Clearstream : le démenti du général Rondot

le 01 mai 2006 à 21h32 , mis à jour le 02 mai 2006 à 07h35

Dans les colonnes du Figaro, le général Rondot affirme n'avoir jamais reçu d'ordre de Dominique de Villepin d'enquêter sur Nicolas Sarkozy dans l'affaire Clearstream. La mention "Fixation Sarkozy. Méfiance" qu'il avait notée sur un carton serait "une réflexion personnelle et non un ordre d'enquêter".

TF1/LCI : la "Une" du Figaro : "Le général Rondot parle"La "Une" du Figaro : "Le général Rondot parle"

Dominique de Villepin va avoir l'occasion de s'expliquer longuement mardi sur l'affaire Clearstream qui secoue la classe politique française. Le Premier ministre est en interview ce matin sur Europe 1, plus tard il devra affronter les questions au gouvernement à l'Assemblée nationale après avoir rencontré les députés UMP en fin de matinée. Depuis vendredi les déclarations, les nouveaux éclairages et les informations inédites se succèdent dans ce dossier que certains n'hésitent pas à qualifier de "Watergate" français.

Vendredi, Le Monde relatait, en publiant des extraits de l'audition de Philippe Rondot par les juges en charge de l'enquête Clearstream, que le général leur aurait confié avoir été mandaté par Dominique de Villepin pour enquêter sur d'éventuels comptes à l'étranger détenus par Nicolas Sarkozy. Dès vendredi soir, le général avait dénoncé, par le biais de son entourage, une déformation de ses propos. Il s'explique à nouveau dans les colonnes du Figaro, qui titre : "Le général Rondot parle".

Le général Philippe Rondot y affirme que jamais Dominique de Villepin ne lui a demandé d'enquêter sur des hommes politiques et donc sur Nicolas Sarkozy dans le cadre de l'affaire Clearstream. Dans cette interview, le général Rondot assure que "son enquête s'est limitée à d'anciens fonctionnaires de la DGSE dont le nom est apparu dans les listes de Clearstream".

"Je suis instrumentalisé dans cette affaire"

Le général relate la rencontre du 9 janvier 2004 avec Dominique de Villepin, alors ministre des Affaires étrangères, à laquelle assistait le vice-président exécutif du groupe européen EADS, Jean-Louis Gergorin. "Le nom de Nicolas Sarkozy a bien été prononcé lors de cette conversation", ajoute le général qui note "alors sur un carton : fixation Sarkozy. méfiance". Mais le général assure qu'il s'agit "d'une réflexion personnelle et non d'un ordre d'enquêter". "Jamais je n'ai manipulé de listes pour faire apparaître le nom de Nicolas Sarkozy", ajoute le général.

"Je suis instrumentalisé dans cette affaire (...) Jamais Dominique de Villepin ne m'a ordonné de prendre pour cible Nicolas Sarkozy", avait fait savoir le général Rondot dès vendredi par son entourage, qui avait transmis le message à France 3. Un proche du général avait également confié, le même jour, au Figaro, que l'ex-agent de la DST était "scandalisé" par "l'utilisation biaisée" d'éléments tirés de la procédure.

Philippe Rondot, portrait du "maître espion"

Le général Philippe Rondot, l'un des principaux protagonistes de l'affaire Clearstream, a mené une longue et discrète carrière dans le renseignement, servant sans état d'âme gouvernements de gauche comme de droite. Ce général de division de 69 ans avait quitté, à sa demande, à la fin de l'année 2005 le ministère de la Défense où il était chargé, depuis 1997, de la coordination des services de renseignements et des opérations spéciales. Nommé à ce poste par le ministre socialiste de la Défense Alain Richard, il y avait été maintenu par Michèle Alliot-Marie, fidèle de Jacques Chirac. Le général Rondot a toujours cultivé la discrétion, l'un de ses rares portraits publiés dans la presse étant une vieille photographie d'identité en noir et blanc. Il était sorti de l'anonymat avec la capture du terroriste Carlos en août 1994 à Khartoum (Soudan), à l'issue d'une traque d'une vingtaine d'années dont l'avait chargé Alexandre de Marenches, patron du Sdece. Le général Rondot a aussi joué un rôle déterminant dans la libération d'otages français à Beyrouth en 1986, dans celle de la famille Valente en Lybie en 1990 et dans l'accueil en France du général chrétien libanais Michel Aoun, réfugié pendant près d'un an à l'ambassade de France à Beyrouth.

