10 mai 2006 : mis en cause par plusieurs médias dans l'affaire Clearstream, Jean-Louis Gergorin demande à être déchargé de ses fonctions au sein d'EADS pour "se consacrer à sa défense".Jean-Louis Gergorin, mis en cause dans l'affaire Clearstream, a quitté la France, direction Londres. "J'ai fui la pression et les paparazzi. Je ne suis pas en fuite, je me tiens à la disposition de la justice en qui j'ai entièrement confiance", a-t-il déclaré au quotidien L'Est Républicain par téléphone. "Mais que les magistrats se rassurent, j'ai encore beaucoup de réserves pour eux", a-t-il précisé. Interrogé sur LCI, son avocat a déclaré que son client n'était pas en fuite et qu'il "soufflait un peu" dans la capitale britannique, où il a assisté vendredi à un colloque sur l'intelligence économique. Me Paul-Albert Iweins a précisé qu'il serait de retour à Paris "dans la semaine" - mardi, selon LCI.
A propos de l'informaticien Imad Lahoud, il explique: "j'ai été encouragé à (lui) venir en aide à sa sortie de prison. Je l'ai fait engager comme consultant à EADS. J'ai l'intention d'expliquer aux juges quelles sont les autorités qui m'ont encouragées à aider M. Lahoud et dans quelles circonstances". Concernant les listings de Clearstream, il affirme n'en avoir jamais parlé avec Lahoud. "J'en ai parlé uniquement avec ma source que je n'identifierai pas, sauf si elle change d'avis et m'y autorise", a-t-il ajouté.
"Tout étouffer"
L'ancien diplomate estime encore que le Premier ministre a "au départ vraiment cru que l'on était en présence d'un réseau". "Mais quand on a su que j'avais demandé à rencontrer le juge Van Ruymbeke, il y a eu un consensus dans la classe politique et dans le monde du renseignement pour tout étouffer", affirme-t-il, regrettant que Dominique de Villepin ait "pris autant de coups dans cette affaire".
"Confidentiel Défense"
Interrogé sur le fait qu'il n'ait pas été entendu à ce jour, il indique : "les juges Henri Pons et Jean-Marie D'Huy ont rapidement compris que c'était une affaire très complexe où je jouais un peu un rôle d'initiateur. Ils ont commencé par explorer toutes les branches de cette affaire avant de remonter au noeud. Par ailleurs, je pense que les juges ont des problèmes de procédure avec les carnets du général Rondot, car ces documents sont classifiés confidentiel défense".
L'ex vice-président de EADS a notamment avoué dans des confessions médiatiques être l'auteur d'envois anonymes parvenus en mai et juin 2004 au juge d'instruction Renaud van Ruymbeke, dans lesquels apparaissent les noms d'hommes politiques, dont celui de Nicolas Sarkozy. "Dorénavant, je réserverai mes déclarations à la justice", a-t-il assuré.
D'après AFP
(Image d'archive LCI/TF1 : Jean-Louis Gergorin)
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