Clearstream: Rondot décline les convocations de la justice

le 14 mai 2006 à 07h30 , mis à jour le 14 mai 2006 à 22h36

Le général Philippe Rondot ne se rendra pas aux convocations de la justice dans l'affaire Clearstream. Il l'affirme dans un entretien avec Le Journal du Dimanche. Ce personnage clé de l'affaire affirme que ses notes ne sont que des "mémos" publiés par la presse "à des fins douteuses".

TF1/LCI : le général Philippe Rondot. Photo publiée en Une du JDDLe général Philippe Rondot. Photo publiée en Une du JDD

Nouveau rebondissement dans l'affaire Clearstream ce dimanche matin. Philippe Rondot ne se rendra pas aux convocations de la justice dans l'affaire Clearstream. Il s'en explique dans les colonnes du Journal du Dimanche: "J'ai demandé (...) à bénéficier du statut de témoin assisté pour avoir accès au dossier d'instruction, ne serait-ce que pour consulter mes propres notes et agendas", explique-t-il. "Les juges n'ont même pas daigné répondre. C'est la raison pour laquelle je ne me rendrai pas aux deux convocations qui m'ont été adressées", dit-il. "Et si on veut m'y conduire de force, ce qui est vraisemblable, je refuserai de répondre aux questions qui me seront posées", affirme encore le général Rondot

"Traité comme un voyou"

Philippe Rondot, qui avait déjà été entendu le 28 mars, doit être entendu à nouveau les 18 et 22 mai par les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons qui enquêtent sur l'affaire Clearstream. "Je ne crois plus dans l'instruction menée par ces juges (...) Mon audition a été longue et éprouvante", poursuit le général Rondot. "J'étais décontenancé. N'ayant rien à me reprocher, j'ai répondu honnêtement", ajoute-t-il, "sans pouvoir me référer à mes documents, et en faisant quelques confusions. J'ai été traité de menteur, ils m'ont menacé et traité comme un voyou. ça m'a choqué".

"Les listings sont un montage"

TF1/LCI : la Une du JDD présentant l'interview du général Philippe Rondot
La Une du JDD présentant l'interview
du général Philippe Rondot - DR
Interrogé sur les notes citant des personnalités politiques qui s'estiment mises en cause dans l'affaire, l'ex-conseiller spécial du ministère de la Défense répond : "Ce ne sont que des memos, pour garder un souvenir de discussions parfois décousues (...) la presse choisit de n'en publier que certains extraits à des fins douteuses, pour mettre en cause le président de la République, Dominique de Villepin et Michèle Alliot-Marie". Les notes du général concernant l'affaire Clearstream, prises en 2004 et 2005, accablantes pour Dominique de Villepin et Jacques Chirac, ont été publiées dans l'édition du Monde datée de vendredi. "Il n'a jamais été question d'enquêter sur Nicolas Sarkozy ou sur d'autres hommes politiques dont les noms sont apparus sur les listings", ajoute le général Rondot, pour qui "en juillet 2004, il est clairement établi que les listings des comptes Clearstream sont un montage". Le Premier ministre avait chargé le général, lors d'une réunion le 9 janvier 2004, de vérifier l'existence de comptes bancaires à l'étranger attribués à des personnalités.

Compte caché de Chirac: "une non-affaire"

Questionné sur l'existence d'un "compte caché" de Jacques Chirac au Japon, il répond : "c'est une non-affaire". Philippe Rondot affirme encore : "Mon sentiment, c'est que Jean-Louis Gergorin (ndlr : l'un des dirigeants d'EADS supposé être le corbeau dans l'affaire) est à l'origine de l'affaire avec Imad Lahoud (ndlr : l'informaticien qui eu accès aux listings), et que Dominique de Villepin était de bonne foi". Le général Rondot tient, par ailleurs, Nicolas Sarkozy pour "une victime, car son nom apparaît dans une liste, tardivement". "Il s'agit d'une calomnie. Mais de là à dire qu'il était une cible, je n'en sais rien", dit-il encore. "Je n'ai subi aucune pression, et n'ai eu aucun contact avec l'Elysée, Matignon ou le ministère de la Défense au cours des dernières semaines", déclare encore le général Rondot. "J"ai vécu péniblement le fait que l'on se serve de mes documents pour salir le président de la République et Dominique de Villepin", a-t-il conclu.

Photo d'ouverture : le général Philippe Rondot. Photo publiée en Une du JDD - DR 

(D'après AFP)

le 14 mai 2006 à 07:30
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3 Commentaires

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  • Hamid, le 14/05/2006 à 11h15

    C'est écoeurant tout ça!! La seule question que je me pose: Nicolas Sarkozy qui ne jure que par la transparence et la vérité, a t-il vraiment dit tout ce qu'il sait sur cette sale affaire? Que s'est il passé pendant son entretien avec Jacques Chirac?

  • Dan, le 14/05/2006 à 10h03

    De toute façon, quelque soit l'issue de cette affaire et qu'importe qui manipule qui, tout ça est inacceptable, intolérable dans un pays qui se dit démocratique...J'espère qu'en 2007 les électeurs Français s'en souviendront et, par leur vote, porteront haut l'exigeance morale et l'éthique du monde politique....

  • Lohey, le 14/05/2006 à 09h07

    Etonnant que le général Philippe Rondot découvre comment fonctionne la justice française. Encore plus étonnant qu'il semble trouver normal qu'être harcelé, insulté, choqué soit une procédure judiciaire acceptable sauf pour lui.

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