Photo d'ouverture : la "Une" du Figaro : "Le général Rondot parle" - DR

le 01 mai 2006 à 21:32
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15 Commentaires

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  • Benjamin, le 03/05/2006 à 11h04

    Il a bon dos, rondot...

  • Claude, le 03/05/2006 à 10h05

    Cette affaire suscite plus de questions que de réponses. A qui profite le crime ? Le corbeau ne serait il pas un copain des charognards qui sont en train de dépecer Villepin, Sarkosy et la démocratie tout à la fois ? Les journalistes n'en font ils pas un peu trop à toujours vouloir transformer la légitime concurrence entre deux candidats à la candidature en guerre impitoyable ? La concurrence n'est elle pas plus vive dans d'autres camps sans que cela intéresse qui que ce soit ? Que signifie la haine (féroce ?) très visible et laide, hier à l'assemblée (questions au gouvernement), sur les visages de Mme Royale et de son époux ? La haine est elle bonne conseillère ? Va t'on confier la direction de notre pays à quelqu'un qui n'est pas capable de se contenir ? La gauche ne devrait elle pas se souvenir de l'usage souvent personnel (bien moins transparent) qu'elle a fait des services secrets, de la gendarmerie et des renseignements généraux ? Claude, perplexe...

  • René, le 02/05/2006 à 18h02

    Être arrivé à ce niveau de la hiérarchie militaire et avoir des propos mal interprétés s´en est navrant de bêtise.Ou ce général ne sait pas s´exprimer(ce qui est trés grave à ce niveau)ou ce type est un fiéfé c....dans les deux cas,ce type n´avait pas sa place à l´échelon auquel il était au sein de l´armée française.Fermez le ban.

  • Florent, le 02/05/2006 à 08h04

    Ce monsieur a besoin d'écrire sur un carton ce que toute la France sait déjà. A son âge, et au vu de ce qu'il a fait, il devrait être mis à la retraite d'office.

  • Bruno, le 02/05/2006 à 05h57

    Cette affaire prend des allures d'une véritable chasse à cour répugnante. La droite parlementaire se désonhonneure en cherchant à achever l'un des siens déjà mortellement blessé politiquement sous l'oeil goguenard d'une gauche qui n'en demandait pas tant. Mon bulletin de vote ira désormais au jeune parti Alternative Libérale et j'encourage tous les électeurs de l'UMP qui se sentent aujourd'hui trahis et indignés d'en faire autant...

  • Vastre, le 02/05/2006 à 03h48

    Est-ce bien le job d'un ministre des affaires étrangères de s'occuper d'un listing de personnes ayant des comptes à l'étranger ? Difficile à comprendre. Mais le juge d'instruction doit le savoir.

  • Stephane roudin, le 02/05/2006 à 02h35

    Je crois que la gauche n'à plus de patience pour prendre le pouvoir et manigance par le bias de journaux qui intox le monde comme d'ailleurs "le monde" ou les syndicats ou les jeunes des unifs, la gauche joue un jeux très dangereux...

  • Jim, le 02/05/2006 à 01h39

    "Le nom de Nicolas Sarkozy a bien été prononcé lors de cette conversation". Pour faire "beau dans le paysage" ? Villepin aurait-il dit "J'adore Nicolas Sarkosy" ? Mon Général, ne nous prenez pas pour des "billes", dans le "jargon", le mot "fixation" a une signification TRES PRECISE. Un ex ...

  • Aziz Bouteflika, le 02/05/2006 à 01h11

    Et c'est ca notre elite....elle fait grave pitie....

  • GRESSE Paul, le 02/05/2006 à 00h13

    Une fois de plus,on constate le rôle difficilement qualifiable joué par la presse.Il est évidemment facile pour quelqu`un praticant la langue française et par définition tout journaliste digne(?) de ce nom, l`est- de déformer en douceur les déclarations d`un personnage qui, de par sa profession, peut difficilement contre-attaquer. Ii y a quelques années, un humoriste avait écrit à propos d`un homme politique connu :Mr X a déclaré....ce qui a été confirmé par un communiqué de démenti par le Ministre Y . De plus, il est difficile de croire que les journalistes responsables agissent en toute bonne foi.Alors Messieurs, faites votre travail et ne trompez pas vos lecteurs qui méritent un minimum de respect. ( voeu pieux)....

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