© INA"Il y a eu un contact ces derniers jours entre l'Elysée et le général Philippe Rondot". C'est ce qu'a affirmé vendredi matin sur RTL Stéphane Denis, journaliste et parent de l'officier. L'entourage de Jacques Chirac a démenti un peu plus tard tout "contact entre l'Elysée et M. Rondot"
A l'hebdomadaire Le Point paru jeudi, le journaliste avait déjà déclaré à propos de Philippe Rondot, que "ces derniers jours, Chirac ne l'a pas laissé tomber." "Il est bien le seul", avait-il ajouté. Stéphane Denis affirmait également avoir servi de messager pour informer le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy de l'enquête. Interrogé sur RTL sur un éventuel contact avec Nicolas Sarkozy depuis son interview donné au Point où il décrit sa rencontre avec le ministre le 1er avril 2005 à propos de Clearstream, Stéphane Denis a répondu : "Absolument pas".
De son côté, le ministre de l'Intérieur a démenti avoir évoqué l'affaire avec Stéphane Denis. "Si les cinq notes classifiées qui sont encore dans la possession du ministre de l'Intérieur sont déclassifiées", "l'identité du corbeau" sera révélée, a souligné le journaliste. Le général Rondot "a eu la certitude en mars (2004, ndlr) que c'était faux depuis le début" et "a prévenu Michèle Alliot-Marie (ministre de la Défense, ndlr) et Dominique de Villepin", a déclaré Stéphane Denis. "Au cours d'un épisode particulier, il a eu la certitude que l'actuel Premier ministre allait trop loin", qu'il y avait "une volonté d'exploiter cette affaire contre Nicolas Sarkozy", a-t-il souligné.
Nouvelles convocations pour Rondot
L'officier spécialiste du renseignement aujourd'hui à la retraite sera convoqué les 18 et 22 mai devant les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons en charge de l'enquête sur de fausses dénonciations, a-t-on appris vendredi auprès de son avocat Me Eric Morain. Il sera amené à préciser les déclarations qu'il a déjà faites devant les magistrats instructeurs qui l'ont déjà interrogé le 28 mars et dont l'intégralité du compte-rendu est publié dans l'Express de ce jeudi.
Il sera aussi appelé à commenter des notes qu'il avait prises en 2004 et 2005, et dont des extraits, accablants pour Dominique de Villepin et Jacques Chirac, ont été publiés dans l'édition du Monde datée de vendredi. "Si nous apparaissons, le PR (Président de la République, ndlr) et moi, nous sautons", aurait par exemple déclaré le Premier ministre le 19 juillet 2004 au général Rondot. Le Premier ministre avait chargé le général, lors d'une réunion le 9 janvier 2004, de vérifier l'existence de comptes bancaires à l'étranger attribués à des personnalités. En outre, Me Morain a rappelé vendredi qu'il a demandé pour son client le statut de "témoin assisté" afin d'avoir accès au dossier, et qu'il n'avait "aucune nouvelle" de cette demande vendredi matin.
Photo : Philippe Rondot (archives LCI/TF1, crédit INA)
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