
Chez les "nonistes", un rejet salutaire
Marie-Georges Buffet (PCF) : "Le 29 mai a donné lieu à un formidable débat populaire et citoyen et ce débat n'est pas retombé depuis. La mobilisation contre le CPE en témoigne, il y a un retour à la politique. Aujourd'hui, la mobilisation se poursuit pour une rupture avec les logiques libérales" et pour " un programme de gauche de rupture avec le libéralisme".
Laurent Fabius (PS) : "C'est la crise européenne préexistante qui a débouché sur le non et pas le non qui a débouché sur la crise. Mais il faut préparer une relance européenne". Il estime que l'Union européenne a commencé après ce signal "à porter davantage d'attention au social" même si l'on est "encore très loin du compte". Néanmoins, Laurent Fabius estime que l'Europe ne va pas mieux, d'où ses propositions pour relancer l'Union. Il cite deux exemples, "construire une politique de l'énergie en commun" et mettre en oeuvre "des coopérations renforcées entre Etats" pour la recherche, le fiscal, le social.
Philippe de Villiers (MPF) : "Les Français ont rejeté la dérive fédéraliste de l'UE. L'Europe qui est devant nous, c'est une Europe à géométrie variable organisée autour de projets" où la Commission européenne, symbole du pouvoir européen, "n'est plus qu'un secrétariat administratif". Le président du MPF se désole malgré tout que pour l'instant, "la classe dirigeante fasse comme si le oui l'avait emporté".
Chez les partisans du oui, les remises en question
François Hollande (PS) : "Le 29 mai, c'est plus qu'une mauvaise humeur, plus qu'un coup de colère, c'est aussi l'expression d'une volonté positive d'une Europe plus sociale, plus solidaire, plus cohérente", et qui "ne soit pas regardée comme une menace. Aujourd'hui, c'est la réponse que nous devons apporter".
François Bayrou (UDF) : "Les Français n'ont pas dit non à l'Union européenne mais à une impression que l'avenir serait décidé sans eux. Il faut en revenir à l'idée fédérale fondatrice qui est le respect de l'identité des différentes entités qui composent l'ensemble. Il faut rejeter toute opération de bricolage et de rapiéçage" sur la Constitution.
Nicolas Sarkozy (UMP) veut mettre au point un texte de Constitution européenne "plus court, fondé sur la première partie du traité", c'est-à-dire celle qui "organise le fonctionnement de l'Europe à 25". Le président de l'UMP estime que "les petits pays ne doivent pas pouvoir empêcher les autres de prendre des initiatives". Il ne s'agit pas d' "un présidium, d'une domination" des grands pays, mais l'Union européenne ne peut pas avoir pour "règle d'avancer au rythme de celui qui veut avancer le moins vite". Ainsi souhaite-t-il que les six principaux pays de l'Union - l'Allemagne, le Royaume Uni, l'Espagne, l'Italie, la France mais aussi la Pologne -, représentant 75% de l'Union, "jouent un véritable rôle de moteur de l'Union européenne".resserré" ferait l'objet "le moment venu d'une approbation par le Parlement".
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