François Hollande (LCI/TF1) © LCI/TF1Le ton monte au PS à l'approche de l'échéance de 2007 avec des contentieux entre le premier secrétaire François Hollande et les présidentiables. L'absence de tous ces présidentiables aux états généraux du projet à Marseille samedi est la dernière en date des querelles entourant la compétition pour la désignation du candidat socialiste à l'Elysée en 2007.
François Hollande s'était agacé de ces défections: "on est là tous les samedis, je ne sais pas où sont les autres". "Je leur conseille d'être eux-mêmes, mais aussi de ne pas trop nous oublier", avait renchéri Henri Emmanuelli, chargé de ces états généraux dont Marseille était la septième et avant-dernière étape.
"Ca cafouille"
Le maire de Paris Bertrand Delanoë leur a donné raison, mais a regretté que François Hollande ne soit pas intervenu "plus tôt" car, a-t-il dit, "ça cafouille". Pour les partisans de Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius, c'est pousser le bouchon un peu loin. François Hollande et Henri Emmanuelli ont en effet demandé aux présidentiables de ne plus s'exprimer en réunion plénière des états généraux et de limiter leurs interventions aux ateliers qui la précèdent. Le député Claude Bartolone, proche de Laurent Fabius, y voit la marque de la "duplicité" de François Hollande.
"Des campagnes individuelles effrénées"
Une accusation formulée de manière plus feutrée par les strauss-kahniens: le premier secrétaire "est dans son rôle quand il constate que, lorsque les présidentiables ne sont pas là, il n'y a pas de reprise dans les médias. Il l'est un peu moins quand il leur demande d'être présent mais leur refuse la parole dans les états généraux", a dit le député Jean-Christophe Cambadélis. Selon l'entourage d'Henri Emmanuelli, l'objet des réunions plénières est "de restituer la parole" des militants plutôt que de donner lieu à "un festival" des candidats à la candidature.
Jack Lang déplore "que le Premier secrétaire ait laissé s'ouvrir prématurément et sans aucune règle des campagnes individuelles effrénées et qu'il ait accepté que certains de ses proches prennent ouvertement parti en faveur de tel ou tel candidat". "L'équipe nationale du parti doit rester neutre", insiste-t-il. Selon Claude Bartolone, "le premier secrétaire organise le désordre", parce qu'il pense qu'il "peut lui donner l'occasion de se renforcer" dans la bataille interne pour 2007.
La "froide colère" de Ségolène
De son côté, Ségolène Royal n'entend pas se laisser faire. Selon le Journal du Dimanche, elle est entrée mardi dernier dans "une froide colère" contre son compagnon à l'idée qu'il pourrait soutenir Lionel Jospin. Julien Dray, un de ses proches, a démenti tout mécontentement. A propos des modalités du débat entre présidentiables réclamé par Laurent Fabius, Jack Lang et DSK, "elle a simplement dit: +On ne me fera pas faire n'importe quoi+", a-t-il souligné.
Des "bisbilles" qui n'intéressent pas DSK |
Dominique Strauss-Kahn a qualifié lundi de "bisbilles" la querelle interne sur l'absence des présidentiables aux états généraux du parti samedi dernier, ajoutant que cela ne l'"intéresse pas". "Les questions touchant au fonctionnement du parti ne relèvent pas de moi, elles relèvent du premier secrétaire. Je ne veux pas perdre de temps avec ça", a déclaré à la presse Dominique Strauss-Kahn, qui présentait son livre "365 jours - Journal contre le renoncement" (éditions Grasset), qui sort cette semaine. Interrogé sur les propos du maire de Paris Bertrand Delanoë sur la nécessité de remettre de l'ordre dans le parti, il a néanmoins répondu: "Il a raison", souhaitant aussi qu'il y ait "des règles claires" pour la désignation du candidat socialiste à l'Elysée.
(D'après AFP)
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