© INTERNELa société Grande Paroisse, groupe Total, a été mise en examen mercredi en tant que personne morale pour homicides et blessures involontaires, par les juges d'instruction chargés de l'enquête sur l'explosion de son usine AZF de Toulouse le 21 septembre 2001. Le procureur de la République de Toulouse, Paul Michel, a précisé que la mise en examen de la société par les juges Thierry Perriquet et Didier Suc était conforme aux réquisitions du parquet. Elle fait suite à la présentation du rapport définitif des experts judiciaires aux parties civiles le 16 mai.
Le rapport final a conforté la piste d'un accident chimique favorisé par des négligences dans le fonctionnement de l'usine, contenue dans le premier rapport d'étape de juin 2002, qui avait conduit à la mise en examen de 13 salariés de l'entreprise et de sous-traitants. Seuls restaient mis en examen à ce jour pour homicides et blessures involontaires le directeur de l'usine, Serge Biechlin, et un manutentionnaire soupçonné d'être à l'origine d'un mélange malencontreux de produits incompatibles.
La thèse retenue par les experts d'un mélange malencontreux de quelques kilos de DCCNa (un produit chloré) avec 500 kilos de nitrate d'ammonium déversés sur le tas principal de nitrate, vingt minutes avant l'explosion, reste la pomme de discorde essentielle entre Total, qui la rejette, et les associations de victimes. Plusieurs associations de victimes de la catastrophe, qui a fait 30 morts et des milliers de blessés, demandaient depuis des mois la mise en examen du groupe Total comme personne morale. L'avocat de M. Biechlin et de Total, Me Daniel Soulez-Larivière, ne cesse de réaffirmer que les scénarii d'accident chimique sont "tous faux". Les juges ont rejeté sa demande d'une nouvelle reconstitution il y a une dizaine de jours.
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