11 mai 2006 : le ministre de la Justice annonce qu'il saisit l'inspection générale des services judiciaires au sujet de la rencontre secrète entre le juge Van Ruymbeke et M. Gergorin. Il a aussi ordonné l'ouverture d'une information judiciaire sur les fuites dans la presse. Après le monde politique, c'est le monde judiciaire qui vacille au travers de l'affaire Clearstream. Alors que plus une journée ne se passe sans que la presse ne publie des extraits de notes ou de procès-verbaux issus de la procédure en cours, le ministre de la Justice a décidé d'intervenir.
L'inspection des services judiciaires saisie
Devant la presse, convoquée par ses soins jeudi après-midi, Pascal Clément a annoncé sa "volonté de faire en sorte que la justice puisse travailler dans la sérénité, hors de toute pression, sans être instrumentalisée".(....) A la lumière de certaines informations aujourd'hui rendues publiques, j'ai pensé que les conditions de cette nécessaire sérénité ne sont pas réunies". "J'ai d'abord découvert avec stupéfaction les révélations relatives à des contacts secrets, non actés en procédure, entre un juge d'instruction (ndlr : Renaud Van Ruymbeke)... et une personnalité mise en cause depuis dans l'affaire Clearstream" (ndlr : M. Gorgerin), a-t-il poursuivi avant d'annoncer la série de mesures qu'il a prise.
"Dès que j'ai pris connaissance de cette information, j'ai demandé un rapport au premier président de la cour d'appel de Paris. La succession de révélations auxquelles nous avons assisté ce matin m'oblige à saisir l'inspection des services judiciaires". "Je souhaite, précise-t-il, que celle-ci travaille très rapidement afin que soit levé le soupçon qui pèse désormais sur ce magistrat ou, qu'au contraire, me soient donnés les éléments qui me permettront de saisir le Conseil supérieur de la magistrature d'une procédure disciplinaire.
"Ramener un peu de calme et de raison"
Concernant la publication de différentes pièces du dossier dans la presse, Pascal Clément a annoncé avoir donné pour instruction au procureur de Paris de requérir "l'ouverture d'une information judiciaire du chef de violation du secret de l'instruction". "Ce n'est pas seulement une violation flagrante de la loi, c'est surtout un trouble considérable qui met en péril l'œuvre de justice". "Ma volonté est de ramener un peu de calme et de raison dans une affaire qui me paraît le nécessiter", a-t-il dit en conclusion de son intervention.
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