© INTERNEJusqu'à présent en seconde ligne, Jacques Chirac s'est retrouvé à son tour happé par la tourmente Clearstream, ténébreuse affaire dont les derniers rebondissements ont été qualifiés de "feuilletons médiatiques" par l'entourage du chef de l'Etat.
Le quotidien Le Monde a publié mercredi de larges extraits inédits de déclarations du général Philippe Rondot qui font référence à plusieurs reprises à des "instructions" données par le président Chirac pour enquêter sur l'affaire. L'entourage de M. Chirac a aussitôt démenti à nouveau que le président "ait demandé la moindre enquête visant des personnalités politiques dont le nom a pu être mentionné", dans les mêmes termes que vendredi dernier. Dans l'affaire Clearstream, des personnalités, dont Nicolas Sarkozy, ont été faussement accusées par un "corbeau" de détenir des comptes à l'étranger.
Dans son procès-verbal d'audition par les magistrats chargés de l'enquête, le général Rondot affirme que, lors de leur réunion du 9 janvier 2004 au Quai d'Orsay, "M. de Villepin (lui) a fait part des instructions qu'il avait reçues au sujet de cette affaire de listings de comptes Clearstream de la part de M. Chirac, président de la République". "Ces instructions étaient les suivantes, ajoute M. Rondot, il s'agissait de vérifier cette liste de comptes pour savoir si oui ou non les personnalités qui étaient citées possédaient un compte Clearstream".
"Flagrant délit de mensonge"
Selon Le Monde, le général ajoute que "la consigne du président de la République était également d'agir avec précaution, discernement et discrétion car l'affaire était grave".
Si le porte-parole du parti socialiste Julien Dray a affirmé mardi, avant la publication de ces déclarations, que "le meilleur service" que rendrait Jacques Chirac serait "de s'en aller", l'opposition s'est généralement gardée de mettre en cause directement le président à partir de ces informations de presse. Mais elle a accentué sa pression pour qu'il contraigne à la démission son Premier ministre Dominique de Villepin. Le député Vert Noël Mamère a ainsi déclaré que l'affaire concerne "directement le président de la République qui couvre un Premier ministre pris en flagrant délit de mensonge".
Quant à Nicolas Sarkozy, il n'a pas relâché la pression, loin s'en faut, en déclarant mercredi : "La vérité doit être connue et elle le sera".
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