
C'est à sa demande que le ministre de l'Intérieur devrait être entendu la semaine prochaine par les juges chargés de l'enquête sur l'affaire Clearstream. Selon des élus UMP, Nicolas Sarkozy sera auditionné par les juges financiers Henri Pons et Jean-Marie d'Huy, en tant que partie civile dans le cadre de l'enquête sur les dénonciations calomnieuses d'un "corbeau".
Vendredi, en début de matinée, Jacques Chirac l'a reçu à l'Elysée pendant près d'une heure, lors d'un rendez-vous qui ne figurait pas dans leurs agendas respectifs. Les entourages des deux hommes ont gardé le silence sur le contenu de l'entretien, une source proche du président de l'UMP se bornant à évoquer une "ambiance confiante". De son côté, Dominique de Villepin a reçu dans la matinée à Matignon la ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie, qui avait exprimé la veille sur France 2 sa "colère" après avoir découvert que le nom de son conjoint, le député UMP Patrick Ollier, avait été évoqué dans le cadre de l'affaire Clearstream. Dominique de Villepin et Mme Alliot-Marie ont "marqué leur commune exigence de vérité et de justice dans le dossier des dénonciations calomnieuses", a fait savoir Matignon.
"Il faut que cela s'arrête"
Le Premier ministre a ensuite déjeuné à Matignon avec deux fidèles chiraquiens, le président de l'Assemblée nationale Jean-Louis Debré et le ministre délégué aux Relations avec le Parlement, Henri Cuq. Du côté de la majorité, le climat restait lourd. Selon des sources parlementaires, les députés catastrophés font savoir à l'Elysée "qu'il faut que cela s'arrête", en référence aux rebondissement successifs de cette semaine. Interrogé sur France Inter, le député UMP Hervé de Charette, à l'instar de Raymond Barre la veille, a demandé au président Chirac "de sortir de son silence" car c'est lui qui a "toutes les cartes en mains".
Le camp villepiniste s'affichait rassuré par la combativité du Premier ministre, songeant déjà aux réglements de compte à venir. Si Villepin réussit à prouver sa bonne foi, "Borloo a du souci à se faire", a expliqué une source proche du gouvernement. Le ministre de la Cohésion sociale s'est en effet "démené" ces derniers jours pour préparer la succession de Dominique de Villepin, selon plusieurs sources proches du gouvernement. En tout cas, selon des sources concordantes, villepinistes et sarkozystes semblent au moins d'accord sur un point : un responsable politique de haut niveau n'a pas à démissionner sur la base d'articles de presse (ndlr : la publication du procès-verbal de l'audition du général Philippe Rondot, au centre de la polémique). (AFP)
(Nicolas Sarkozy ce matin à l'Elysée/DR)
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