Constitution européenne : "Nonistes" et "Ouiouistes" au point mort

le 29 mai 2006 à 05h00 , mis à jour le 29 mai 2006 à 09h35

Un an après le non français à la Constitution européenne, les têtes d'affiche de la campagne référendaire puisent dans le choix du 29 mai 2005 des arguments en faveur de leur choix. Mais on ne distingue aucun plan de relance de l'Europe.

livre constitution ue

Chez les "nonistes", un rejet salutaire

Marie-Georges Buffet (PCF) : "Le 29 mai a donné lieu à un formidable débat populaire et citoyen et ce débat n'est pas retombé depuis. La mobilisation contre le CPE en témoigne, il y a un retour à la politique. Aujourd'hui, la mobilisation se poursuit pour une rupture avec les logiques libérales" et pour " un programme de gauche de rupture avec le libéralisme".

Laurent Fabius (PS) : "C'est la crise européenne préexistante qui a débouché sur le non et pas le non qui a débouché sur la crise. Mais il faut préparer une relance européenne". Il estime que l'Union européenne a commencé après ce signal "à porter davantage d'attention au social" même si l'on est "encore très loin du compte". Néanmoins, Laurent Fabius estime que l'Europe ne va pas mieux, d'où ses propositions pour relancer l'Union. Il cite deux exemples, "construire une politique de l'énergie en commun" et mettre en oeuvre "des coopérations renforcées entre Etats" pour la recherche, le fiscal, le social.

Philippe de Villiers (MPF) : "Les Français ont rejeté la dérive fédéraliste de l'UE. L'Europe qui est devant nous, c'est une Europe à géométrie variable organisée autour de projets" où la Commission européenne, symbole du pouvoir européen, "n'est plus qu'un secrétariat administratif". Le président du MPF se désole malgré tout que pour l'instant, "la classe dirigeante fasse comme si le oui l'avait emporté".

Chez les partisans du oui, les remises en question

François Hollande (PS) : "Le 29 mai, c'est plus qu'une mauvaise humeur, plus qu'un coup de colère, c'est aussi l'expression d'une volonté positive d'une Europe plus sociale, plus solidaire, plus cohérente", et qui "ne soit pas regardée comme une menace. Aujourd'hui, c'est la réponse que nous devons apporter".

François Bayrou (UDF) : "Les Français n'ont pas dit non à l'Union européenne mais à une impression que l'avenir serait décidé sans eux. Il faut en revenir à l'idée fédérale fondatrice qui est le respect de l'identité des différentes entités qui composent l'ensemble. Il faut rejeter toute opération de bricolage et de rapiéçage" sur la Constitution.

Nicolas Sarkozy (UMP) veut mettre au point un texte de Constitution européenne "plus court, fondé sur la première partie du traité", c'est-à-dire celle qui "organise le fonctionnement de l'Europe à 25". Le président de l'UMP estime que "les petits pays ne doivent pas pouvoir empêcher les autres de prendre des initiatives". Il ne s'agit pas d' "un présidium, d'une domination" des grands pays, mais l'Union européenne ne peut pas avoir pour "règle d'avancer au rythme de celui qui veut avancer le moins vite". Ainsi souhaite-t-il que les six principaux pays de l'Union - l'Allemagne, le Royaume Uni, l'Espagne, l'Italie, la France mais aussi la Pologne -, représentant 75% de l'Union, "jouent un véritable rôle de moteur de l'Union européenne".resserré" ferait l'objet "le moment venu d'une approbation par le Parlement".

le 29 mai 2006 à 05:00
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

15 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Nono, le 29/05/2006 à 11h41

    Pendant que nos polistichiens dissertent sur les conséquences du NON, la Chine et l'Inde appuie sur l'accélérateur à croissance, l'Iran s'atomise, et nous pauvres spectateurs d'une tragédie Chiraquienne agonisante, nous nous appauvrissons...en attendant un virtuel Hérault des temps modernes capable de relever le pays de sa misérable condition...

  • Xx, le 29/05/2006 à 11h07

    Meme nos amis allemands nous laissent tomber pour se rapprocher en rampant des americains. nous sommes bien seul. Chirac est un très bon analyste, mais un bien mauvais medecin, ses remedes ne valent rien.

  • Xx, le 29/05/2006 à 11h06

    Il est certain que les grands gagnants sont les anglais et leur allié americain, la France est en declin. La France ne peut que se taire et faire une guerre de tranchée au sein des instutions pour defendre nos intérets.

  • Bernard, le 29/05/2006 à 10h09

    Les media français négligent toujours de dire que 15 pays ont déjà ratifié la Constitution. Et ce n'est pas fini. En fait, le vrai problème de l'Europe, c'est la France.

  • Damien, le 29/05/2006 à 10h05

    Fabius est un Gros Menteur... travaillant dans une Institution Européenne, je vous affirme que c'est bien le Non qui a créer cette Crise qui n'est que le début !! La France a été la locomotive et avec le Non, elle va passer en Wagon de Queue avec tous les inconveinients que ça va créer !! Et avec 1 an de Non, on voit bien que rien n'a changé !! Ou est votre plan "B" Monsieur Fabius ?

  • Florent, le 29/05/2006 à 10h04

    Après avoir voté NON, les Français seraient bien inspirés de voter en 2007 pour quelqu'un(e) qui a porté ce NON, à droite ou à gauche. Et, de préférence, quelqu'un qui ne prend pas sa douche en eaux pas trop "claires" (Clearstream !!!).

  • Olivier, le 29/05/2006 à 09h47

    Tout ça pour ça, merci les Francais d'avoir encore une fois r6alé pour strictement rien a part bloquer tout le système. C'est vrai que raler et faire la grêve vous êtes pas les derniers...mais bon en europe y en a d'autre qui aimeraient un peu avancer et bosser ( et pas 35h - 10 de grêve)

  • Olivier, le 29/05/2006 à 09h26

    Ils sont où ceux qui gueulaient à n'en plus finir sur le projet de Constitution ? Ceux qui promettaient monts et merveilles une fois le projet retiré ? Où sont les propositions concrètes ?

  • Le sagard, le 29/05/2006 à 09h14

    Le non a été une victoire,mais Chirac en installant un gouvernement qu'avec des gens du oui,a provoqué le statu quo pour faire croire que le non avait été une mauvaise chose,mais aucun de nos ministres n'a ecouter le peuple francais pour construire leur Europe,pire beaucoup de tenor dont Barnier et Sarko propose un texte allégé et coter par le parlement,honteux

  • Benjamin, le 29/05/2006 à 09h03

    Il y a un sondage récent qui confirme que les français sont encore hostiles à la constitution un an après, c'est dommage que vous n'en parliez pas.

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience