Déportation : condamnation requise contre l'Etat et la SNCF

le 16 mai 2006 à 15h10 , mis à jour le 16 mai 2006 à 22h17

Une condamnation de l'Etat et de la SNCF a été requise, mardi devant le tribunal administratif de Toulouse, en raison de leur rôle dans le transport en train vers le camp de Drancy de deux membres de la famille du député européen Verts Alain Lipietz.

TF1/LCI Alain Lipietz député européen

C'est une première en France. Une condamnation de l'Etat et de la SNCF a été requise, ce mardi devant le tribunal administratif de Toulouse, pour leur rôle dans le transport en train vers le camp de Drancy de deux membres de la famille du député européen Verts Alain Lipietz.

Plus d'infos

Le commissaire du gouvernement, Jean-Christophe Truilhé, a demandé qu'une somme totale de 60.000 euros, à la charge de l'Etat pour les 2/3 et de la SNCF pour le tiers restant, soit attribuée à l'oncle et à Alain et Hélène Lipietz, conseillère régionale Verts d'Ile-de-France, ayants-droit de leur père, aujourd'hui décédé. L'affaire a été mise en délibéré et le jugement sera notifié dans un délai maximal de trois semaines.

Complicité de crimes contre l'humanité

La famille d'Alain Lipietz poursuivait l'Etat et la SNCF pour complicité de crimes contre l'humanité, en raison de leur rôle dans le transport en train de Toulouse vers le camp de Drancy de deux des leurs, le père du député européen et de son oncle. Pour le député européen, "le rapport du commissaire du gouvernement restera dans l'Histoire". "C'était d'une certaine façon un réquisitoire contre la façon dont la France a jusqu'en 1990 et l'arrêt Pelletier et la décision du Conseil d'Etat pour entretenir sa fiction d'une France libre et résistante à occulter totalement ses propres responsabilités", a-t-il ajouté.

La SNCF réfute

Dans sa plaidoirie, Me Yves Baudelot, le défenseur de la SNCF, a rejeté la responsabilité de l'entreprise publique estimant que "s'il n'y avait aucun doute que la SNCF a fait circuler des convois", elle avait agi "sous le statut de la réquisition" et n'avait en aucun cas "pris l'initiative". La position de l'Etat n'a quant à elle pas été défendue, aucun représentant de l'Etat n'ayant participé à l'audience du tribunal administratif de Toulouse, ville d'où le père d'Alain et d'Hélène Lipietz et leur oncle, arrêtés à Pau, avaient été envoyés vers le camp de Drancy le 10 mai 1944.

Image LCI. Alain Lipietz. DR.

(D'après AFP)

le 16 mai 2006 à 15:10
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18 Commentaires

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  • Thomas, le 17/05/2006 à 04h58

    Alors les Français d'aujourd'hui doivent payer pour les Allemands d'hier ?? Moi je veux que l'Italie me verse 250 000 euros pour avoir déporté mes ancètres Gaulois.

