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L'ex Clemenceau a accosté au port de Brest


le 17 mai 2006 à 07h14
Temps de lecture
4min
TF1/LCI Le Clemenceau dans le goulet de Brest
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SociétéL'ex-porte-avions Clemenceau a accosté mercredi matin à 10H00 dans le port militaire de Brest, où il sera inspecté de fond en comble dans les prochains mois pour préparer son démantèlement.

Après sa lamentable odyssée de plusieurs mois dans les eaux internationales, l'ex-porte-avions Clemenceau, a accosté mercredi matin à 10H00 dans le port militaire de Brest, où il sera inspecté de fond en comble dans les prochains mois pour préparer son démantèlement. L'ex-Clemenceau, devenu officiellement la coque inerte "Q 790", a commencé à être amarré à l'épi N.4 de la base navale, l'emplacement qu'il avait occupé en 1961, au début de sa longue carrière de 36 ans dans la Marine. La phase d'amarrage devrait durer deux jours.

Manoeuvres délicates

Les délicates manoeuvres d'approche ont été menées, sous un ciel nuageux mais dans des conditions météorologiques très calmes, par une dizaine de remorqueurs et de pousseurs de la Marine. Des militaires sont montés sur le pont et des membres du groupe d'intervention rapide (fusiliers commandos) se sont postés devant tous les postes d'accès à la vieille coque. Près d'une dizaine d'embarcations légères de commandos de marine étaient prêtes à faire respecter l'arrêté du préfet maritime interdisant l'approche du convoi dans un rayon de 300 mètres. Des hélicoptères complétaient le dispositif de surveillance du convoi, au terme d'un voyage de 18.000 km de Toulon à la Bretagne en passant par les côtes indiennes.

Sous un ciel nuageux mais avec une bonne visibilité, une quarantaine de curieux étaient présents au phare du petit Minou marquant l'entrée du goulet de Brest pour apercevoir passer le "Clem", escorté de bâtiments militaires. "Je suis venu le voir parce qu'il navigue encore. C'est mieux que de voir un tas de ferraille au port", a déclaré Jean-Yvon Lhospital, un ancien taulier de l'arsenal qui a participé à la construction du navire.

"Un après-Clemenceau"

"C'est la fin d'une histoire et le début d'une autre", a estimé pour sa part le directeur des opérations de Greenpeace France, Yannick Jadot, également présent devant le phare. "Il y aura clairement un après-Clemenceau. On voit la France s'engager à mettre en place des structures de démantèlement. On voit aussi l'Inde et le Bangladesh refuser des bateaux. Le démantèlement ne pourra plus se faire sur le dos des travailleurs indiens", a ajouté le responsable de l'organisation écologiste, qui avait lutté contre le départ de l'ex-porte-avions de Toulon, son ancien port d'attache, vers les chantiers indiens le 31 décembre 2005.

La marée haute étant prévue à 08H21, le convoi devait franchir le goulet environ une heure avant pour profiter du courant de la marée montante.

En rade jusqu'à l'été 2008

La coque, longue de 266 m et large de 51 m, fera d'ici fin mai l'objet de travaux de sécurisation, pour que des experts, mais aussi des élus, des associations et les médias puissent y pénétrer. Le Q-790 devrait rester près de deux ans dans la rade de Brest pour subir les examens et expertises nécessaires à son démantèlement. Alors que le ministère de la Défense estime qu'il ne reste que 46 tonnes de matériaux amiantés à bord, l'organisation écologiste Greenpeace évoque 500 à 1.000 tonnes.

Ce travail d'expertise des quantités de matériaux dangereux restant à bord devrait s'étaler de juillet à septembre/octobre. Sur cette base, un appel d'offres pour le démantèlement sera lancé, avec objectif de passer un marché fin 2006 ou début 2007. Mais personne ne sait aujourd'hui quelle sera la durée de ce démantèlement, ni où il aura lieu : à Brest, ailleurs en France, en Europe... ou en Inde. La DCN a été la première à se dire partante pour une partie du travail. Autre entreprise intéressée, Sita, filiale de Suez environnement. La presse a aussi cité les noms de Veolia Environnement et Dupuy, spécialisé dans le recyclage de l'acier et des métaux non ferreux.

En tout état de cause, Michèle Alliot-Marie s'est engagé à ce que le Q 790 ait quitté la rade bretonne avant l'été 2008, date des grandes fêtes quadriennales de la ville. Après plusieurs semaines de péripéties politico-judiciaires et la décision du Conseil d'Etat suspendant son transfert vers l'Inde, où il devait finir d'être désamianté avant son démantèlement, Jacques Chirac avait décidé le 15 février le rapatriement de l'ancien fleuron de la marine.

Photo : le porte-avions Clemenceau mercredi matin dans le goulet de Brest.

Commenter cet article

  • Louis : J'aimerai savoir combien cette petite balade de ce tas de feraille a couté aux contribuables......pour rien?

    Le 17/05/2006 à 11h48
  • Le sagard : Faisons comme les americains,le porte avions a traversé des oceans et des mers pourquoi na pas l'avoir coulé dans les profondeurs,les ecolos auraient crié au scandale pendant quinze jours et on n'en parlait plus

    Le 17/05/2006 à 11h20
  • Philippe : Les américains doivent bien s'amuser, eux qui, disposant d'un bâtiment similaire dont ils voulaient également se débarrasser, l'ont amené aux large des cotes, et l'ont coulé....

    Le 17/05/2006 à 09h25
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