© INTERNEAprès sa lamentable odyssée de plusieurs mois dans les eaux internationales, le Q 790, ex-porte-avions Clemenceau, approche des cotes bretonnes. Lundi matin, il se trouvait à la hauteur de l'île d'Oléron. Il est attendu mercredi à 7H15 à l'entrée du goulet de Brest. Le convoi bénéficie d'un vent portant de sud-sud-ouest compris entre 10 et 30 km/h. Mercredi, le temps s'annonce nuageux avec quelques éclaircies et la mer devrait être peu agitée et belle dans le goulet. Un petit vent de 20 km/h est prévu. Un arrêté du préfet maritime interdit, dans un rayon de 300 m, l'approche du convoi de quelque 800 m de long, remorque comprise, désormais accompagné par la frégate Germinal, bâtiment porte-hélicoptère de la Marine nationale.
"Tout se passe très bien et tout est prêt pour son arrivée", a commenté Jean-Marie Figue, porte-parole de la préfecture maritime. D'ores et déjà, l'épi n°4 du port, où la coque doit être amarrée, a été dégagé. Et les mesures de sécurisation pour accueillir l'ancien fleuron de la marine nationale se peaufinent.
Programme de réception
-A l'heure H-3, une équipe extérieure prendra en charge les manoeuvres d'approche et 13 personnes seront "déposées" sur la coque pour organiser l'arrivée de "cet engin inerte" qui n'a ni moteur, ni électricité à bord.
-A H-2, trois marins-pompiers, deux mécaniciens et un chef de plage viendront renforcer le dispositif. Trois quarts d'heure avant, la coque sera prise en charge par un nouvel ensemble de remorquage, soit civil soit militaire.
-A l'heure H, l'ex-Clemenceau "franchira les passes". Pour cela, le vent ne devra pas dépasser 20 noeuds de travers, le courant être inférieur ou égal à 0,5 noeud et la marée à son maximum.
-A H +1, dix embarcations entoureront la coque pour piloter son accostage. Entre le passage du goulet et sa présentation à l'épi n°4 où elle doit être amarrée, l'opération durera 1H10.
En rade jusqu'à l'été 2008
La coque, longue de 266 m et large de 51 m, fera d'ici fin mai l'objet de travaux de sécurisation, pour que des experts, mais aussi des élus, des associations et les médias puissent y pénétrer. Le Q-790 devrait rester près de deux ans dans la rade de Brest pour subir les examens et expertises nécessaires à son démantèlement. Alors que le ministère de la Défense estime qu'il ne reste que 46 tonnes de matériaux amiantés à bord, l'organisation écologiste Greenpeace évoque 500 à 1.000 tonnes.
Ce travail d'expertise des quantités de matériaux dangereux restant à bord devrait s'étaler de juillet à septembre/octobre. Sur cette base, un appel d'offres pour le démantèlement sera lancé, avec objectif de passer un marché fin 2006 ou début 2007. Mais personne ne sait aujourd'hui quelle sera la durée de ce démantèlement, ni où il aura lieu : à Brest, ailleurs en France, en Europe... ou en Inde. La DCN a été la première à se dire partante pour une partie du travail. Autre entreprise intéressée, Sita, filiale de Suez environnement. La presse a aussi cité les noms de Veolia Environnement et Dupuy, spécialisé dans le recyclage de l'acier et des métaux non ferreux.
En tout état de cause, Michèle Alliot-Marie s'est engagé à ce que le Q 790 ait quitté la rade bretonne avant l'été 2008, date des grandes fêtes quadriennales de la ville. Après plusieurs semaines de péripéties politico-judiciaires et la décision du Conseil d'Etat suspendant son transfert vers l'Inde, où il devait finir d'être désamianté avant son démantèlement, Jacques Chirac avait décidé le 15 février le rapatriement de l'ancien fleuron de la marine.
Photo : le porte-avions Clemenceau (DR, archives)
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