Clearstream : MAM fait front à l'Assemblée

Par FL et AG (avec afp), le 09 mai 2006 à 17h14 , mis à jour le 09 mai 2006 à 18h41

Face aux interrogations insistantes des élus socialistes sur l'affaire Clearstream lors de la séance des questions au gouvernement, la ministre de la Défense est montée au créneau. Elle a notamment déclaré qu'elle attendait de recevoir des juges "les demandes précises" des documents à déclassifier dans ce dossier.

TF1/LCI : Clearstream : Michèle Alliot-Marie lors des questions au gouvernementClearstream : Michèle Alliot-Marie lors des questions au gouvernement

Une nouvelle fois, l'affaire Clearstream a largement pesé, mardi à l'Assemblée, sur la séance des questions au gouvernement. Principale visée par les questions du groupe socialiste : Michèle Alliot-Marie. A deux reprises et dans les mêmes termes, la ministre de la Défense a été appelée à fournir des explications sur le rôle de son ministère dans ce dossier.

Par le député du Tarn Paul Quilès tout d'abord. "Je voudrais savoir si votre conseiller (ndlr : le général Rondot) a entrepris des actions visant des personnalités politiques sans vous en avertir, et si c'est le cas, à la demande de qui ? Comment la DGSE, qui est sous votre autorité, a-t-il pu être impliquée dans cette affaire ? Un service important de l'Etat a-t-il été mis au service d'une ambition personnelle et carriériste ?" (...) Dernière question : "Pourquoi la commission consultative du secret-défense n'a-t-elle pas été saisie de la demande du juge chargé de l'affaire, de levée du secret défense sur les listings informatiques saisis au siège d'EADS ?"

A cette première volée de questions la ministre de la Défense n' a pas répondu, laissant son collègue de la Justice Pascal Clément s'en charger, sous un tollé de protestations des parlementaires socialistes. "Imaginez une seconde qu'un membre du gouvernement réponde aux questions que vous posez... Qu'est-ce qu'il resterait du secret instruction ?

"Le général Rondot a reçu des instructions. Bien entendu, de moi"

Mais quelques minutes plus tard, Eric Besson, renonçant à poser sa propre question, reprenait mot pour mot celles posées par Paul Quilès, lançant à Michèle Alliot-Marie : "nous ne comprenons pas votre silence !". La ministre s'est alors levée : "Il n'y a aucune raison pour que je ne réponde pas dans le domaine de mes compétences et en respectant le secret de l'instruction", a-t-elle lancé. Le ton est sec, les traits du visage tendus. "Nous sommes tenus par des textes et je tiens, comme ministre, et comme juriste, à ce que les règles de fonctionnement de l'Etat soient respectées", enchaîne-t-elle.

"C'est ce qui vous expliquera que, lorsque nous avons été saisis d'un listing comprenant le nom de personnes du ministère de la Défense, sur proposition du général Rondot, une enquête a été menée. Bien entendu strictement dans le domaine de notre compétence, qui est celui soit des actions menées à l'extérieur du territoire national, soit des personnels du ministère de la Défense. Le général Rondot a reçu des instructions en ce sens. Bien entendu, des instructions de moi."

"Préoccupations de carrière" de certains

Concernant la commission consultative du secret-défense (CCSDN) : "si elle n'a pas été saisie d'un certain nombre de demandes, c'est uniquement parce que, à ce jour, les demandes précises ne m'ont pas été transmises (par les juges, ndlr) ainsi que le prévoit la procédure", a expliqué Michèle Alliot-Marie sous les applaudissements nourris des parlementaires UMP.

Enfin, sans citer de noms, la ministre de la Défense a dénoncé les "ambitions personnelles" et les "préoccupations de carrière" de certains dans l'affaire Clearstream.

Déclassification de documents : explications

Le secrétaire général de la CCSDN, Joël Tixier, a indiqué mardi que la commission n'avait pas encore étudié le dossier car elle n'avait reçu, à ce jour, "aucune saisine de l'autorité compétente administrative". Les juges ont adressé au ministre de la Défense une demande aux fins de déclassification des informations contenues dans le disque dur saisi au siège d'EADS. Par courrier en date du 3 août, Michèle Alliot-Marie a demandé aux juges de préciser les pièces contenues dans ce disque. "En effet, le ministre de la Défense n'est habilité à déclassifier que les documents relevant du secret de la Défense nationale, et classifiés par ses services, à l'exclusion de tout autre", a fait valoir le ministère. Michèle Alliot-Marie ne peut donc demander de lever le secret défense pour l'ensemble des documents. Il appartient aux juges de saisir les ministères compétents en fonction des documents répertoriés (Défense, Intérieur, Industrie...), a expliqué Joël Tixier.

Photo :  Michèle Alliot-Marie lors des questions au gouvernement - DR

Par FL et AG (avec afp) le 09 mai 2006 à 17:14
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6 Commentaires

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  • VAstre, le 10/05/2006 à 11h30

    Les citoyens couillons comme moi n'entendent rien à cette affaire pour une simple raison : ils sont assez naïfs pour croire qu'un juge peut avoir accès à tout, en raison de la séparation des pouvoirs. Ils ne sont pas capables d'imaginer qu'un ministre puisse cacher (classification confidentiel défense) puis détruire des documents avant de permettre aux juges d'accéder aux archives. Il faudrait expliquer aux crétins de base quels moyens sont à disposition des gouvernants pour dissimuler leurs turpitudes. C'est le devoir des journalistes et peut-être aussi des juges. Dans le doute, on va s'abstenir de voter, ce qui profitera à "qui vous savez". Et 2007 ressemblera à 2002 !

  • Desmaret Michel, le 09/05/2006 à 22h34

    Elle a une autre carrure que Royale! une carrure de Presidente. MD (Chantilly)

  • Damien, le 09/05/2006 à 22h02

    Les Socialistes font pitié de ne trouver que cette Affaire ClearStream pour trouver des voix qu'elles n'ont pas !! Et pour cause, le PS ferait meiux de se pencher sur des faits concrets auxquels les Français s'interressent.

  • MATHIEU, le 09/05/2006 à 21h34

    Je pense que la position de Madame ALLIOT MARIE est tout à fait légitime . En effet les socialistes ne cherchent qu'à instrumentaliser cette affaire et cherchent également à bafouer l'institution judiciaire.

  • Ll, le 09/05/2006 à 20h19

    TOUT EST DIT par MAM , le parlement n'est pas un tribunal ...." il n'y a aucune raison pour que je ne réponde pas dans le domaine de mes compétences et en respectant le secret de l'instruction Nous sommes tenus par des textes et je tiens, comme ministre, et comme juriste, à ce que les règles de fonctionnement de l'Etat soient respectées"

  • Qu'estce, le 09/05/2006 à 19h03

    Je trouve son discours beaucoup trop totalitariste c'est flippant.

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