Clearstream : Nicolas Sarkozy sur France 2"La vérité sera dite par les juges et je leur fais confiance". Mardi soir sur France 2, Nicolas Sarkozy a refusé de faire part de "soupçons" et répété qu'il restait au gouvernement, s'en remettant à la Justice pour établir la "vérité" dans l'affaire Clearstream.
"Je n'ai pas à avoir de soupçons à l'encontre de qui que ce soit", a déclaré le président de l'UMP, interviewé au journal de 20h. "Je veux savoir qui m'a mis dans les fichiers d'une banque dont j'ignorais l'existence", a-t-il cependant ajouté. "Je veux savoir qui m'a mis dedans et pourquoi (...) ce n'est ni Bayrou ni Hollande qui le diront", a-t-il déclaré, quelques heures après le rejet de la motion de censure déposée par les socialistes, à laquelle se sont ralliés onze députés de l'UDF, dont son président François Bayrou.
"La Justice est saisie, qu'elle dise le droit et qu'elle dise la vérité et pour le reste, moi j'ai à travailler", a ajouté le ministre de l'Intérieur, alors qu'il était interrogé sur la question de savoir s'il pouvait rester au gouvernement dans ce contexte. "Comment voulez-vous que je quitte le gouvernement alors que je n'ai pas la réponse de la Justice?" s'est-il interrogé, en citant les projets de loi qu'il doit présenter, notamment sur les délinquants sexuels et la répression des mineurs multi-récidivistes. "Si j'avais quitté le gouvernement avant même d'avoir la réponse de la Justice, cela signifierait que j'anticiperais sur la Justice, et que la victime que je suis s'instaurerait en justicier".
"Je veux savoir"
Interrogé alors sur ses déclarations de ce week-end devant 1.500 cadres de son parti, lorsqu'il avait affirmé : "Je sais ce que mon coeur me dit de faire mais je sais aussi ce que ma raison m'impose", le ministre de l'Intérieur a une nouvelle fois justifié : "Il arrive parfois que mon coeur écoute mon tempérament, mais j'ai des responsabilités. Et en tant que ministre de l'Intérieur comme en tant que président du premier parti de France, mes responsabilités consistaient à rester au gouvernement".
Concernant les listings de comptes de Clearstream, Nicolas Sarkozy a affirmé n'avoir jamais su que son nom était mentionné dans cette affaire, et a répété sur France 2 qu'il l'avait appris par Le Figaro, juste avant de se constituer partie civile, le 31 janvier 2006. "Je veux savoir pourquoi je me suis trouvé titulaire de deux comptes et pourquoi le juge van Ruymbeke a lancé deux commissions rogatoires internationales à mon nom pour savoir si les rétro-commissions des frégates de Taïwan, dossier que je n'ai jamais touché ni de près ni de loin, si j'avais pu les mettre sur des comptes qui n'existaient pas", a détaillé Nicolas Sarkozy.
"Est-ce que vous avez été blessé?", lui a-t-on demandé. "Beaucoup", a-t-il répondu. "Comme je n'ai pas accepté que mon honneur soit bafoué, et que suis un honnête homme, je demande à la justice de faire le clair. Il y a une manipulation, je veux savoir qui est derrière. Quand la Justice dira la vérité on verra les conséquences à en tirer."
Photo d'ouverture : Nicolas Sarkozy mardi soir sur France 2 - DR
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