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Clearstream : vers une extension de la saisine des juges ?


le 15 mai 2006 à 15h30
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3min
TF1/LCI Clearstream banque Luxembourg
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SociétéLes auditions des parties civiles se sont poursuivies lundi, avec Strauss-Kahn et Chevènement. La saisine des juges Huy et Pons pourrait bientôt être élargie. Imad Lahoud ayant évoqué "sa relation avec les services de renseignements", la DGSE répond - et nie avoir recruté l'informaticien.

Dominique Strauss-Kahn, puis Jean-Pierre Chevènement ont été entendus à tour de rôle lundi par l'un des juges enquêtant sur le "corbeau" de Clearstream. "M. Strauss-Kahn a confirmé aux juges sa qualité de victime. Il leur a demandé de s'assurer du nom des personnes qui ont fabriqué le listing sur lequel son nom apparaissait", a déclaré à la presse l'avocat du député du Val-d'Oise, Jean Veil, après l'audition de son client. Un peu plus tard dans l'après-midi, Jean-Pierre Chevènement, sortant à son tour du bureau du juge, a évoqué au sujet de l'affaire Clearstream un "attentat à la démocratie" et indiqué avoir posé aux juges "la question de savoir qui sont les hommes, les réseaux, les intérêts qui étaient derrière le corbeau et bien sûr, qui était ce corbeau".

Pour l'heure, les juges Huy et Pons, chargés de déterminer qui est ce "corbeau", ne sont saisis que de faits de "dénonciation calomnieuse". Mais l'extension de la saisine des juges semble déjà acquise, la société Clearstream ayant porté plainte fin avril pour "faux, usage de faux et vol". Selon une source judiciaire, le parquet devrait prendre des réquisitions pour l'extension de la saisine dès qu'il sera directement informé des demandes en ce sens.

Imad Lahoud "n'a jamais été recruté ni rémunéré ni mandaté" par la DGSE 

Concernant un autre aspect de ce dossier très médiatique, à savoir les "fuites" de pièces du dossier dans la presse, deux juges d'instruction, Françoise Desset et Thomas Cassuto, ont été désignés pour enquêter sur la violation du secret de l'instruction. Ils devront tenter d'identifier les sources des "fuites". Le parquet a précisé que le réquisitoire introductif vise "18 articles publiés entre le 14 avril et le 12 mai 2006 dans différents quotidiens et hebdomadaires". Le ministre de la Justice Pascal Clément avait demandé jeudi dernier l'ouverture d'une information sur la violation du secret de l'instruction. Il avait aussi demandé une enquête interne sur les méthodes du juge Ruymbeke dans cette affaire - l'ajournement de la promotion du juge a été confirmée ce lundi par le ministère de la Justice, et selon une source proche du dossier, Renaud van Ruymbeke s'est longuement expliqué avec son supérieur hiérarchique.

Parallèlement, les déclarations publiques et démentis de parties prenantes au dossier se poursuivent. Une des personnes soupçonnées d'avoir participé à la manipulation, l'informaticien Imad Lahoud, a affirmé dimanche ne pas être le "corbeau", une accusation dont se défend également l'ancien dirigeant d'EADS Jean-Louis Gergorin. Imad Lahoud a dit s'être intéressé au listing Clearstream "au tout début de (sa) relation avec les services de renseignements français". Mais lundi, une source proche de la Direction générale de la sécurité extérieure a assuré qu'Imad Lahoud "n'a jamais été recruté ni rémunéré ni mandaté pour aucune mission en France", et n'a "jamais franchi le seuil des locaux" de la DGSE.

En janvier 2003, précise-t-on de source proche de la DGSE, "il a été demandé à la DGSE, d'entrer en contact" avec Imad Lahoud qui "prétendait pouvoir livrer des documents sur des opérations bancaires réalisées par Oussama ben Laden au début 2001". Mais les vérifications et la dizaine d'entretiens avec l'informaticien entamées par la DGSE n'auraient jamais rien donné. "Le 2 juillet 2003, il a donc été décidé de mettre fin à toute relation avec M. Lahoud en raison de l'absence totale de crédibilité de ses affirmations. Depuis cette date, il n'a plus jamais été revu par la DGSE".

Photo d'ouverture : le siège de Clearstream - DR

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