
Fait exceptionnel. Le président Jacques Chirac a "décidé de prendre une mesure d'amnistie individuelle" en faveur de l'ancien champion olympique Guy Drut, condamné en octobre dernier à 15 mois de prison avec sursis dans l'affaire des marchés publics de la région Ile-de-France.
L'Elysée a précisé avoir pris cette mesure "en application de la loi de 2002 qui le prévoit pour les personnes ayant rendu des services à la Nation, notamment dans le domaine sportif". "Cela permettra à Guy Drut de pouvoir continuer à siéger au sein du Comité international olympique, ce qui est tout à fait essentiel pour la France et la défense de ses intérêts dans le domaine sportif", a-ton ajouté de même source.
Tollé général
Le ministre de la Justice Pascal Clément a affirmé vendredi que la mesure "a pris en compte les mérites sportifs exceptionnels" de l'ancien champion qui "a payé l'amende à laquelle il avait été condamné" le 26 octobre 2005. L'intéressé s'est déclaré vendredi "satisfait" et "soulagé". "Cela fait six ans que cette affaire dure et cela m'a causé beaucoup de soucis par rapport au Comité international olympique et à ma vie politique", a-t-il ajouté sur France Inter.
Cette mesure personnelle, bien que rarissime, a provoqué un tollé dans les rangs de la gauche et de l'UDF, le socialiste François Hollande parlant de "privilège d'un autre âge", l'UDF Gilles Artigues regrettant qu'il suffise "d'être l'ami de l'Elysée pour voir s'effacer une condamnation". A l'UMP, on se fait en revanche très discret (lire article).
Les magistrats n'ont pas plus apprécié le geste. Cette amnistie "montre encore une fois que le président de la République méprise la justice", a estimé le Syndicat de la magistrature (gauche) alors que l'Union syndicale des magistrats (majoritaire) a dénoncé "un retour des privilèges".
Une affaire tentaculaire
A la suite de sa condamnation à 15 mois de prison avec sursis et 50.000 euros d'amende dans l'affaire des marchés publics d'Ile-de-France en octobre 2005, le député UMP et ancien ministre des Sports avait été suspendu provisoirement de tous ses droits, prérogatives et fonctions attachés à sa qualité de membre du CIO le 9 décembre dernier.
L'affaire, dans laquelle 47 prévenus avaient comparu, était la plus grosse affaire de financement illicite des partis politiques. Guy Drut avait renoncé à interjeter appel de sa condamnation mais avait formulé une demande d'amnistie auprès du président de la République.
Retour MYTF1
Chargement en cours...