  • Fred75, le 17/05/2006 à 04h02

    Un homme politique qui ne mesure visiblement même pas la portée de ses propres actes en tant que citoyen... Avec une estimation proche de 141000 déportés issus de France (toutes origines et motifs de déportation confondus), à raison de 30000 euros de dommages par personne déportée, cela ferait 4.230.000.000 euros si toutes les familles se rendaient devant la justice et que l'Etat et la Sncf soient reconnus coupables. Or, d'une part ce n'est pas avec de l'argent que l'on remplace un être cher disparu ou que l'on efface un souvenir aussi douloureux, plus de 60 ans après cela a d'autant moins de sens. D'autre part, où va-t-on s'arrêter si l'on s'engage dans une telle voie? Imaginons que les familles de ceux qui ont caché juifs ou résistants au péril de leur propre vie (mais ceux-là on les oublie un peu vite) viennent à leur tour demander un dédomagement à l'état pour les sommes engagées et les risques encourus à l'époque! Ce qui ne serait pas plus absurde comme démarche après tout. Il y a un moment où il faut savoir dire stop, il y a une limite et la France ne va pas continuellement faire son mea culpa, les gens sensés reconnaissent déjà les erreurs passées alors qu'elles ne sont même pas de leur fait, ça suffit. On ne va pas non plus demander que les descendants des Huns nous indemnisent ou encore exiger que les Mongols exterminent leurs chevaux sous prétexte qu'ils ont servi de moyen de locomotion lorsqu'ils ont envahi une partie de l'Europe. En revanche, il serait judicieux de mettre de l'argent pour éviter que ça recommence et que reviennent le feu et les larmes...? En tout cas, prévoir c'est toujours mieux que de pleurer continuellement, ce qui n'apporte absolument rien. On a tous nos blessures même si elles n'appartiennent pas à l'Histoire avec une grand H, elles n'ont pas moins de valeur et les gens font avec. Respect à l'Histoire et à la souffrance d'autrui donc, mais place à l'avenir avant tout.

  • Xx, le 16/05/2006 à 22h04

    La France était au main des allemands, a la moindre rebellion, les populations civiles auraient été bombardées et massacrées entrainant des centaines de milliers mort, le gouvernement de marionnette etait directement controlé par hitler et les nazis, que ca nous serve de lecon, dorenavant il faut toujours veiller que nos forces amées soit a la hauteur pour eviter ca, mais pour l'instant ce n'est pas le cas et nous sommes de plus en plus menacé du fait de notre faiblesse a nous defendre, tant qu'il y aura des nations il y'aura des guerres et des horreurs, aujourd'hui plus que jamais.

  • Marie France, le 16/05/2006 à 20h54

    Je suis cheminote et je suis outrée pour tous ces cheminots qui ont donné leur vie pour sauver notre pays. Ils n'ont pas hésité à détruire leur outil de travail afin de ralentir l'ennemi ou le faire échouer dans ce qu'il entreprenait. Le Cercle Généalogique des Cheminots fait un long travail de reconnaissance de ces personnes en recherchant et répertoriant toutes les plaques commémoratives dans et aux abords des gares afin d'honorer la mémoire de ces personnes et de conserver leurs noms pour la mémoire de l'entreprise.

  • Titus, le 16/05/2006 à 18h18

    Quelle ténacité ? 61 ans après les faits on ne peut pas dire que ça soit une réaction spontanée, ni qu'il y ait le moindre sens familial. Le bastion de la CGT était donc un auxialire d'Hitler ? quel révisionisme ! je ne vois que de la vénalité dans cette affaire.

  • Hakeem, le 16/05/2006 à 18h17

    60 ans pour un procès...

  • Mohamed, le 16/05/2006 à 18h06

    Franchement il y a autre chose de plus urgent a faire que ça , il faut arreter avec l'histoire qui appartient a l'histoire , avant que cette histoire n'ouvre d'autres dossiers ...

  • Abenaton, le 16/05/2006 à 18h00

    Et les grades barrière, et les vaches qui regardaient sans réagir, et les oiseaux qui osaient chanter. Il est des gens qui ressemblent beaucoup trop à leur propre caricature.

  • Vilaplana, le 16/05/2006 à 17h36

    Dommage que cela arrive aussi tard .

  • David Winter, le 16/05/2006 à 17h22

    La réaction de Me Yves Baudelot me surprend. La SNCF aurait pu refuser de transporter des gens destinés aux camps. C'est comme si on voulait se porter non responsable d'avoir payé avec un faux billet. Le fait est: les voies et les véhivules de la SNCF ont été utilisés pour acheminer des juifs aux camps. J'appelle ça de la collaboration. J'espère que la justice saura faire la part des choses. Maintenant, une autre question se pose: qu'en sera-t-il des familles ayant perdu des proches de la même façon ? Seront-elles indemnisées à même échelle ? L'égalité sera alors remise en question. En tout cas un premier pas a été franchi.

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