de fait des agents de la force publique".

Le texte note enfin que "de nouvelles dispositions législatives et réglementaires ont restreint le droit de demander l'asile et celui de voir sa requête examinée au fond", notamment en terme de délais et d'accès à un traducteur. Amnesty dénonce notamment "la précipitation" avec laquelle la France, contrairement à l'Union européenne, a mis en place une liste de 18 "pays sûrs", dans laquelle on retrouve le Ghana, la Tanzanie, l'Albanie, la Géorgie "dont on sait que ce sont effectivement des pays champions des droits de l'Homme", ironise Mme Sévrin.

Les syndicats de police sont "révoltés

Les syndicats de police se sont déclarés "révoltés" par ce rapport. "C'est dans le droit fil de ce qu'ils sortent chaque année" et "cela vise à déstabiliser l'Etat de droit et la police républicaine", a déclaré Jean-Claude Delage, secrétaire général d'Alliance (1er syndicat de gardiens de la paix). Il s'agit, selon lui, "d'idées reçues" qui "font fi des policiers tués ou blessés". Ces propos sont, a-t-il ajouté, "indignes" d'une "organisation telle que celle-ci". Dominique Achispon, secrétaire général du Syndicat national des officiers de police (SNOP - majoritaire), a dénoncé ce rapport "rappelant que les policiers républicains travaillent sous la double autorité du ministère de l'Intérieur et, pour les officiers de police judiciaire (OPJ), des procureurs de la République" et "qu'à ce titre, ils doivent rendre des comptes". Il a indiqué que "lorsqu'il y a des violences illégitimes et des dérapages" il a "des enquêtes" et "ils font l'objet de poursuites". Bruno Beschizza, secrétaire général de Sunergie (2d syndicat d'officiers), a dénoncé les "donneurs de leçons qui veulent déstabiliser les policiers républicains quitte à créer un climat pour favoriser M. (Jean-Marie) Le Pen (le leader du Front national) pour le second tour de la présidentielle". 

(D'après AFP)

Image. Archives.DR.Contrôle policier pendant les émeutes dans les banlieues, en novembre 2005.

le 23 mai 2006 à 17:37
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4 Commentaires

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  • Fethi, le 23/05/2006 à 20h59

    Enfin un rapport qui denonce les exactions des services de l'etat. J'ai moi meme été victime de persecution policiere , j'ai porté plainte il y a 4 ans et je n'ai toujours pas de nouvelle de ma plainte. La France n'est décidement plus le pays des droits de l'homme et je suis le premier à le deplorer

  • Sket, le 23/05/2006 à 20h56

    Trop de droits tuent les droits (faiblesse des démocraties: des droits pour tous et que des droits; des devoirs pour personne.)

  • Laurent, le 23/05/2006 à 20h45

    Merci aux syndicats de reagir rapidement. Pour ma part, en tant que policier, je vais ne meme plus preter une queclonque attention a ce rapport. Encore un coup dans l'eau, pour tenter quoi? On se demande quelles sont leurs volontés, à part celles decrites au dessus? Quant à faire l'amalgame avec l'extreme droite, hum....

  • Laurent, le 23/05/2006 à 20h08

    Je veux exprimer ma solidarite avec ces policiers qui souvent au peril de leurs vies tentent de faire regner l'ordre dans les banlieues !! Le torchon d'amnesty finira comme chaque année dans la poubelle apres avoir crache sur les Etats Unis , L'angleterre et la France .Il est moins dangereux de denoncer les qq disfonctionnements de ce s democraties que de parler des horreurs commises au Soudan , en Arabie Saoudite ou en Iran .Il y a longtemps qu'Amnesty n'est de toutes facons plus credible !!!

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