
Le Conseil supérieur de la magistrature aurait dû communiquer mercredi à la Chancellerie son projet d'avis sur la nomination du juge d'instruction Renaud van Ruymbeke comme président de chambre à la cour d'appel de Paris. Mais le CSM a décidé de suspendre sa décision "dans l'attente d'éclaircissements" sur une rencontre secrète avec Jean-Louis Gergorin, soupçonné d'être lié dans l'affaire Clearstream, selon une source judiciaire proche de l'AFP.
Cette rencontre "hors procédure" du juge avec Gergorin, l'un des dirigeants du groupe aéronautique EADS, qui vient d'être déchargé de ses fonctions pour "se consacrer à sa défense", a suscité des "interrogations" chez certains membres du CSM, a-t-on indiqué de même source dès mercredi soir. Le ministre de la Justice Pascal Clément a, quant à lui, demandé au 1er président de la cour d'appel de Paris, supérieur hiérarchique du juge d'instruction Renaud Van Ruymbeke, de recueillir les explications du magistrat sur ses déclarations dans l'affaire Clearstream.
"Des raisons procédurales"
Le juge d'instruction van Ruymbeke a demandé il y a plusieurs mois à quitter le pôle financier du parquet de Paris pour être nommé à la cour d'appel. Les avis du CSM, favorables ou non, qui concernent au total environ mille mouvements de magistrats, doivent être communiqués officiellement au ministre de la Justice Pascal Clément le 18 mai pour une prise de fonction à la rentrée. La nomination du juge, qui a fait savoir qu'il souhaitait rester au pôle financier du TGI de Paris jusqu'à la fin de l'année pour boucler ses dossiers, selon la même source, semblait acquise jusqu'à ce qu'il révèle sa rencontre avec M. Gergorin.
Dans une interview publiée par Le Monde daté jeudi, le juge a raconté avoir rencontré Jean-Louis Gergorin pour parler de l'affaire Clearstream au cabinet d'un avocat, Thibault de Montbrial. "J'aurais préféré qu'il témoigne mais j'avais, avec l'avocat, un engagement de confidentialité. Je ne les ai pas encouragés à m'écrire", a précisé le juge. Selon lui, M. Gergorin s'est dit "menacé de mort" et lui a expliqué que dans ces conditions, il ne pouvait pas "faire de déposition officielle". Dans une interview publiée par l'hebdomadaire Le Point, le journaliste confident du général Philippe Rondot, Stéphane Denis, affirme qu'à la suite de cette rencontre, "le magistrat aurait demandé qu'on lui envoie plutôt un courrier anonyme pour des raisons procédurales".
D'après AFP
(Image LCI/TF1 : Renaud van Ruymbeke)
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