
C'est une première en France. Une condamnation de l'Etat et de la SNCF a été requise, ce mardi devant le tribunal administratif de Toulouse, pour leur rôle dans le transport en train vers le camp de Drancy de deux membres de la famille du député européen Verts Alain Lipietz.
SNCF : nouvelle étape dans la transparence sur la déportation
La SNCF a annoncé vendredi qu'elle venait de déposer une copie de la "totalité" de ses archives numérisées de la période 1939-1945 dans trois centres de recherches et de témoignages sur la Shoah.
Publié le 03/02/2012
Le commissaire du gouvernement, Jean-Christophe Truilhé, a demandé qu'une somme totale de 60.000 euros, à la charge de l'Etat pour les 2/3 et de la SNCF pour le tiers restant, soit attribuée à l'oncle et à Alain et Hélène Lipietz, conseillère régionale Verts d'Ile-de-France, ayants-droit de leur père, aujourd'hui décédé. L'affaire a été mise en délibéré et le jugement sera notifié dans un délai maximal de trois semaines.
Complicité de crimes contre l'humanité
La famille d'Alain Lipietz poursuivait l'Etat et la SNCF pour complicité de crimes contre l'humanité, en raison de leur rôle dans le transport en train de Toulouse vers le camp de Drancy de deux des leurs, le père du député européen et de son oncle. Pour le député européen, "le rapport du commissaire du gouvernement restera dans l'Histoire". "C'était d'une certaine façon un réquisitoire contre la façon dont la France a jusqu'en 1990 et l'arrêt Pelletier et la décision du Conseil d'Etat pour entretenir sa fiction d'une France libre et résistante à occulter totalement ses propres responsabilités", a-t-il ajouté.
La SNCF réfute
Dans sa plaidoirie, Me Yves Baudelot, le défenseur de la SNCF, a rejeté la responsabilité de l'entreprise publique estimant que "s'il n'y avait aucun doute que la SNCF a fait circuler des convois", elle avait agi "sous le statut de la réquisition" et n'avait en aucun cas "pris l'initiative". La position de l'Etat n'a quant à elle pas été défendue, aucun représentant de l'Etat n'ayant participé à l'audience du tribunal administratif de Toulouse, ville d'où le père d'Alain et d'Hélène Lipietz et leur oncle, arrêtés à Pau, avaient été envoyés vers le camp de Drancy le 10 mai 1944.
Image LCI. Alain Lipietz. DR.
(D'après AFP)
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