Il ne s'est pas rendu, de gré, à ses convocations chez le juge. Il s'y rendra donc de force. C'est ce qu'a requis jeudi soir le parquet de Paris à l'encontre du général Philippe Rondot, témoin capital de l'affaire Clearstream, a-t-on appris vendredi de source judiciaire. Un peu plus tôt dans la journée de jeudi, les magistrats jean-Marie d'Huy et Henri Pons avaient rédigé un procès-verbal de carence, constatant que l'officier général ne s'était pas rendu à leur convocation, conformément à ce qu'il avait annoncé dans la presse. Ils avaient ensuite saisi le parquet.
"On attend sereinement que les juges viennent le chercher (ndlr : le général), a déclaré sur LCI.fr son avocat maître Eric Morain. Mon client ne résistera pas". Cette interpellation devrait intervenir lundi prochain, date initialement prévue pour sa deuxième audition. Mais une fois dans le bureau des juges, Philippe Rondot ne répondra vraisemblablement pas aux questions des juges. "Nous assistons à une instruction qui n'a plus ni queue ni tête, déplore maître Morain. On continue à entendre les mauvaises personnes et pas les bonnes. Il y a eu trois perquisitions chez mon client, il a été auditionné pendant quatorze heures. C'est inédit de faire peser autant d'obligations sur une personne sans lui apporter un minimum de statut. Le général Philippe Rondot demande juste à être assisté d'un avocat pendant ses auditions".
Les contradictions du général
Ex-conseiller pour le renseignement et les opérations spéciales (Cros) du ministre de la Défense de 1997 à 2005 avait reçu deux convocations pour l'entendre comme témoin les jeudi 18 et lundi 22 mai. Dans une interview exclusive dans la dernière édition du Journal du Dimanche, le général Rondot avait prévenu que sa demande de bénéficier du statut de témoin assisté ayant été laissée sans réponse, il ne se rendrait pas aux convocations. "Si on veut m'y conduire de force (...) je refuserai de répondre aux questions qui me seront posées", avait-il ajouté.
Lors d'une première audition devant les juges le 28 mars, le général Rondot avait expliqué qu'il avait été chargé en janvier 2004 par Dominique de Villepin, sur "instructions" de Jacques Chirac, d'enquêter sur les comptes présumés de personnalités, dont Nicolas Sarkozy, citées dans les listings Clearstream. Faisant machine arrière, le général Rondot a finalement exonéré dans le JDD le Premier ministre et le président de la République, expliquant que Villepin ne lui a jamais demandé "d'enquêter" sur son rival ou d'"autres hommes politiques".
Le co-pdt d'EADS demande le licenciement de Gergorin |
Noël Forgeard, a demandé que soit engagée "une procédure de licenciement à l'encontre de Jean-Louis Gergorin", l'un des vice-présidents du groupe, mis en cause dans l'affaire Clearstream, a annoncé EADS vendredi. Jean-Louis Gergorin avait été déchargé de ses fonctions à sa demande depuis le 10 mai pour "se consacrer à sa défense". Tout en rejetant le terme de "corbeau" de Clearstream, il a notamment avoué dans des confessions médiatiques être l'auteur d'envois anonymes parvenus en mai et juin 2004 au juge d'instruction van Ruymbeke. (D'après AFP) |
(Photo reprise sur la Une de l'edition du JDD dans lequel s'est exprimé le Général Rondot)






