Le maire de Saint-Denis, Didier Paillard (PCF), a qualifié mardi d'"acte de banditisme dangereux et insupportable" le braquage commis lundi soir à la mairie par deux hommes armés qui voulaient obtenir des places au Stade de France. Treize personnes, des élus et militants socialistes, ont été menacées pendant quelques minutes par ces deux hommes cagoulés qui ont réclamé en vain des places pour la finale de la Ligue des champions de football mercredi entre Barcelone et Arsenal. Le maire de Saint-Denis se voit généralement confier pour l'occasion le soin de distribuer des places, qui s'échangeraient actuellement entre 1000 et 2000 euros au marché noir. "Aussi grotesque que cela puisse paraître, il semble que ces gens sont venus avec l'intention de récupérer des places pour la Champions League", a confirmé la préfecture.
Les assaillants ont interrompu lundi vers 21h45 une réunion de travail d'élus socialistes, au quatrième étage de la mairie, sans faire de blessés. Ils ont menacé physiquement certains élus, très choqués, en plaquant leurs armes de poing sur la tempe de plusieurs personnes, selon la préfecture de Seine-Saint-Denis. "Ils ont dit : on veut voir le maire, on veut les places", a rapporté Gilles Smadja, directeur de cabinet du maire, relatant les récits des victimes. Le maire, qui ne participait pas à cette réunion était présent en mairie. Les agresseurs ont ensuite demandé aux élus de se regrouper sous une table et leur ont ordonné de ne pas bouger avant de s'éloigner, selon la même source. Les élus ont alors appelé la police, qui s'est déployée pour sécuriser le périmètre, ont fouillé la mairie, sans trouver trace des deux individus.
Menaces physiques
"Nous avons été victimes d'un acte de banditisme. Un acte dangereux, insupportable, que nous condamnons et dénonçons avec la plus grande fermeté", a déclaré mardi le maire, lors d'un point presse, relevant l'attitude "très déterminée" des agresseurs. "Les braqueurs ont quitté la mairie, sans avoir atteint leur objectif", a précisé Didier Paillard qui fait la "supposition que ces deux hommes se sont laissés enfermer dans les bâtiments plus tôt" - au moment des faits, l'accès à la mairie était fermé. Didier Paillard, qui compte travailler "à revoir tout le process de sécurité" de l'hôtel de ville, a en outre précisé que la ville de Saint-Denis disposait de "150 invitations gratuites, où figure la mention 0 euro", destinées à être remises, juste avant le match, aux bénévoles, associatifs, clubs sportifs et personnes handicapées. Elles se trouvaient lundi soir dans un coffre, selon lui.
"La ville n'a aucune place payante", et "ceux qui sont venus ici en espérant trouver un trésor de guerre se sont totalement trompés d'adresse", a-t-il ajouté. Il a reconnu que les places pour les finales européennes au Stade de France "sont très convoitées" et qu'"il y a un intérêt à les revendre à prix fort". "Ce qui s'est passé hier soir ne change absolument rien à notre volonté de contribuer à faire de la finale de la Champions League un événement festif", a conclu le maire.
Image LCI. La mairie de Saint-Denis.
(D'après AFP)








