Deux mineurs jugés pour meurtre : la cour d'assises des mineurs de l'ArdècheLes faits sur lesquels se penchent depuis ce mercredi les jurés de la cour d'assises des mineurs d'Ardèche, à Privas, remontent à mars 2004. Selon les aveux des deux accusés, âgés alors de 17 ans, ceux-ci avaient attiré Cédric dans un lieu isolé, prétextant une panne de cyclomoteur, après avoir appris le matin même que celui-ci les avait dénoncés pour le vol de la voiture de ses parents un an auparavant. Arrivés dans une ancienne maison municipale où les jeunes avaient l'habitude de se retrouver, le ton est très vite monté. L'un des deux accusés a sorti un couteau d'attaque de l'armée et a porté quatorze coups dans la poitrine, dans le dos et aux mains de Cédric.
Les deux jeunes ont ensuite tenté d'effacer les traces de sang sur le sol et balancé le corps de Cédric par dessus une terrasse. Son cadavre ne sera retrouvé que deux jours plus tard par une promeneuse. En rentrant chez eux, les deux accusés ont maculé leurs vêtements de cambouis pour masquer les traces de sang. Les parents de Cédric ne s'étaient pas inquiétés de sa disparition avant le lendemain, car il leur avait dit qu'il se rendait chez un ami où il passait parfois la nuit.
Jusqu'à 20 ans de prison, voire perpétuité
Deux jours plus tard, ils étaient interpellés. Ce crime avait provoqué une vive émotion et 600 personnes avaient assisté aux obsèques de Cédric. "Cette affaire, c'est vraiment la chronique d'une mort très annoncée, avec un acte préparé très minutieusement, pas du tout sous le coup de la colère, a expliqué l'avocat de la famille de Cédric, maître Alain Fort. Ils ont quand même tué quelqu'un qu'ils connaissaient, et la mort n'a pas été instantanée. Cédric s'est vu mourir, et il a dû essayer de fuir et les supplier".
Les experts psychologiques, qui ont examiné les deux accusés, ont évoqué des "personnalités pathologiques" mais ont assuré qu'ils étaient responsables de leurs actes. Les accusés risquent 20 ans de réclusion criminelle s'ils sont jugés comme des mineurs, mais au vu de leur âge et de la gravité des faits, une levée de l'excuse de minorité pourrait être décidée par le jury, ce qui les exposerait à une peine de réclusion à perpétuité. Le procès doit durer trois jours.
Photo d'ouverture : la cour d'assises des mineurs de l'Ardèche - DR
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