
Le quotidien Libération, sur la foi de notes qu'il présente comme celles du contre-espionnage français, assure samedi que la DST a informé dès octobre 2004 Dominique de Villepin que l'affaire des listings de Clearstream, accusant certaines personnalités politiques, était une manipulation. Celui qui était alors ministre de l'Intérieur avait déjà été alerté d'une possible manipulation par l'agent secret Philippe Rondot à l'issue d'une première enquête sur la question, commanditée en janvier de la même année.
Le 23 octobre 2004, le directeur de la DST, Pierre de Bousquet de Florian, adresse une note place Beauvau. "J'ai sur vos instructions recherché des éclairages sur cette affaire présentée comme d'Etat", écrit-il."Immédiatement, des renseignements obtenus d'une liaison étrangère nous laissaient supposer une manipulation opérée à partir d'un listing ancien de la société Clearstream probablement volé en 2000", poursuit la note.
Toujours pas de mobile...
Le chef du contre-espionnage français reconnaît que l'origine et les mobiles de cette "manipulation" n'ont pu être identifiés. Il suggère cependant de rechercher du côté "des affaires anciennes ayant opposé M. Lagardère et Gomez", anciens PDG des groupes Lagardère et Thomson, aujourd'hui Thales. Pour la DST, la "lutte des clans" au sein d'EADS est au coeur de l'affaire. "A-t-on voulu relancer, élargir, éclairer ou au contraire obscurcir l'ancienne affaire des frégates?", s'interroge Pierre de Bousquet de Florian.
Par ailleurs, des policiers de la Division nationale des investigations financières ont effectué vendredi des perquisitions chez François Heilbronner, ancien collaborateur de Jacques Chirac à Matignon et beau-père d'Imad Lahoud, un expert informatique qui aurait eu en main les fameux listings. Les policiers ont aussi rendu visite à Marwan Lahoud, frère d'Imad Lahoud et PDG du missilier européen MBDA, détenu à 37,5% par EADS.
(Image LCI archive : Dominique de Villepin)
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