Le dernier parrain de la pègre marseillaise au tribunal

le 09 mai 2006 à 08h43 , mis à jour le 09 mai 2006 à 23h02

Considéré comme le dernier parrain de la pègre marseillaise, Jacques Imbert, dit "Jacky Le Mat", 76 ans, comparaît depuis mardi devant le tribunal correctionnel de Marseille pour répondre d'association de malfaiteurs et d'extorsions de fond commises en 1992 et 1993.

Justice Picto Vignette bleue © INTERNE

Malgré un casier judiciaire vierge, Jacques Imbert, dit "Jacky Le Mat", 76 ans, est considéré comme le dernier parrain de la pègre marseillaise. Il comparaît depuis mardi devant le tribunal correctionnel de Marseille pour répondre d'association de malfaiteurs et d'extorsions de fond commises en 1992 et 1993.

Ce procès, prévu pour durer jusqu'au 15 mai, intervient un mois après une vague de règlements de compte dans le milieu marseillais qui a fait cinq morts en une semaine, sur fond de lutte de successions après la mort du parrain Francis Vanverberghe, dit "Francis le Belge", un ami de Jacky Le Mat. Assassiné sur les Champs-Elysées en 2000, "Francis le Belge" a bénéficié d'un non-lieu posthume dans ce dossier d'extorsion de fonds. Deux autres lieutenants du Belge, Laurent Boglietti et Jean-Jacques Maillet, également mis en examen aux côtés de Jacky Le Mat ont eux aussi été assassinés et ont bénéficié d'un non-lieu posthume.

Extorsion de fonds

Au total, sur les 25 prévenus mis en examen, seuls 10 comparaîtront devant le tribunal correctionnel dans un dossier à deux volets distincts. Plus de dix ans après les faits, Jacky Le Mat doit répondre d'association de malfaiteurs et d'extorsions de fonds à des établissements de nuit parisiens et marseillais. Des enveloppes contenant les sommes extorquées transitaient parfois par Jacky Le Mat grâce à Francis Le Belge, selon l'accusation. Le Mat est également accusé d'extorsions de fonds en lien avec des versements de 540.000 euros effectués par un marchand de biens parisien pour le soutien des chantiers navals du Frioul, une entreprise reprise par Jacky Le Mat à Marseille.

Détention de munitions

Décrit comme "à la retraite", "Le Mat" conteste les faits qui lui sont reprochés. "Aucun des faits ne nous paraît pénalement constitué", a déclaré à l'AFP Me Sophie Bottai, l'une de ses avocats qui vont tenter d'obtenir une nouvelle relaxe pour le septuagénaire au casier judiciaire toujours vierge malgré sa réputation sulfureuse. En avril 2005, il avait été relaxé en appel d'une condamnation de quatre ans de prison ferme pour un projet avorté de trafic de cigarettes. Jacky Le Mat répondra également de détention de munitions. Plusieurs personnes décrites comme ses aides ou lieutenants dans ces affaires comparaîtront pour ces mêmes délits.

Noël et Bruno Mariotti, deux hommes connus dans le milieu du grand banditisme, seront jugés en même temps mais pour association de malfaiteurs ayant eu pour but l'assassinat de deux personnes qui auraient "trahi" Bruno Mariotti. Les deux hommes qui étaient liés à Francis le Belge, selon le procureur, auraient été trahis par des écoutes dans la cellule de Bruno Mariotti alors qu'ils planifiaient de "fumer salement" (tuer: ndlr) un homme considéré comme "une balance".

(D'après AFP)

le 09 mai 2006 à 08:43
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