Clearstream : Chevènement réclame des explications de Gergorin

le 07 mai 2006 à 19h26 , mis à jour le 07 mai 2006 à 19h52

Invité dimanche soir du "Grand Jury", Jean-Pierre Chevènement, dont le nom était cité dans l'affaire Clearstream tout comme Nicolas Sarkozy, a pointé la responsabilité d'EADS. Selon lui, le vice-président exécutif du groupe, Jean-Louis Gergorin, "devrait s'expliquer sur la place publique."

TF1/LCI : Clearstream : Jean-Pierre Chevènement invité du "Grand Jury" Clearstream : Jean-Pierre Chevènement invité du "Grand Jury"

Jean-Pierre Chevènement s'est déclaré dimanche "indigné" que son nom ait été "jeté en pâture" dans l'affaire Clearstream. "J'ai considéré qu'il y avait un grave dévoiement de la démocratie", a ajouté l'ancien ministre de la Défense, invité du "Grand Jury" de RTL, Le Figaro et LCI. Le nom de Jean-Pierre Chevènement figure, comme celui de Nicolas Sarkozy, dans les listes, diffusées par un corbeau et qui se sont révélées trafiquées, de personnalités accusées d'avoir un compte secret à l'étranger.

Poursuivant sur l'affaire Clearstream, l'ex-ministre de la Défense a accusé en substance le groupe EADS d'être à l'origine de cette affaire. "Ce n'est un mystère pour personne que de mauvaises moeurs se sont répandues dans notre industrie de l'armement depuis environ une quinzaine d'années", a jugé l'ancien ministre de la Défense, qui doit être entendu par la justice le 15 mai sur cette affaire, qui tire ses origines de la vente de frégates françaises à Taïwan.

"Au niveau d'EADS il y a un certain ménage à faire"

Jean-Pierre Chevènement a également jugé que Jean-Louis Gergorin, vice-président exécutif du groupe européen d'aéronautique et de défense EADS et proche de Dominique de Villepin, "est quand même pour quelque chose au départ" dans l'affaire Clearstream et "cela crée un lourd faisceau de présomptions". Jean-Louis Gergorin est soupçonné - ce qu'il a toujours nié - d'être un des corbeaux qui ont alimenté au printemps 2004 les juges d'instruction chargés de l'enquête sur les ventes de frégates à Taïwan en livrant des listes et des numéros de comptes occultes. Il a porté plainte.

"Au niveau d'EADS il y a un certain ménage à faire", a commenté Jean-Pierre Chevènement, pour qui "il y a de fortes présomptions que l'origine de cette affaire soit au sein de l'état-major d'EADS. M. Gergorin devrait s'expliquer sur la place publique. Il a déclaré ne vouloir s'expliquer que devant le juge mais le juge ne l'a pas convoqué et je demanderai au juge qu'il est temps qu'une plainte soit déposée pour faux et usage de faux", a indiqué Jean-Pierre Chevènement pour qui "la question qui est posée est de savoir qui est le corbeau".

Dernières déclarations sur l'affaire

  - Noël Mamère, député-maire Verts de Bègles, au cours du Forum Radio J : "Nous assistons maintenant à une succession comme dans les familles mafieuses : on sort les couteaux, on sort des fusils".
  - Pierre Mauroy, ancien Premier ministre socialiste : Jacques Chirac doit "tirer toutes les conséquences" de l'affaire Clearstream, "en prenant les mesures constitutionnelles pour revenir au calme. On n'est pas au bout de l'explication dans cette affaire extrêmement grave. M. de Villepin doit également prendre ses responsabilités, car cette affaire provoque des dégâts considérables à l'image de la France en Europe et dans le monde".
  - Jean-François Copé, porte-parole du gouvernement, lors du grand rendez-vous Europe 1-TV5 Monde-Le Parisien-Aujourd'hui en France, a dénoncé "la polémique, des bouts de phrases tronquées et (...) une certaine instrumentalisation. Ça, c'est vraiment quelque chose qui est tout à fait détestable (....) Il y a derrière ça une certaine forme d'acharnement, quand même."

Photo d'ouverture : Jean-Pierre Chevènement invité du "Grand Jury" - DR

le 07 mai 2006 à 19:26
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