Ségolène Royal s'exprimant sur la délinquance lors d'une réunion publique à BondySégolène Royal veut faire mieux que Nicolas Sarkozy pour lutter contre la délinquance. La candidate à l'investiture socialiste pour 2007 a ainsi affirmé mercredi soir qu'il fallait "plus de fermeté mais une fermeté juste et bien ciblée". Elle s'exprimait depuis Bondy, en Seine-Saint-Denis, non loin de Clichy-sous-Bois et Montfermeil qui connaissent un regain de violences, six mois après les émeutes de l'automne 2005. A ses côtés, les maires socialistes de Clichy-sous-bois et de Bondy mais également Elisabeth Guigou et Roland Dumas.
"Le premier enjeu, c'est de tarir la source de la délinquance", a assuré la candidate à l'investiture socialiste au cours de ce discours, en dénonçant "la faillite du ministre de l'Intérieur" Nicolas Sarkozy. Selon elle, "il est possible de rétablir un ordre juste et une sécurité durable avec fermeté et la volonté d'arrêter la production massive de la délinquance".
"A courir après Nicolas Sarkozy on ne le combat pas, on le légitime"
Par quels moyens ? Ségolène Royal a évoqué quelques solutions. Par exemple la mise sous tutelle des allocations familiales et un "encadrement à dimension militaire" afin de lutter contre la délinquance des jeunes. La présidente de Poitou-Charentes a ainsi regretté la suppression du service militaire et déclaré : "Si on veut donner une nouvelle chance aux jeunes au premier acte de délinquance, il faut des systèmes d'encadrement à dimension militaire, avec des actions humanitaires, des orientations vers l'apprentissage des métiers, avec le passage du permis de conduire et le réapprentissange de la citoyenneté".
"Il faut épauler les familles, ne pas les disqualifier et quand les incivilités se multiplient, avoir un système d'obligation pour les parents de faire des stages dans des écoles de parents, avoir des systèmes de mise sous tutelle des allocations familiales, comme c'est le cas aujourd'hui, mais dans des logiques éducatives de réinsertion des parents", a encore dit Ségolène Royal. Elle a préconisé un système de "tuteur des collégiens", "c'est-à-dire qu'il y ait dans les classes deux adultes au lieu d'un, l'enseignant qui transmet le savoir et un adulte qui établit la discipline".
Dominique Strauss-Kahn, a lui aussi, critiqué mercredi à Nice l'action de Nicolas Sarkozy dans les banlieues, estimant qu'il ne faisait "pas bien son travail". "Les incidents se mutiplient, les problèmes de fond n'ont pas été traités", a regretté l'ancien ministre de l'Economie et des Finances qui tenait une réunion-débat sur le thème de la "société précaire". Plus critique à l'égard de Ségolène Royal, le député PS Jean-Christophe Cambadélis, proche de Dominique Strauss-Kahn, a reproché à la candidate à l'investiture PS d'avoir fait un "dérapage". "La militarisation de la sécurité, ce n'est pas l'ordre juste mais juste l'ordre", a-t-il ajouté. "A courir après Nicolas Sarkozy on ne le combat pas, on le légitime", a souligné encore le député de Paris, pour qui "il faut faire baisser la violence dans la société", mais "cela passe par des règles et de la justice sociale".
Photo d'ouverture : Ségolène Royal s'exprimant sur la délinquance lors d'une réunion publique à Bondy - DR
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