© INTERNEAvec 367 voix pour et 164 contre, les députés ont adopté mercredi après-midi le projet de loi Sarkozy sur l'immigration et l'intégration qui durcit les conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France. L'UMP a voté pour. L'UDF avait laissé la liberté de vote aux députés. Le PS et le PCF ont voté contre. Examiné en urgence, c'est-à-dire en une seule lecture par assemblée, le texte doit être examiné les 6 et 7 juin au Sénat.
Un voyage qui tombe mal
Ce vote intervient alors que Nicolas Sarkozy devait s'envoler en fin de journée pour Bamako, au Mali. Il doit se rendre ensuite au Bénin. Deux pays où une partie de la population entend accueillir fraîchement l'inspirateur d'un projet de loi sur "l'immigration choisie". Ce projet encourage l'arrivée des "compétences et talents" en France, mais rend plus difficile les mariages mixtes, le regroupement familial, abroge la régularisation de plein droit des clandestins de plus de 10 ans et durcit les procédures de reconduite à la frontière.
Au Mali, d'où sont originaires de nombreux migrants en France, 21 députés ont demandé lundi dernier l'annulation de cette visite, considérée comme une "pure provocation" puisqu'elle débute le jour même de l'examen de cette loi par l'Assemblée française. Une partie de la presse malienne a également dénoncé mardi la venue du ministre de l'Intérieur. "Un raciste dans nos murs", titrait notamment mardi le quotidien privé Info-Matin. Au Bénin, certains chercheurs ou représentants d'associations n'ont pas davantage caché leur opposition au déplacement de Nicolas Sarkozy.
Sarkozy annule l'expulsion d'une malienne
Pour sa part, le ministre de l'Intérieur a invité les dirigeants maliens et béninois à discuter "sans langue de bois" de son concept d'"immigration choisie". Hasard ou volonté d'apaisement à quelques heures de son arrivée, Nicolas Sarkozy a demandé mercredi aux préfets de l'Eure et du Loiret d'organiser le retour en France d'une Malienne reconduite à tort samedi à Bamako, avec ses deux enfants. Cette décision d'expulsion avait été prise par le préfet de l'Eure qui ignorait que Mme Sylla avait introduit un recours contre la décision du préfet du Loiret devant le tribunal administratif d'Orléans, recours à caractère suspensif. Le tribunal administratif d'Orléans avait d'ailleurs annulé l'arrêté préfectoral de reconduite.
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